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Point de situation Barkhane semaine 26

OPÉRATION BARKHANE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

À N’Djamena, le 29 juin 2019

POINT DE SITUATION DU 21 AU 29 JUIN 2019

Situation militaire du théâtre

La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma, d’une superficie équivalant à un quart du

territoire métropolitain français, par le biais d’opérations, d’actions au profit de la population, et en appuyant les forces

partenaires.

Le MRTT participe à la relève des M2000D à N’djamena

Le 18 juin 2019, l’A330 Phénix de la 31e Escadre de Ravitaillement et de transport stratégiques (31e EARTS) s’est

posé pour la première fois à Ndjamena après avoir effectué une mission de convoyage d’avion d’armes. En ravitaillant

en vol les M2000D de France jusqu’au Tchad, il a ainsi pleinement contribué à la réussite de la relève des MIRAGE

du fuseau Est de Barkhane.

Cette mission de convoyage se déroulait dans le cadre de la relève d’avions de combat M2000D de l’opération

Barkhane. Elle fait partie intégrante des missions nécessaires à la qualification opérationnelle de l’avion mais aussi à

l’aguerrissement des équipages aux missions multi-rôle qui leur seront confiées.

Après une nuit passée sur place, le Phénix a repris son envol vers la base d’Istres, toujours en mission de convoyage

d’avion d’armes.

Sécurité et aide à la population : Barkhane pleinement impliqué dans la stratégie 3D (diplomatie, défense,

développement)

Barkhane inscrit son action dans le cadre de la stratégie « 3D » (Diplomatie, Défense, Développement) de la France au

Sahel. Elle agit en lien étroit avec les acteurs politiques, diplomatiques et économiques du Sahel, afin de consolider les

gains sécuritaires obtenus. A leur niveau, les forces armées contribuent à rétablir et consolider les conditions de

sécurité nécessaires à l’action des acteurs de développement et de gouvernance, tout en continuant à lutter contre les

groupes armés terroristes.

Il s’agit d’œuvrer au retour de l’État et à l’amélioration des conditions de vie de la population, luttant ainsi contre la

constitution d’un terreau propice à la violence et au développement des groupes armés terroristes.

•

En quoi consistent les actions civilo-militaires ?

Par ses modes d’action, Barkhane agit au contact des populations locales. Elle est en mesure d’identifier leurs besoins

essentiels et y apporter une première réponse, non seulement d’ordre sécuritaire, mais aussi matériel par le biais des

actions civilo-militaires (CIMIC).

Il s’agit de reconstruction d’écoles, de remise en fonction de puits, de projets d’irrigations, de maraîchage…

Ces actions CIMIC s’inscrivent dans une dynamique globale permettant de consolider durablement les gains de la

sécurisation du territoire. Elles sont complémentaires des solutions mises en œuvre par les acteurs français et

régionaux du développement, avec lesquels Barkhane agit en étroite coopération.

•

Bilan de Barkhane :

Depuis le 1er janvier 2019, plus de 30 projets civilo-militaires ont été menés au profit de la population, dont 13 projets

à destination de celle de la région du Liptako-Gourma. Parmi ces réalisations, notamment 4 projets d’infrastructure, 2

projets d’adduction d’eau, 5 projets en lien avec l’éducation et l’accès à l’information.

Par ailleurs, Barkhane continue de réaliser en moyenne plus de 70 consultations et plus de 300 soins par jour au profit

de la population malienne, tchadienne et nigérienne. Plus de 20 actes techniques (imagerie et laboratoire) et près de 3

interventions chirurgicales sont également réalisés quotidiennement à leur profit.

•

Comment l’action de Barkhane s’articule-t-elle avec celle des autres acteurs du développement ?

Afin de renforcer l’articulation entre opérations militaires, action de stabilisation de court terme et actions de

développement de plus long terme, un dialogue régulier a été mis en place entre les acteurs militaires de l’opération

Barkhane, ceux de la stabilisation et ceux du développement, tant au niveau stratégique, qu’aux niveaux opératif et

tactique. Ainsi :

– des Task Force et des groupes de travail ont été mis en place à Paris et dans les capitales sahéliennes (Bamako,

Niamey, Ouagadougou) depuis janvier 2018 ;

– l’Agence française de développement (AFD) a détaché un chargé de mission développement auprès de Barkhane

depuis septembre 2018 ;

– La mission pour la stabilisation du centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des affaires

étrangères (MEAE) a déployé un expert à Menaka auprès de Barkhane en mars 2019, pour identifier les besoins des

populations au plus près des opérations, monter des projets pertinents et articulés avec les actions CIMIC, suivre leur

mise en œuvre et évaluer leur impact, ainsi que faire le lien avec les autorités locales. À terme, ce déploiement

temporaire pourrait devenir permanent. De façon générale, la Mission pour la stabilisation du CDCS finance des

projets en appui à la sortie de crise, dans des délais pouvant être très courts, afin de faire rapidement bénéficier les

populations des « dividendes de la Paix ». Au Mali, la Mission pour la stabilisation agit en lien étroit avec

l’Ambassade de France au Mali, et en complément des actions de la force Barkhane ainsi que celles des acteurs du

développement.

Ce dialogue s’est matérialisé sur le terrain par des premières réalisations :

– en 2018, la Mission pour la Stabilisation du CDCS du MEAE a soutenu plusieurs projets à Ménaka (relèvement

socio-économique, réconciliation) ;

– en 2019, elle prévoit de consolider les progrès dans le Liptako à travers un projet d’appui aux forces de sécurité

intérieure et de mettre l’accent sur la zone du Gourma ;

– simultanément, les premiers projets de l’AFD ont démarré dans le Liptako.

