Des mauritaniens demandent à Ghazouani d’assurer leur retour au bercail

Mettant à profit la participation du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, en sa qualité d’invité d’honneur au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, des réfugiés mauritaniens ont renouvelé leur appel pour le retour au bercail.

« Les refugiés mauritaniens se trouvant à Saint-Louis du Sénégal se disent horrifiés par la présence du président Mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Et-Ghazouani à Dakar », rapporte un confrère sénégalais, selon lequel, ils reprochent à leur gouvernement de rester les mains croisés face à leur calvaire vieux de quelques années, accusant les autorités de ne rien faire pour leur retour au bercail.

Rappelons qu’il y avait 24.000 déportés rapatriés du Sénégal vers la Mauritanie sous l’accord de l’ex-président Sidi Ould cheikh Abdallahi qui a été emporté par  un coup d’Etat de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il avait limogé à tort ou à raison en 2008.

Les déportés rapatriés vivent sous des tentes à l’abandon et privés des papiers d’identités depuis le début de l’enrôlement discriminatoire en 2011. Ceux du côté Mali voisin n’ont jamais été à l’ordre du jour estimé à 60 milles, il en reste autant au Sénégal encore.

Au sommaire : Mauritanie, les rares trésors du banc d’Arguin

Paradis aussi fragile qu’inestimable, le parc national du Banc d’Arguin possède une place à part dans le cœur des voyageurs sahariens. Une destination à retrouver dans notre dernier numéro.

Après l’avoir classé plus de 10 ans en zone rouge, le Quai d’Orsay a décidé d’abaisser le niveau de vigilance dans la région du banc d’Arguin. Une décision bienvenue pour les populations, qui symbolise le retour progressif du tourisme dans cette zone d’exception inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco. Une destination chère aux passionnés de la Mauritanie, avec son immense parc terrestre et maritime de 12 000 km2 où s’ébattent des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs. Une réserve créée par le célèbre écrivain amoureux du désert Théodore Monod et l’écologiste Luc Hoffmann, qui se découvre à pied ou en bateau.

À faire autour du Banc d’Arguin

Sortie en Lanche
Rien de tel qu’une sortie en lanche au départ du village d’Iwik pour découvrir le mode de vie des Imraguens. Le départ qui s’effectue tôt le matin permet de profiter des couleurs du lever du jour. En chemin, il n’est pas rare d’observer des oiseaux ou des dauphins à la surface de l’eau. Lors d’une journée en mer, le repas est pris sur la lanche et le poisson pêché au cours de la journée est grillé au charbon de bois sur un barbecue de fortune.

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Des entreprises françaises spécialisées dans les technologies de l’eau en mission en Tunisie

L’Agence Business France*, en étroite collaboration avec la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONDE) et l’Office National de l’Assainissement (ONAS), organise, du 19 au 21 novembre 2019, à Tunis, un séminaire technique sur l’eau et l’assainissement, suivi de sessions de contacts d’affaires pour 17 entreprises françaises intéressées de connaître les projets de développement en Tunisie et aussi en Algérie, en Egypte, au Nigéria, en Mauritanie et au Sénégal.

Cet événement comptera sur la présence d’autorités et opérateurs tunisiens, de l’organisation « Arab Countries Water Utilities Association » et des cinq pays africains invités.

Il a pour objectif de faire un état des lieux des infrastructures d’eaux et d’assainissement et aussi de connaître par pays les orientations et projets d’investissement dans le cadre des différents plans de modernisation. Il s’agira enfin de présenter les solutions de financement existantes, notamment de la part des fonds bilatéraux et multilatéraux présents en Tunisie et en Afrique.

« Nous avons souhaité organiser un séminaire technique et une mission d’entreprises du secteur eau et assainissement en Tunisie car d’une part ce pays a fait d’importants investissements pour développer son infrastructure et a acquis, grâce à la SONEDE et à l’ONAS, une expérience technique de qualité ; et d’autre part, nous avons également souhaité inviter d’autres pays d’Afrique où les investissements dans les prochaines années seront importants », souligne Olivier PRADET, Directeur du Bureau Business France, près l’Ambassade de France en Tunisie.

