Médine, rappeur aux multiples polémiques

[ad_1]

Déjà en 2015, le chanteur de 35 ans, qui compte à son actif six albums, avait fait parler de lui, notamment pour les paroles d’une de ses chansons, parue quelques jours avant l’attentat de Charlie Hebdo.

Le rappeur Médine est de nouveau au cœur d’une polémique. Dimanche, des élus de droite et d’extrême droite ont protesté contre ses prochains concerts au Bataclan, salle de spectacle parisienne où 90 personnes ont péri lors des attentats du 13 novembre. En cause, le nom de l’un de ses albums Jihad, le plus grand combat est contre soi-même et les paroles de certaines de ses chansons, en particulier celles de son titre «Don’Laïk».

» LIRE AUSSI – Le concert du rappeur Médine au Bataclan fait polémique

Sorti tout début janvier 2015, cette chanson avait déjà fait grincer des dents après l’attentat de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Dès le lendemain de l’attaque, le philosophe Vincent Cespedes s’en était pris au rappeur sur le site du Huffington Post: «En livrant des noms en pâture (de Caroline Fourest à Nadine Morano), sa plume trempe dans tous les encriers de l’intolérance: celui de la propagande djihadiste et des appels au meurtre de l’État islamiste (“J’mets des fatwas sur la tête des cons”, “Au croisement entre le voyou et le révérend / Si j’te flingue dans mes rêves je te demande pardon en me réveillant”, “On ira tous au paradis, enfin seulement ceux qui y croient”)». Pour lui, le chanteur s’était montré «irresponsable».

«En tant qu’artiste, je dénonce toutes formes de violence»

Avant même l’attaque de Charlie Hebdo, le philosophe Alain Finkielkraut avait également critiqué le rappeur de 35 ans: «Il a débuté dans la carrière par une apologie musicale des attentats du 11 septembre et de Ben Laden», avait réagi le philosophe, invité de Radio communautaire juive (RCJ), faisant alors référence au premier album du rappeur intitulé 11 septembre, récit du 11e jour. Il s’était aussi ému de certaines paroles du chanteur: «Je n’ai pas tout saisi de ce déchaînement verbal mais j’ai entendu quand même “Islamo-caillera, c’est ma prière de rue”, “J’suis une Djellaba à la journée de la jupe”, “Je me suffis d’Allah, pas besoin qu’on me laïcise”, “Marianne est une femen tatouée «Fuck God» sur les mamelles”, “Si j’applique la Charia les voleurs pourront plus faire de main courante”,… Ces vociférations, je l’avoue, m’inquiète», avait-il ajouté.

En réponse, le chanteur avait regretté que l’intellectuel «s’arrête» à ce qu’il «représente» et qu’il n’écoute pas ce qu’il a «à dire». «C’est un syndrome qu’on retrouve beaucoup chez ceux qui observent le rap», avait-il remarqué dans une émission d’Arrêt sur images. Sur LCI, en février 2015, il avait défendu son titre: «il faut le juger comme un morceau de rap et non pas comme un pamphlet islamiste. Il s’agit non pas d’une critique de la laïcité, mais plutôt de ce qu’on en fait, et de ce qui devient de plus en plus de la propagande antireligieuse.» Dans les colonnes de Libération qui lui avait consacré un portrait, il s’était décrit comme un «musulman laïc», qui vote «à gauche», et s’était dit partisan d’une «laïcité originelle, fidèle au texte qui garantit l’acceptation des religions tout en gardant neutres les institutions». Quelques mois plus tard, dans l’Obs , il avait également tenu à condamner les attentats de Charlie Hebdo et avait répondu à ses détracteurs: «En tant qu’artiste, je dénonce toutes formes de violence, terrorisme et autres apologies immorales», avait-il écrit. «J’ai choisi la voie de la non-violence comme la majorité de mes concitoyens à travers la musique pour exprimer mes désaccords avec ma société».

Artiste engagé

Né au Havre, Médine a débuté sa carrière d’artiste en 2004 et s’est notamment fait connaître du grand public grâce à sa chanson «Alger pleure», qui raconte la guerre d’Algérie dont il est l’un des enfants: «J’ai l’sang mêlé: un peu colon, un peu colonisé». C’est aussi grâce à son featuring avec Youssoupha et Kery James, dont il intervient souvent dans les concerts, que le rappeur s’est fait un nom. Ses provocations ont été nombreuses mais jamais condamnées. En 2008, il sort son troisième album, Arabian Panther, puis Protest Song en 2013. Quatre ans plus tard, vient Prose Elite, dans lequel il aborde, entre autres, la question de l’excision. En avril 2018, il sort son dernier album intitulé Storyteller, dans lequel il consacre notamment une chanson aux poètes Verlaine et Rimbaud.

Artiste engagé, Médine dénonce dans ses textes la stigmatisation des Français de confession musulmane, le conflit israëlo-palestinien ou encore la guerre. Il a également fait partie des nombreux rappeurs qui ont défendu la cause des Rhohyngas, minorité birmane victime d’une épuration ethnique. Il s’était notamment rendu en Birmanie et avait écrit une chanson racontant l’histoire de Nour et de «son peuple d’apatrides dont plus personne se soucie/Pas même la nobel de la paix Aung San Suu Kyi». Depuis 2004, le chanteur, adepte de boxe anglaise, a pris l’habitude de dresser le portrait de plusieurs personnages victimes d’un quotidien brutal à travers sa «série», Enfants du Destin.

Quenelle et ENS

Outre ses chansons, Médine avait également suscité la polémique lorsqu’il avait, en 2014, posté sur les réseaux sociaux une photo de lui faisant le geste de la quenelle dans les locaux de la radio Skyrock, en soutien à l’humoriste controversé Dieudonné. La même année, il avait de nouveau été critiqué après avoir assisté à un meeting de Kémi Séba, suprémaciste noir, plusieurs fois condamné en France pour incitation à la haine raciale.

En mars 2017, il refait parler de lui alors qu’il était invité à l’Ecole normale supérieure (ENS) pour débattre de littérature. Sur Twitter, François-Xavier Bellamy, ancien de l’ENS et chroniqueur régulier du Figaro, a par exemple tweeté: «Normale Sup reçoit Médine en conférence, le rappeur qui promet de “crucifier les laïcards comme à Golgotha” Jusqu’où ira le reniement??» En réponse, l’établissement avait défendu la venue du rappeur dans ses locaux. Sur son compte YouTube, Médine en avait de même: «Mes morceaux appartiennent à cette tradition d’œuvre caricaturiste qui exagère volontairement les représentations pour en extraire son contenu parfois absurde et contradictoire. Il est donc maladroit de m’attribuer des considérations communautaristes, alors que j’en suis précisément le critique.»



[ad_2]
Source link

Catégories : Culture.