Contact presse :

mailto:

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Pleins feux sur la démocratie mauritanienne

En Mauritanie, il n y a pas de majorité tout comme il n y a pas d’opposition au sens démocratique .

Le scrutin du 22 juin donnant Mohamed Ould Ghazouani vainqueur au premier tour, avec 52 % des voix marque un nouveau tournant. Pour la première fois deux présidents élus vont se transmettre le pouvoir dès que la Cour constitutionnelle aura accepté les résultats du dépouillement par la Ceni.

Le 10 juillet 1978, le pays était confronté à une grave crise économique et ne parvenait pas à contenir la guérilla sahraouie du Front Polisario après son invasion par le Maroc en 1975 ; le Comité militaire pour le redressement national dirigea le pays en synergie avec certains civils.

Puis au fur et à mesure, deux institutions militaire et civile prennent la gestion du pays mais, si par définition un civil est, par opposition à un militaire, une personne qui n’est pas membre d’une armée ; ce qui s’applique ailleurs n’est pas forcement valable pour la Mauritanie.

On assistait depuis lors à un engouement pour l’armée et il suffit du baccalauréat pour devenir un officier de réserve et c’est le moyen le plus fiable pour permettre aux enfants de devenir plu tard des ministres, gouverneurs ou préfets. L’enrôlement concernait toutes les ethnies et l’armée est plus citoyenne que l’institution civile.

Puis on commençait à limiter la présence militaire aux régions frontalières les plus exposées aux problèmes sécuritaires.

Entre (1978-1984) on assiste à une succession de juntes militaires éphémères

Le 12 décembre 1984, le colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya accède au pouvoir par un coup d’État sans effusion de sang avec l’aide du Comité militaire de salut national dont il est président.

En 1991, il proclame une nouvelle Constitution qui instaure le multipartisme (à l’exception des partis islamistes) et la liberté de la presse. Le chef de l’État créé le Parti républicain démocratique et social (PRDS). En 1992, il est élu président de la République, puis réélu en 1997 avec plus de 90 % des voix tandis que le front uni de l’opposition a appelé au boycott.

Le 8 juin 2003, le président Ould Taya parvient à reprendre le contrôle de Nouakchott après de violents combats contre des soldats putschistes, surnommés « Les Cavaliers du changement et Ould Taya indiquera l’année suivante avoir déjoué une nouvelle tentative.

En novembre 2003, Ould Taya est réélu avec 67 % des voix. Son règne est marqué par le Conflit de 1989 avec le Sénégal, l’expulsion de populations noires-mauritaniennes et le debut de la guerre avec les extrémistes islamistes.

Le 3 août 2005, l’armée, au travers du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), prend le pouvoir pour « mettre fin au régime totalitaire du président Taya et mettre en place de véritables institutions démocratiques ».

Le nouveau président de la République élu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, prête serment le 19 avril 2007. C’est le premier civil, depuis près de 30 ans, élu sans fraude massive depuis l’indépendance de la Mauritanie.

Lors du coup d’État militaire du 6 août 2008, le président de la République et le Premier ministre sont arrêtés et déposés à la suite du renvoi de quatre des plus importants officiers militaires du pays, arguant notamment de sa « faiblesse » face au terrorisme, Sidi Ould Cheikh Abdallahi sera finalement libéré en décembre 2008


Le nouveau maître du palais ocre est le général Mohamed Ould Abdel Aziz qui préside un Haut Conseil d’État et promet d’organiser une rapide élection présidentielle. Après avoir démissionné de l’armée, il abandonne la charge de chef de l’État en avril 2009 au président du Sénat de feu Ba M’Baré afin de pouvoir se présenter à l’élection présidentielle qui se tient le 18 juillet. Élu avec 52,5 % des voix, il entre officiellement en fonction le 5 août.

Il est réélu en juin 2014 pour un second mandat, avec 81,89 % des voix au premier tour.

Il confirme qu’il se conformera à la Constitution, laquelle limite à deux le nombre de mandats présidentiels : « Nous avons certes révisé la Constitution, mais nous n’avons jamais touché à cet article. Et je n’y toucherai pas. », Avait-il dit.

Connu pour sa discrétion, le général à la retraite, Mohamed Cheikh El-Ghazouani, vainqueur déclaré de la présidentielle en Mauritanie et compagnon d’armes de Mohamed Ould Abdel Aziz, s’apprête à succéder à la tête d’un pays qui n’a que trop souffert d’un semblant de démocratie dépourvu de ses véritables piliers.

La Mauritanie fait désormais face à une confrontation politique infructueuse entre une opposition qui refuse avec obstination le verdict des urnes et une majorité présidentielle qui rassemble au continu les charges gravissimes contre ses adversaires politiques.

Il est temps, après cette longue période pour les protagonistes politiques de se résoudre enfin au pragmatisme et au réalisme de la vie démocratique et de témoigner pitié à un peuple meurtri et lassé d’une expérience multipartite toujours au point mort.

L’opposition radicale et la majorité présidentielle ou autrement dit les deux institutions militaire et civile doivent savoir que l’une ne peut exister sans l’autre et que pour réellement mériter la confiance du peuple et remporter la présidentielle, il y a une seule voie : prendre sur soi, le serment de respecter les résultats favorables ou non.