La participation aux échanges organisés dans le cadre du séminaire technique, requiert une inscription préalable à l’adresse suivante : .img@.img

D’après Communiqué

*Business France est l’agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française. Elle est chargée du développement international des entreprises et de leurs exportations, ainsi que de la prospection et de l’accueil des investissements internationaux en France. Elle promeut l’attractivité et l’image économique de la France, de ses entreprises et de ses territoires. 

GlobalNet

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international : La Mauritanie fait arrêter un Sénégalais au Maroc

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international : un sénégalais de 33 ans a été arrêté à l’aéroport Mohamed V de Casablanca, alors qu’il venait d’Italie. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par la Mauritanie. Il a été placé en garde-à-vue, conformément à la procédure d’extradition selon Les Echos. Faisant l’objet d’une notice rouge par Interpol dans une affaire d’escroquerie, son extradition vers Nouakchott serait imminente

Maroc : arrestation d’un Français recherché par Interpol

Arrestation aussi au Maroc d’un Français recherché par Interpol pour son implication dans des affaires de trafic international de drogue.

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) qui rend publique cette information dans un communiqué relayé par les médias marocains, relate, hier lundi, que le suspect, âgé de 28 ans ait été placé en garde à vue à la disposition de l’enquête menée par le parquet compétent de la ville de Tétouan, dans l’attente de le remettre aux autorités judiciaires concernées pour trancher dans la procédure de son extradition aux autorités judiciaires françaises, précise la même source.

(Vidéo) Forum Paix et Sécurité Le grand discours du Président Ghazouani : “L’ONU doit se réformer…

Le Président de la république islamique de la Mauritanie est l’invité d’honneur du Forum international de Dakar sur la Paix et la sécurité en Afrique. Mouhammed El Ghazouani a, lors de la cérémonie d’ouverture, servi un grand discours au participant. Il a notamment appelé à la réforme des nations unies car ne répondant pas aux enjeux actuels.

Regardez :

Teledakar (Blog)

Des Sahraouis venus de toute l’Espagne envahissent le centre de Madrid

Protestation contre l’occupation marocaine !

Des Sahraouis venus de toute l’Espagne ont envahi, samedi, le centre de la capitale espagnole dans le but de protester contre l´occupation marocaine au Sahara occidental qui dure depuis 44 ans. L’auteur-compositeur et interprète Rozalén, ainsi que des députés et des artistes ont participé à cette manifestation.

La marche convoquée par la Coordination nationale des associations de solidarité avec le Sahara (CEAS-Sahara) a débuté à Atocha (gare de train) et s’est terminée à 14h sur la Plaza de las Provincias, à côté du siège du ministère des Affaires étrangères. La capitale de l’Espagne soutient ce week-end plus que jamais la cause du Sahara occidental, avec différentes activités qui se développeront dans cette ville. Les représentants de la CEAS-Sahara ont exigé que «cesse la répression du Maroc» au Sahara occidental et demandé la liberté des «prisonniers politiques» sahraouis.

Ainsi, les Sahraouis ont rappelé au cœur de Madrid la résistance héroïque contre l’occupation illégale du Sahara occidental par le Maroc, une invasion favorisée par l’Espagne et qui continue d’assumer la responsabilité de la décolonisation du territoire. «L’Etat espagnol, en tant que puissance administrante, continue d’être juridiquement et politiquement responsable de la situation du peuple sahraoui», a déclaré une porte-parole du CEAS, citée par le journal espagnol El diario«Le peuple sahraoui lutte depuis 44 ans pour le droit à une existence pacifique, réclamant que justice soit rendue contre l’invasion et l’occupation de sa terre par le royaume du Maroc», ajoute le journal.