Sans cette vision objective, qui permet aux Etats de progresser et de bâtir des Nations fortes et développées, rien ne pourra avancer dans ce pays, où les accusations tantôt de blanchiment d’argent, tantôt de terrorisme ou de crimes destinés à déstabiliser le pays, sont les leitmotivs surmédiatisés par le pouvoir contre des opposants qui accusent eux-mêmes les dirigeants de la Mauritanie de dictature, de fraude, d’oppression et d’exclusion.

Plus de quarante ans d’hostilité, sans que les deux camps méditent combien l’impasse politique a ruiné les potentialités immenses de cette chère nation coupée de sa citoyenneté au profit des ethnies, des régions, des tribus, des civils ou des militaires.


Coupé du net, nous apprenons avec stupeur et incompréhension l’arrestation à Nouakchott du président Thiam des FPC et du journaliste, Seydi Camara . Le siège des candidats saccagés et des militants auraient été, selon nos câbles, torturés et amenés vers une destination inconnue.

Le scrutin du 22 juin 2019 doit être un point de départ pour tous les mauritaniens toutes obédiences confondues lesquels doivent être unis et solidaires, comme en témoigne l’esprit de cohésion et d’unité incarné tout au long de la campagne électorale.
Il leur faut juste des sacrifices et des efforts pour pouvoir enterrer leurs différents et regarder l’avenir avec sérénité et confiance.

A bon entendeur Salut !

Ahmed Ould Bettar

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Mauritanie: pour un opposant, la volonté populaire a été confisquée

Une semaine après le scrutin présidentiel en Mauritanie, Sidi Mohamed Ould Boubacar, ancien Premier ministre arrivé en troisième position, après le militant anti-esclavagiste Biram dah Abeid, a estimé, samedi 29 juin, lors d’une conférence de presse, que la volonté populaire a été confisquée par le candidat du pouvoir annoncé vainqueur, Mohamed Ould Ghazouani.

Pression sur les électeurs, bourrage des urnes notamment en zone rurale, le candidat malheureux à la présidentielle Sidi Mohamed Ould Boubacar a réaffirmé son rejet des résultats du scrutin du 22 juin.

Des preuves démontrent « l’ampleur de la fraude »

« Les résultats publiés sont loin de traduire la volonté populaire. Nous détenons les procès-verbaux et les preuves qui démontrent l’ampleur de la faute. Nous avons soumis ces inégalités au Conseil constitutionnel, seul habilité à examiner le recours en la matière, et nous les présenterons à l’opinion publique », a-t-il expliqué.

Toutefois, cela n’entrave pas sa détermination à poursuivre son combat politique. L’ancien Premier ministre s’est adressé tout particulièrement à la jeunesse.

Résultats définitifs le 1er juillet

« A l’adresse de notre jeunesse, je dis : aucune force ne peut vous empêcher de réaliser votre rêve de vivre dans la liberté et la dignité dans votre pays. Le peuple mauritanien a exprimé avec clarté sa volonté de changement et a travaillé dans ce sens à travers son engagement, sans équivoque, dans la campagne électorale, à travers les meetings et rassemblements populaires », a-t-il tenu à souligner.

Le Conseil constitutionnel proclamera les résultats définitifs, lundi 1er juillet, à 12h00, à Nouakchott.

RFI

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Les limites de la démocratie mauritanienne

Le candidat du parti au pouvoir à la présidentielle et ancien ministre de la Défense, Mohamed Ould El Ghazouani, a voté à Nouakchott, en Mauritanie, samedi 22 juin. Les Mauritaniens choisissent entre l’héritier présumé du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz et cinq candidats de l’opposition qui croient que le président serait représenté une continuation de son règne dans ce pays d’Afrique de l’Ouest luttant contre l’extrémisme islamique Elhady Ould Mohamedou / AP

Analyse. L’élection, samedi 22 juin, de Mohamed Ould Ghazouani à la présidence de la République islamique de Mauritanie, au premier tour, avec 52 % des voix, fera date. Pour la première fois depuis l’indépendance de cette ancienne colonie française, deux présidents élus vont se transmettre le pouvoir à l’issue d’un scrutin pluraliste et dès que la Cour constitutionnelle aura validé les résultats du dépouillement. L’opposition, qui refuse ce résultat, a annoncé son intention de déposer des recours, mais personne n’imagine les juges constitutionnels braver le pouvoir en place en annulant le vote ou en modifiant un résultat qui contraindrait l’ancien général à un second tour. Le soir du vote, le vainqueur n’avait pas attendu les chiffres de la commission électorale avant d’autoproclamer sa victoire. On touche ici aux limites de l’exercice démocratique en Mauritanie où, sans préjuger du bien-fondé des accusations de fraude des cinq candidats battus, le résultat du vote semblait couru d’avance. Dans ce pays profondément divisé, la classe dominante des Maures contrôle quasiment tous les leviers du pouvoir et n’entend pas les lâcher. Coûte que coûte.

Mais les éléments positifs de ce scrutin tranchent dans une histoire politique marquée par les coups d’Etat. Si transition pacifique il y a, c’est parce que Mohamed Ould Abdelaziz, le chef de l’Etat sortant, n’a pas fait réécrire la Constitution afin de s’autoriser à se présenter une troisième fois. Venant d’un ancien général putschiste et récidiviste, ce n’était pas garanti. Un certain nombre de ses pairs africains ne s’embarrassent pas de ce genre de légalisme. L’opposition mauritanienne, convaincue qu’il ferait de même, a été prise de court, elle qui avait axé sa campagne sur le « tout sauf Aziz ».

Autre enseignement, il y a cinq ans, l’opposition avait boycotté la présidentielle précédente, à l’exception du militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid, entachant le deuxième mandat de Mohamed Ould Abdelaziz d’un soupçon d’illégitimité, dont ce dernier n’avait cure. Cette année, les principaux opposants historiques étaient sur les rangs. Cette pluralité a permis de mobiliser près de deux électeurs sur trois. Tous ont pu mener campagne, à la hauteur de leurs faibles moyens et de leurs divisions face au rouleau compresseur du pouvoir. Ils affichent aujourd’hui un front uni – assez inhabituel – pour contester les résultats. L’avenir dira s’il peut constituer une offre alternative crédible.

Par Christophe Châtelot

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/06/30/les-limites-de-la-democratie-mauritanienne_5483345_3212.html

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Sport

Groupe E : Mauritanie – Angola, aujourd’hui à 15h30: Dernière carte pour les Mourabitounes

  Faut-il croire à une réaction d’orgueil des Mauritaniens ? Sur le papier, il est difficile d’imaginer que cette équipe novice et inexpérimentée sorte indemne de ce groupe. D’ailleurs, au pied du mur, la Mauritanie jouera déjà son avenir dans cette CAN-2019 en affrontant cet après-midi l’Angola dans un match déséquilibré, il faut l’avouer. Lourdement battus lors du premier match devant le Mali (4-1), les Mourabitounes n’ont plus rien à perdre désormais et seule une victoire pourrait leur laisser entrouverte une toute petite fenêtre pour espérer se qualifier. Or, le sélectionneur Corentin Martins avoue que la mission de son équipe est quasi impossible, lui qui reconnaît avoir encore du travail à faire, notamment sur le plan défensif, qu’on pensait plus solide. 

L’absence de finisseur en attaque et le manque flagrant de repères dans une compétition fournie en équipe expérimentées ont fait que les défauts de cette sélection de la Mauritanie remontent à la surface. En tout cas, face à l’Angola, qui a tenu en échec la Tunisie (1-1), les Mauritaniens savent ce qui leur reste à faire. Toutefois, les Palancas Negras ont pris confiance d’entrée et une victoire aujourd’hui les mettrait dans de bonnes dispositions avant leur prochain choc face au Mali. Les coéquipiers de Bastos, le solide défenseur de la Lazio Rome, ont encore toutes les cartes en main pour espérer figurer parmi les équipes qualifiées. Pour ce faire, l’équipe du technicien serbe Srdjan Vasiljevic doit commencer par gagner ce match capital face à la Mauritanie. 

par M. B.

lequotidien-oran

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Mauritanie. Crise post-électorale: le porte-parole du gouvernement atténue la sortie du ministre de l’Intérieur

Près d’une semaine après le scrutin présidentiel du 22 juin 2019, la Mauritanie reste plongée dans une crise post-électorale. Après la sortie accusatrice du ministre de l’Intérieur, le porte-parole du gouvernement joue la modération avec les pays voisins d’Afrique subsaharienne.

Sidi Mohamed ould Maham, ex-ministre de la Culture, de l’artisanat et porte-parole du gouvernement, a saisi l’occasion du point de presse consacré aux commentaires des résultats de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres pour justifier les mesures prises dans le cadre de la gestion de la crise post-électorale, notamment le déploiement des forces de l’ordre, la coupure d’Internet et les relations avec les pays voisins. C’était sa dernière sortie, avant d’avoir présenté sa démission le lendemain vendredi 28 juin.

Sur ce dernier point, le porte-parole du gouvernement mauritanien soutient «qu’il n’y a aucun nuage avec ces Etats de la sous-région. Ce sont plutôt les ressortissants de ces pays vivant en Mauritanie qui ont été arrêtés pour avoir participé à des rassemblements et activités non autorisées et de nature à troubler l’ordre public» Un discours qui tranche avec celui du ministre de l’Intérieur qui avait accusé une «main étrangère» qui serait derrière les vives tensions qui ont suivi la proclamation unilatérale par le candidat Mohamed ould Ghazouani de sa courte victoire alors que 20% des bulletins de vote n’étaient pas encore dépouillés

Il faut aussi souligner que les communautés étrangères originaires de l’Afrique de l’Ouest, accusées par le ministre de l’Intérieur, ont répondu en dénonçant «des rafles opérées sur les lieux de travail et même à domicile pour les impliquer dans des histoires auxquelles elles ne sont pas mêlées». Pour rappel, le ministre mauritanien de l’Intérieur avait dénoncé une main étrangère derrière ces manifestations. Suite à cela, les ambassadeurs du Sénégal, du Mali et de la Gambie ont été convoqués par le ministre mauritanien des Affaires étrangères et de la coopération, Ismaël ould Cheikh Ahmed.

Rappelons qu’à l’issue du scrutin du 22 juin, les 4 candidats de l’opposition ont contesté les résultats annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) donnant la victoire au candidat du régime, Mohamed ould Ghazouani, avec 52% des voix exprimées. Biram Dah Abeid (candidat indépendant-leader antiesclavagiste) et Sidi Mohamed ould Boubacar (indépendantancien Premier ministre), qui ont réalisé chacun un score de plus de 18% des suffrages exprimés ont introduit des recours auprès du Conseil constitutionnel. Ils demandent l’annulation des résultats du premier tour sur la base «de votes multiples chez les militaires, l’impossibilité du contrôle des opérations électorales par certains de leurs représentants expulsés des bureaux, le vote d’électeurs non inscrits…».