La population sahraouie, rappelle-t-il, est victime de violations des droits de l’homme, avec le silence complice de la communauté internationale : détentions arbitraires, procès sans garanties avec de très lourdes peines de prison, torture, assassinat et expulsion sont la réponse du régime marocain à l’opposition pacifique du peuple sahraoui qui réclame la tenue du référendum d’autodétermination convenu entre le Maroc et le Front Polisario dans le cessez-le-feu de 1991.

Comme ils l’expliquent, le Maroc ne veut pas de témoin et maintient le territoire fermé à la presse internationale, aux observateurs internationaux, aux organisations de défense des droits de l’homme et aux ONG. Il est seulement possible de savoir ce qui se passe à travers le travail du groupe de journalistes sahraouis, Equipe Média.

La manifestation a dénoncé l’indifférence honteuse des différents gouvernements de la démocratie espagnole, complice des théories annexionnistes marocaines et indifférente aux violations des droits de l’homme de la population sahraouie sans défense , les violations des résolutions et le pillage des ressources naturelles.

Pour le journaliste sahraoui basé en Espagne, Salamu Hamudi, la question sahraouie était très présente dans l’agenda des médias, elle faisait même partie des programmes des partis politiques, mais depuis quelque temps, elle apparaît à peine. Et c’est toujours du point de vue humanitaire. Il a également demandé au futur gouvernement espagnol de s’engager à défendre le droit des Sahraouis à l’autodétermination.

L’Espagne a transféré l’administration du Sahara occidental, créant ainsi une administration provisoire tripartite composée de l’Espagne, du Maroc et de la Mauritanie. La validité juridique de cet accord a été mise en doute par l’Organisation des Nations unies elle-même (ONU) en 2002. 

elwatan

La résolution de la crise libyenne, un préalable à une lutte efficace contre le terrorisme au Sahel …

Dakar, 18 nov (APS) – Le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a souligné lundi à Dakar l’importance de résoudre la crise libyenne afin de combattre plus efficacement le terrorisme au Sahel. “Toute tentative de lutte contre le terrorisme qui se veut efficace doit intégrer résolument la résolution de la crise libyenne’’, a-t-il déclaré lundi au sixième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. La chute du régime de Mouammar Kadhafi à la suite d’un soulèvement populaire et armée en 2011 a entraîné une certaine déstabilisation au Sahel. Elle a notamment été suivie par une montée en puissance de mouvements extrémistes qui ont eu à occuper une bonne partie du territoire malien, alors que la Libye est en proie à une crise politique qui peine à être résolue. Le terrorisme au Sahel a entraîné des milliers de morts et des millions de déplacés, a rappelé El Ghazouani, dans un discours aux allures d’un diagnostic sans complaisance de la situation sécuritaire dans la région sahélienne. Expliquant aux participants le plan mis en œuvre par son pays pour combattre le terrorisme, le chef de l’Etat mauritanien a au passage salué les initiatives de lutte contre ce phénomène, citant notamment le G5 Sahel, la MINUSMA, le plan Barkhane et le plan de paix de la CEDEAO. Le nouveau président mauritanien a dénoncé la montée du nationalisme susceptible de remettre en cause le mécanisme onusien et certains accords multilatéraux sur l’environnement et le commerce. Il a cet égard plaidé pour le multilatéralisme, en appelant à la réforme de l’ONU et ses méthodes d’interventions. BHC/AKS/ASB

Sarcelles. Une enquête est ouverte après la profanation d’une stèle aux soldats africains

Des fleurs piétinées, une stèle renversée : une enquête a été ouverte après la profanation d’un monument aux soldats africains jeudi soir à Sarcelles (Val-d’Oise), a-t-on appris lundi de source proche de l’enquête, confirmant une information du Parisien.