Le 28/06/2019

Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

le360.ma

Sidi Mohamed ould Maham, ex-ministre de la Culture, de l’artisanat et porte-parole du gouvernement

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Le Président élu remercie les staffs de sa campagne électorale

Le Président élu, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a remercié, vendredi soir à Nouakchott, les staffs de sa campagne électorale pour l’effort exceptionnel et soutenu qu’ils ont déployé pour remporter les élections présidentielles.

Dans son adresse devant les différentes équipes de sa campagne, réunies au centre des conférences de Nouakchott Al Mourabitounes, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a souligné: vous avez servi de bel exemple en termes de responsabilité, d’assiduité et du travail sérieux pour vulgariser mon programme électoral au sein de toutes les franges mauritaniennes. Cela a été rendu possible grâce à vos intenses activités sur le terrain et à votre présence continue aux côtés des citoyens pour apporter incessamment, encadrement et accompagnement. Cela a eu un des échos largement positifs’’.

Le Président élu a, particulièrement, apprécié chez ses staffs de campagne leur esprit de responsabilité et de sérieux, notant qu’ils ont, ‘’en dépit des températures caniculaires et des complications sociales et politiques inextricables habituelles de la compagne, réussi à accomplir leurs missions avec sagesse, patience, intelligence et perspicacité’’. 

Il a également salué le rôle des acteurs qui ont adhéré son programme électoral dès l’annonce de sa candidature passant par les autres phases jusqu’à le déroulement du scrutin, de manière spontanée et enthousiaste, dans le cadre d’un élan patriotique qui suscité la fierté et la réjouissance, surtout les sommités religieuses et sociales, les partis politiques, les élus, les organisations féminines, les mouvements des jeunes, les initiatives populaires, les formations syndicales et professionnelles, les organisations de la société civile, les notables et acteurs locaux ainsi que tous ceux qui ont contribué à cet effort suivant faculté et leur statut. 

‘’Mon entretien aujourd’hui avec vous m’offre l’opportunité de s’adresser à l’ensemble de nos citoyens pour saluer chez eux la maturité politique, l’intérêt porté à la chose publique, la concrétisation de la culture du pluralisme, du dialogue et de l’acceptation de l’autre. Ces valeurs que vous portez ont caractérisé l’atmosphère du déroulement des différentes phases des élections qui viennent de se dérouler’’, a conclu Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

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Le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte à l’unanimité le projet de résolution sur le renouvellement du mandat de la MINUSMA

Le Conseil de Sécurité vient d’adopter aujourd’hui le projet de résolution sur le renouvellement du mandat de la MINUSMA. Le texte a été adopté à l’unanimité des membres du Conseil de Sécurité et  sera publié en tant que résolution 2227 (2015).