Selon les premières images de vidéosurveillance, il s’agit « visiblement d’un homme, seul et pas encore identifié », qui a « massacré le parterre de fleurs » et frappé la stèle jusqu’à ce qu’elle se renverse peu après 20 h jeudi soir, soit deux jours après les cérémonies du 11 novembre, indique cette source.

La stèle ne fait l’objet d’aucune polémique

« Aucune inscription, aucun tag, rien n’a été laissé sur la stèle », a-t-elle ajouté.

La stèle, installée sur le parvis de la gare depuis mai 2018, est érigée en mémoire des soldats africains tombés pendant les deux guerres mondiales. Elle ne faisait l’objet d’« aucune polémique » et l’acte n’a pas été revendiqué, toujours selon cette source.

« Cette stèle est l’aboutissement d’un gros travail sur la mémoire, porté notamment par des associations locales dans une ville qui accueille une grosse communauté francoafricaine (Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Centrafrique, Mauritanie…) », a expliqué Patrick Haddad, le maire de Sarcelles.

« Très attristant et très choquant »

Son installation « n’avait pas donné lieu à des débats houleux. C’est très attristant et très choquant de voir cette profanation sur une mémoire relativement fragile car encore récente », a-t-il poursuivi, même s’il ajoute qu’il n’y a pour l’instant « pas d’élément probant sur un geste politique ou antiafricain ».

La stèle, « fracturée en deux », n’est pas réparable selon le maire : « On partirait a priori sur une reconfection. »

L’exploitation d’autres images de vidéosurveillance est en cours. L’enquête, ouverte pour « dégradation de biens publics », a été confiée au commissariat de Sarcelles.

Le Président de la République : Le forum de Dakar un rendez-vous important pour discuter des questions de paix, de sécurité en Afrique

Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a affirmé lundi à Dakar au cours de la cérémonie d’ouverture du forum de Dakar sur la paix et la sécurité que cette rencontre est devenue un rendez-vous annuel important pour discuter les questions de paix, de sécurité et de stratégies relatives à la stabilité en Afrique.

Il a affirmé que cette initiative exprime la solidité des relations fraternelles et de destin commun des deux peuples frères et de leurs directions avant de souligner que le Monde d’aujourd’hui fait face à une monté en puissance du sentiment nationaliste accompagné d’un doute sur les capacités des Nations Unies et du rôle vital et stratégique qu’elles jouent dans le Monde.

Voici le texte intégral de ce discours:

« Monsieur Le Président de la République du Sénégal, cher frère Macky Sall, Monsieur le Premier ministre de la République française, Edouard Philips

Mesdames et Messieurs les ministres

Permettez tout d’abord de féliciter mon ami et frère le Président Macky Sall pour l’organisation et le succès de ce forum, devenu incontestablement un des grands rendez-vous annuels sur les questions de sécurité et de paix dans le monde et en particulier un carrefour d’autorités pour tous ceux qui s’intéressent aux questions de paix et de la sécurité en Afrique et dans notre sous-région, en particulier.

Je voudrais, surtout, remercier mon frère et ami le président Macky Sall de m’avoir octroyé l’ultime privilège d’être cette année l’hôte d’honneur de cet important évènement et c’est seulement à quelques mois de ma prise de fonctions en tant que Président de la République Islamique de Mauritanie.

Il n’ya aucun doute que cette invitation et l’attention toute particulière tout emprunte de majestueuse et élégante Téranga sénégalaise montrent le niveau exceptionnel des relations fraternelles et amicales ainsi que l’histoire et le destin communs qui lient nos deux pays et nos deux peuples.

Monsieur le Président, Excellences Mesdames et Messieurs,

Le choix du thème du forum de cette année « le défis actuels du multi-latéralisme, me parait judicieux et tout à fait en adéquation avec certains défis aux quels nous faisons face, surtout dans notre sous-région.

Vous me permettrez cependant de situer ce thème dans le contexte sahélo-sahélien pour en dégager quelques enseignements utiles à notre appréciation du multilatéralisme dans sa globalité.

Je ne vous apprends rien en vous disant que nous assistons depuis quelques années à une détérioration croissante de la situation sécuritaire dans le contexte sahélo-sahélien et en particulier à la résurgence inquiétante des conflits intercommunautaires et ce malgré les multiples initiatives locales, régionales et internationales visant à instaurer la paix et la sécurité.

Je me propose aujourd’hui, vu la gravité de la situation et le risque majeur encouru par tous nos Etats de vous parler sans langue de bois mais bien sûr avec un esprit d’humilité tout africain sans la moindre prétention de donneur de leçons.

Les vulnérabilités de notre large espace sahélo-sahélien sont essentiellement liées à trois facteurs plus au moins interdépendants, à des conditions climatiques inhospitalières et de plus en plus imprévisibles, à une faiblesse structurelle de la gouvernance, à des crises économiques sociodémographiques immenses dans notre espace couvrant au moins partiellement une dizaine de nos pays. L’eau est une denrée rare à laquelle l’accès est une source de tensions constantes entre les communautés, la pluviométrie annuelle déjà très faible, de 150 et 400 mm par an, est affectée par le réchauffement climatique avec des fluctuations inhabituelles, rendant la résilience des populations de plus en plus précaire. Les activités agro-pastorales, principales sources de revenu ont drastiquement chuté ces dernières années accentuant la pauvreté, la précarité économique et les disparités sociales.

Par ailleurs, la présence des institutions étatiques dans ces grands espaces désertiques et plus ou peu habités constitue un défi majeur ; la récurrence des mouvements irrédentistes et surtout l’avènement du terrorisme au début des années 2000, associé – pour ne pas dire nourri – par des réseaux de trafiquants et des criminels locaux, ont révélé l’incapacité de la plupart de nos Etats à assurer leur propre sécurité sans un soutien extérieur.

Des territoires immenses devenus des zones de non droit échappent au contrôle des Etats laissant les populations à la merci des groupes criminels très organisés et de plus en plus fortement équipés.

Nos Etats se sont rapidement vus confrontés à des défis majeurs concomitants : un grand déficit de la gouvernance et de la justice sociale, des faiblesses capacitaires en matière de défense et de sécurité et pourraient bien faciliter la coordination régionale et internationale est restée largement insuffisante face aux menaces dans une spirale.

Sur le plan économique, beaucoup d’Etats font face à des conditions socioéconomiques précaires malgré de réels potentialités économiques notamment en ressources minières. Le climat des affaires n’est pas attrayant.

Les économies basées essentiellement sur la rente et la subsistance sont soumises aux fluctuations des cours mondiaux des matières premières et aux aléas climatiques. Les économies ne créent plus l’emploi surtout pour les jeunes, filles et garçons, les vrais laissés pour compte d’un système éducatif défaillant depuis de longues années et pour compliquer davantage, dans ce contexte de vaches maigres, une grande partie des ressources de l’Etat est consacrée à la défense et à la sécurité au détriment des secteurs vitaux tels que la santé, l’éducation, l’accès à l’eau et d’autres aspects.

Sur le plan démographique, les taux de la natalité sont des plus élevés au monde avec une population très jeune : les moins de 35 ans représentent près de 70% de nos populations.

L’ignorance et l’extrême pauvreté exposent une jeunesse sans perspective à des alternatives fragiles : l’embrigadement par les groupes terroristes et les réseaux de trafiquants de plus en plus organisés et l’immigration clandestine.

Au plan des menaces sécuritaires, il convient de souligner que la chute de l’Etat Libyen en 2011 a été l’élément multiplicateur de l’embrasement de l’espace sahélo-sahélien. Dés lors, toute tentative de lutte contre le terrorisme qui se veut efficace doit nécessairement intégrer la résolution de la crise libyenne.