Résolution 2227 (2015) Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7474e  séance, le 29 juin 2015
Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses résolutions antérieures, en particulier les résolutions
2164 (2014) et 2100 (2013), les déclarations de son président en date des 6 févri2015 (S/PRST/2015/5), 28 juillet 2014 (S/PRST/2014/15) et 23 janvier 2014
(S/PRST/2014/2), et ses déclarations à la presse en date des 18 juin, 29 mai, 1er mai
et 10 avril 2015,
Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité
territoriale du Mali, insistant sur le fait que c’est avant tout aux autorités maliennes
qu’il incombe d’assurer la stabilité et la sécurité sur l’ensemble du territoire malien,
et soulignant qu’il importe que le pays prenne en main les initiatives en faveur de la
paix et de la sécurité,
Réaffirmant les principes fondamentaux du maintien de la paix, y compris le
consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf le cas de
légitime défense ou pour la défense de mandat, et conscient que le mandat de chaque mission de maintien de la paix est fonction des besoins et de la situation du
pays concerné,
Conscient de l’aspiration légitime de tous les citoyens maliens à jouir d’une
paix et d’un développement durables,
Accueillant avec satisfaction la signature, en 2015, par le Gouvernement
malien et les coalitions de groupes armés Plateforme et Coordination des
mouvements de l’Azawad, de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, qui
représente une occasion historique d’installer durablement la paix au Mali, et
félicitant les signataires de l’Accord pour le courage dont ils ont fait preuve à cet
égard,
Voyant dans l’Accord un texte équilibré et complet, en ce qu’il prend en
compte les dimensions politique et institutionnelle de la crise au Mali et les aspects
touchant la gouvernance, la sécurité, le développement et la réconciliation, tout en
respectant la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de l’État malien,
Soulignant que la mise en œuvre pleine et effective de l’Accord, qui doit être
prise en charge et pilotée par les Maliens eux-mêmes, incombe au Gouvernement
malien et aux groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination, et sera
indispensable à l’instauration d’une paix durable au Mali, compte étant tenu des
enseignements tirés des accords de paix précédents,
Saluant le rôle joué par l’Algérie et les autres membres de l’équipe de
médiation internationale s’agissant de faciliter le dialogue intermalien, lequel a
abouti à la signature de l’Accord par le Gouvernement malien et les groupes armés
des coalitions Plateforme et Coordination, se félicitant de la signature de l’Accord
par les membres de l’équipe de médiation internationale et demandant aux membres
du Comité de suivi de l’Accord et aux autres partenaires internationaux d’appuyer la
mise en œuvre de l’Accord et de continuer de coordonner étroitement leur action
afin de concourir à l’instauration d’une paix durable au Mali,
Souligne la nécessité d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord par des
mécanismes de contrôle bien définis, détaillés et concrets, notamment par
l’intermédiaire du Comité de suivi de l’Accord et de ses quatre sous-comités, qui
s’occupent des questions politiques et institutionnelles, de la défense et de la
sécurité, du développement économique, social et culturel, et des questions liées à la
réconciliation, à la justice et à l’action humanitaire,
Condamnant fermement les violations du cessez-le-feu commises dans le pays
par les parties maliennes, qui ont causé des pertes en vies humaines, notamment
parmi les civils, et des déplacements de population, et compromis le processus de
paix, se félicitant que le Gouvernement malien et les groupes armés de la coalition
Coordination aient signé, le 5 juin 2015, l’Arrangement sécuritaire pour une
cessation des hostilités, et rappelant l’accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 et les
déclarations sur la cessation des hostilités en date des 19 février 2015 et 24 juillet
2014, qu’ont signées les parties maliennes,
Réaffirmant son ferme appui au Représentant spécial du Secrétaire général
pour le Mali et à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la
stabilisation au Mali (MINUSMA), qui concourent aux efforts déployés par les
autorités et le peuple maliens pour installer durablement la paix et la stabilité dans
leur pays, et prenant note de l’élaboration de la stratégie de protection des civils de
la MINUSMA, tout en sachant qu’il incombe au premier chef aux autorités
maliennes de protéger la population,
Saluant la contribution des pays qui fournissent des contingents et des effectifs
de police à la MINUSMA, rendant hommage aux soldats de la paix qui risquent
ainsi leur vie, condamnant avec force les attaques visant le personnel de maintien de
la paix et soulignant que celles-ci peuvent constituer des crimes de guerre au regard
du droit international,
Se déclarant préoccupé par la lenteur du déploiement du personnel et du
matériel de la MINUSMA, qui empêche largement la Mission de s’acquitter
pleinement de son mandat depuis qu’elle a été créée, le 25 avril 2013, par la
résolution 2100 (2013), et se félicitant des efforts déployés par le Secrétaire général
pour accélérer le déploiement des contingents et du matériel et pour dispenser une
formation adéquate, de façon à améliorer la sûreté et la sécurité du personnel de la
MINUSMA dans des conditions de sécurité complexes marquées notamment par des
menaces asymétriques, en particulier l’emploi de mines et de dispositifs explosifs
improvisés,
Condamnant vigoureusement les activités menées au Mali et dans la région du
Sahel par des organisations terroristes, telles qu’Al-Qaida au Maghreb islamique
(AQMI), Ansar Eddine et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de
l’Ouest (MUJAO), qui continuent de sévir au Mali et constituent une menace pour
la paix et la sécurité dans la région et ailleurs, ainsi que les atteintes aux droits de
l’homme et les actes de violence commis sur la personne de civils, notamment des
femmes et des enfants, dans le nord du Mali et dans la région, par des groupes
terroristes,
Soulignant que le terrorisme ne peut être vaincu qu’à la faveur d’une
démarche suivie et globale, fondée sur la participation et la collaboration actives de
l’ensemble des États et organismes régionaux et internationaux, visant à contrer,
affaiblir et isoler la menace terroriste, et réaffirmant que le terrorisme ne peut et ne
saurait être associé à aucune religion, nationalité ou civilisation,
Rappelant que le MUJAO, Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansar Eddine et
son dirigeant, Iyad Ad Ghali, et Al Mourabitoune sont inscrits sur la Liste relative