Les activités terroristes des groupes armées ont généré des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacées et de refugiés, la fermeture de centaines d’écoles et plus de dix millions de personnes menacées par l’insécurité alimentaire. La connexion entre la criminalité organisée et les conflits intercommunautaires compromet la cohésion sociale et aggrave la situation humanitaire.

Les groupes armés se financent des différentes formes de trafics qui prolifèrent et notamment de la drogue. En dix ans, la valeur de ce trafic se chiffrerait à des dizaines des milliards d’euros. Des groupes terroristes et autres milices prélèvent un droit de passage sur les convois. Des réseaux secrets attirent beaucoup de jeunes désœuvrés.

Excellence, Mesdames et Messieurs ;

Loin de ce tableau triste, il convient de saluer les initiatives de gestion de crises émanant de nos Etats et de nos partenaires stratégiques, initiatives qui se sont multipliées ces dernières années et ont montré aussi, pour certaines, leurs limites. Je ne veux pas rentrer dans les détails de ces initiatives qui feront certainement l’objet d’autres interventions mais je vais en citer à titre d’illustration : le G5, principale initiative émanant des Etats eux-mêmes et qui n’a hélas pas jusqu’ici reçu l’appui financier et logistique promis, l’opération BARKHANE, initiée et efficacement soutenue par la France, le précieux exercice multinational FLINTLOCK avec les Etats Unis d’Amérique, la MUNISMA au Mali, l’Initiative des pays du champ, l’Alliance Sahel, le Processus de Nouakchott, l’Initiative d’Accra et récemment le plan d’action prioritaire de la CEDEAO qui a été crée au cours du sommet de Ouaga, un partenariat promoteur entre les pays de la sous-région.

Je voudrais, par ailleurs, partager quelques éléments saillants de la stratégie mauritanienne de lutte contre le terrorisme, qui est parfois cité en exemple pour des résultats probants. Cette stratégie a été articulée autour de deux axes principaux : une lecture analytique de l’environnement géostratégique pour définir la typologie et les causes profondes de la menace et le renforcement des capacités sur les plans opérationnel, juridique, religieux et socioéconomique en vue d’une prise en compte efficiente de cette menace multiforme.

Sur le plan juridique, le renforcement de l’arsenal juridique en vue de la judiciarisation de l’acte terroriste a permis d’accélérer les procédures de traitement pénal des délits qui y sont liés. Le tarissement des sources de financement du terrorisme a été rendu possible par la surveillance stricte des flux financiers et la régulation des procédures d’échanges et de mouvement des fonds et le financement du terrorisme, à travers un réseau opaque d’ONGs fictives.

Au plan de la défense et de la sécurité, l’effort a été porté sur la formation, l’entrainement et la remise à niveau des capacités opérationnelles des forces armées et de sécurité, le renforcement des chaines de renseignement, la réorganisation du dispositif sécuritaire et la création d’unités spéciales, la conduite d’opérations préventives et la coordination active avec les partenaires régionaux et internationaux.

Pour tarir les sources de recrutement du terrorisme, une campagne de déradicalisation sous la conduite d’érudits de grande renommée ont permis d’expliquer le sens et la portée du message de tolérance de l’Islam totalement aux antipodes des discours obscurantistes.

Les repentis bénéficient de programmes de réinsertion économique.

Revenant à notre thème de cette année, je souhaite faire les remarques suivantes : nous assistons depuis quelques années à une montée des nationalismes qui remettent en cause les mécanismes onusiens et certains accords multilatéraux sur l’environnement, le commerce et le maintien de la paix.

Or, à l’heure de la révolution numérique, le monde est devenu un village planétaire où les enjeux financiers, macro économiques, sociaux et climatiques, sécuritaires et autres s’interconnectent et dépassent le cadre des frontières géographiques et socioculturelles.

Une gestion durable des multiples facteurs de déstabilisation et leurs caractères transnationaux passe nécessairement par des réponses collectives.