aux sanctions contre Al-Qaida établie par le Comité du Conseil de sécurité faisant
suite aux résolutions 1267 (1999) et 1989 (2011), et se déclarant à nouveau disposé
à sanctionner, au titre du régime susmentionné et conformément aux critères arrêtés
pour l’inscription sur la Liste, d’autres personnes, groupes, entreprises et entités qui
sont associés à Al-Qaida ou à d’autres entités ou personnes inscrites sur la Liste,
notamment AQMI, le MUJAO, Ansar Eddine et Al Mourabitoune,
Saluant l’action que les forces françaises continuent de mener, à la demande
des autorités maliennes, pour écarter la menace terroriste dans le nord du Mali,
Prenant note avec une inquiétude croissante de la dimension transnationale de
la menace terroriste dans la région du Sahel, soulignant l’importance de la maîtrise
régionale de l’action menée à cet égard, accueillant avec satisfaction, dans ce
contexte, la création du Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel) et le lancement du
Processus de Nouakchott relatif au renforcement de la coopération en matière de
sécurité et à l’opérationnalisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité
dans la région sahélo-saharienne, ainsi que l’engagement souscrit par les dirigeants
africains lors du Sommet de Malabo les 26 et 27 juin 2014 et les mesures prises par
l’Union africaine pour rendre opérationnelle la capacité africaine de réponse
immédiate aux crises (CARIC), et se félicitant des efforts déployés par les forces
françaises pour aider les États Membres faisant partie du G5 Sahel à renforcer la
coopération régionale en matière de lutte contre le terrorisme,
Se déclarant toujours préoccupé par les graves menaces que représentent la
criminalité transnationale organisée dans la région du Sahel, notamment le trafic
d’armes et de stupéfiants, la traite d’êtres humains, et les liens qui se développent,
dans certains cas, entre cette criminalité et le terrorisme, soulignant que la
responsabilité de lutter contre ces menaces incombe aux pays de la région, et se
félicitant de l’effet stabilisateur de la présence internationale au Mali, notamment la
MINUSMA,
Condamnant fermement les enlèvements et prises d’otages ayant pour but
d’obtenir des fonds ou des concessions politiques, réaffirmant qu’il est résolu à
empêcher les enlèvements et prises d’otages dans la région du Sahel, dans le respect
du droit international applicable, rappelant sa résolution 2133 (2014), dans laquelle
il a notamment demandé à tous les États Membres d’empêcher les terroristes de
profiter directement ou indirectement de rançons ou de concessions politiq ues et de
faire en sorte que les otages soient libérés sains et saufs, et, à ce propos, prenant
note du Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière de prévention des
enlèvements contre rançon par des terroristes et d’élimination des avantages qui en
découlent, publié par le Forum mondial de lutte contre le terrorisme,
Condamnant fermement toutes les violations des droits de l’homme et atteintes
à ces droits et toutes les violations du droit international humanitaire, y compris les
exécutions extrajudiciaires et sommaires, les arrestations et détentions arbitraires,
les mauvais traitements infligés aux prisonniers et la violence sexuelle ou sexiste,
ainsi que le meurtre, la mutilation, le recrutement et l’utilisation d’enfants, et les
attaques contre des écoles et des hôpitaux, et demandant à toutes les parties de
respecter le caractère civil des écoles conformément au droit international
humanitaire, de cesser de détenir illégalement et arbitrairement des enfants, de
mettre fin à ces violations et atteintes et de s’acquitter des obligations que leur
impose le droit international applicable,
Rappelant, à ce sujet, que tous les auteurs de tels actes doivent être amenés à
en répondre et que certains des actes mentionnés au paragraphe précédent peuve nt
constituer des crimes au regard du Statut de Rome, notant que, les autorités de
transition maliennes ayant saisi la Cour pénale internationale, le 13 juillet 2012, le
Procureur a, le 16 janvier 2013, ouvert une enquête sur les crimes commis sur le
territoire du Mali depuis janvier 2012, et rappelant qu’il importe que toutes les
parties concernées prêtent leur concours à la Cour et lui apportent leur coopération,
Soulignant la nécessité pour toutes les parties de défendre et de respecter les
principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance
afin que l’aide humanitaire puisse continuer d’être fournie et en vue d’assurer la
sécurité et la protection des civils qui la reçoivent et celle du personnel humanitaire
travaillant au Mali, et insistant sur le fait qu’il importe que l’aide humanitaire soit
fournie en fonction des besoins,
Soulignant combien il importe que les Forces de défense et de sécurité
maliennes soient placées sous la tutelle et le contrôle d’une autorité civile et soient
encore renforcées si l’on veut garantir la sécurité et la stabilité à long terme et
protéger le peuple malien,
Saluant le rôle de la mission de formation de l’Union européenne au Mali
(EUTM Mali), qui dispense une formation et des conseils aux Forces de défense et
de sécurité maliennes en vue notamment d’aider à asseoir l’autorité civile et le
respect des droits de l’homme, et de la mission de renforcement des capacités de
l’Union européenne (EUCAP Sahel Mali), chargée de prodiguer conseils
stratégiques et formation à la police, la gendarmerie et la garde nationale maliennes,
Demandant aux autorités maliennes de répondre aux besoins immédiats et à
long terme dans les domaines de la sécurité, la réforme de la gouvernance, du
développement et de l’action humanitaire, en vue de régler la crise au Mali et de
veiller à ce que l’Accord procure des avantages concrets aux populations locales,
notamment grâce à l’exécution des projets prioritaires qui y sont prévus, demandant
à la communauté internationale d’apporter un vaste soutien à cet égard et soulignant
la nécessité de renforcer la coordination de ces efforts internationaux,
Se félicitant des contributions déjà versées dans le prolongement de la
conférence des donateurs qui s’est tenue à Bruxelles en mai 2013 et au titre de
l’appel global pour le Mali pour 2015, et exhortant les États Membres et autres
donateurs à contribuer généreusement au financement des opérations humanitaires,
Demeurant gravement préoccupé par l’ampleur de la crise alimentaire et
humanitaire au Mali, et par l’insécurité qui entrave l’accès humanitaire, que
viennent aggraver la présence et les activités de groupes armé s et de réseaux
terroristes et criminels, la présence de mines terrestres, et la poursuite de la
prolifération d’armes en provenance de la région et d’ailleurs, qui menace la paix, la
sécurité et la stabilité des États de la région, et condamnant les attaques dirigées