A ce titre, le partenariat stratégique avec les Etats Unis d’Amérique, avec l’Europe, avec la chine, la Russie, le Japon, les pays du Golfe et autres s’avère pertinent pour renforcer les appareils sécuritaires et les modes de gouvernance des pays qui constituent les maillons vulnérables. Mais ces coopérations multilatérales doivent reposer sur le double principe de l’indivisibilité des questions de sécurité et de développement et d’un rôle exclusif de soutien de l’action des pays concernés dans le respect des principes de démocratie, de bonne gouvernance et de l’Etat de droit.

L’ONU, de par ses capacités et sa position de neutralité vis-à-vis des tendances politiques locales et régionales est le partenaire par excellence qui doit jouer un rôle catalyseur dans la coopération multilatérale. Mais pour cela, l’ONU doit se réformer non seulement au niveau de la composition des membres permanents du Conseil de Sécurité, mais également dans sa politique de maintien de la paix, qui n’est pas en adéquation avec les enjeux du terrorisme d’aujourd’hui.

Des forces régionales mobiles plus légères et connaissant mieux le terrain doivent être davantage privilégiées comme réponse plutôt qu’une force lourde et statique avec un mandat souvent limité et coûteux. L’ONU doit ainsi donner un mandat plus robuste et un financement plus pérenne aux forces sous-régionales, telle que la force conjointe du G5 Sahel.

Ces forces sous forces régionales viennent compléter des efforts multilatéraux onusiens qui doivent être tournés vers le maintien de la paix – une fois qu’elle existe bien sûr – avec une stabilisation de long terme.

Aujourd’hui, une nouvelle initiative, que nous saluons, portée par le couple franco- allemand s’est mise sur la table : ‘’le partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel’’. Cette initiative est la bienvenue surtout si elle vient en complément à l’action des initiatives existantes, notamment du G5 Sahel.

En conclusion, la sécurité relève d’un double enjeu de gouvernance et de développement. Des stratégies visant à endiguer ce fléau du terrorisme ne peuvent faire l’économie d’une approche globale et inclusive s’attaquant aux causes profondes qui font le creuset de l’insécurité.

Des efforts conséquents doivent être consentis pour créer les préconditions de la paix et de la sécurité et de la stabilité.

Ainsi nous devons promouvoir la bonne gouvernance Nous devons placer l’Homme au centre de toute stratégie de développement, nous devons garantir l’accès à la justice, renforcer l’arsenal juridique pour l’adapter aux évolutions des menaces, assurer un accès inclusif aux services de base de qualité, lutter contre l’ignorance et l’analphabétisme, adopter des politiques économiques créatrices d’emplois, promouvoir l’innovation et l’entreprenariat surtout des jeunes, adapter la formation aux besoins du marché, suivre et tarir les sources de financement du terrorisme, mener des politiques de déradicalisation à travers les érudits religieux et enfin, renforcer les mécanismes de coopération régionale et internationale et surtout renforcer la coopération multilatérale.

Je vous remercie ».

Le Président de la République reçoit en audience le vice-ministre japonais chargé des affaires étrangères

le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a reçu lundi matin à Dakar, en marge des travaux de la 6ième édition du forum sur la paix et la sécurité en Afrique, le vice-ministre japonais chargé des affaires parlementaires et des affaires étrangères, M. Nakata Shinini qui représente son pays à cette rencontre.

L’audience a permis de passer en revue les différents aspects de la coopération entre la Mauritanie et le Japon ainsi que les moyens permettant de la renforcer dans les différents domaines.

L’entrevue s’est déroulée en présence de M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, directeur de cabinet du Président de la République.

Rappelons que les axes de la coopération mauritano-nipone visent à renforcer la paix et la prospérité et à promouvoir la sécurité humaine .

Des concertations sont permanentes pour mettre l’accent sur l’appui au secteur des pêches, à la promotion du développement économique, l’aide alimentaire , à la construction des établissements sanitaires et scolaires et l’aménagement urbain.