contre le personnel humanitaire,
Considérant que la situation au Mali continue de menacer la paix et la sécurité
internationales,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
Cadre pour la paix et la réconciliation et mise en œuvre de l’Accord
pour la paix et la réconciliation au Mali
1. Exhorte le Gouvernement malien et les groupes armés des coalitions
Plateforme et Coordination de s’acquitter des engagements qu’ils ont pris au titre de
l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali et les exhorte à cet égard à
continuer de dialoguer de manière constructive, avec une ferme volonté politique et
en toute bonne foi, afin d’assurer l’application intégrale et effective de l’Accord;
2. Exhorte le Gouvernement malien et les groupes armés des coalitions
Plateforme et Coordination de respecter et de faire appliquer immédiatement et
intégralement l’accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014, l’Arrangement sécuritaire
pour une cessation des hostilités du 5 juin 2015 et les déclarations sur la cessation
des hostilités en date des 19 février 2015 et 24 juillet 2014;
3. Se déclare disposé à envisager des sanctions ciblées contre ceux qui
s’emploient à empêcher ou compromettre la mise en œuvre de l’Accord, ceux qui
reprennent les hostilités et violent le cessez-le-feu, ainsi que contre ceux qui lancent
des attaques contre la MINUSMA ou menacent de le faire;
4. Exige de tous les groupes armés présents au Mali qu’ils déposent les
armes, mettent fin aux hostilités, renoncent à la violence, rompent tous liens avec
des organisations terroristes et reconnaissent sans condition l’unité et l’intégrité
territoriale de l’État malien;
5. Exhorte les autorités maliennes à intensifier leur lutte contre l’impunité
et, à cet égard, à amener tous les auteurs de violations des droits de l’homme et
atteintes à ces droits et de violations du droit international humanitaire, y compris
de violences sexuelles, à répondre de leurs actes, et les exhorte aussi à continuer de
coopérer avec la Cour pénale internationale, en exécution des obligations souscrites
par le Mali au titre du Statut de Rome;
6. Exhorte toutes les parties maliennes à coopérer pleinement au
déploiement et aux activités de la MINUSMA, tout particulièrement en assurant la
sûreté, la sécurité et la liberté de circulation de son personnel et en lui assurant un
accès immédiat et sans entrave à l’ensemble du territoire malien, afin que la
Mission puisse s’acquitter pleinement de son mandat;
7. Prie le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali de
continuer d’user de ses bons offices, en particulier de jouer un rôle de premier plan
pour ce qui est d’appuyer et de superviser la mise en œuvre de l’accord par le
Gouvernement malien et les groupes armés des coalitions Plateforme et
Coordination, notamment en dirigeant le secrétariat du Comité de suivi de l’Accord,
et d’aider tout particulièrement les parties maliennes à définir des mesures de mise
en œuvre et à les classer par ordre de priorité, conformément aux dispositions de
l’Accord et aux alinéas b) et c) du paragraphe 14 ci-après, et affirme son intention
de faciliter, d’appuyer et de suivre de près la mise en œuvre de l’Accord;
8. Demande instamment au Gouvernement malien et aux groupes armés des
coalitions Plateforme et Coordination de coopérer pleinement et de se concerter
avec le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et la MINUSMA, en
particulier en ce qui concerne la mise en œuvre de l’Accord;
9. Prie les membres du Comité de suivi de l’Accord et les autres
partenaires internationaux d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord et de
coordonner, à cet égard, leurs efforts avec ceux du Représentant spécial du
Secrétaire général pour le Mali et la MINUSMA, et salue le rôle que joue le Comité
pour aplanir les désaccords entre les parties maliennes;
10. Engage le Gouvernement malien à prendre les mesures nécessaires pour
assurer l’application effective de l’Accord, notamment à engager des réformes
politiques et institutionnelles;
11. Demande à tous les organismes compétents des Nations Unies, ainsi
qu’aux partenaires régionaux, bilatéraux et multilatéraux, de fournir l’appui
technique et financier nécessaire à la mise en œuvre de l’Accord, notamment des
dispositions relatives au développement socioéconomique et culturel;
Mandat de la MINUSMA
12. Décide de proroger le mandat de la MINUSMA jusqu’au 30 juin 2016,
dans les limites de l’effectif maximum autorisé, soit 11 240 militaires, y compris un
nombre minimum de 40 observateurs militaires chargés de surveiller et de
superviser le cessez-le-feu ainsi que des bataillons de réserve pouvant être déployés
rapidement à l’intérieur du pays, et 1 440 policiers;
13. Autorise la MINUSMA à utiliser tous les moyens nécessaires pour
accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de
déploiement;
14. Décide que la MINUSMA s’acquittera des tâches ci-après:
a) Cessez-le-feu
Appuyer, surveiller et superviser l’application des arrangements relatifs au
cessez-le-feu et des mesures de confiance par le Gouvernement malien, les groupes
armés de la Plateforme et de la Coordination, concevoir et appuyer, selon que de
besoin, des mécanismes locaux en vue de consolider ces arrangements et mesures,
et lui faire rapport sur les violations éventuelles du cessez-le-feu, conformément aux
dispositions de l’Accord, en particulier de son titre III et de son annexe 2;
b) Appui à l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali
i) Appuyer la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles
prévues par l’Accord, en particulier dans son titre II;
ii) Appuyer l’application des mesures de défense et de sécurité énoncées
dans l’Accord, notamment celles qui ont trait au soutien, à l’observation et à la
supervision du cessez-le-feu, appuyer le cantonnement, le désarmement, la
démobilisation et la réintégration des groupes armés, ainsi que le
redéploiement progressif des Forces de défense et de sécurité maliennes, en
particulier dans le nord du Mali, en tenant compte des conditions de sécurité,
et coordonner les efforts internationaux déployés, en étroite collaboration avec
les autres partenaires bilatéraux, donateurs et organismes internationaux
menant des activités dans ces domaines, dont l’Union européenne, en vue de
rebâtir le secteur de la sécurité malien dans le cadre défini par l’Ac cord, en
particulier son titre III et son annexe 2;
iii) Appuyer l’application des mesures de réconciliation et de justice
énoncées dans l’Accord, en particulier dans son titre V, notamment la création
d’une commission d’enquête internationale, en consultation avec les parties;
iv) Concourir, dans les limites de ses moyens et dans ses zones de
déploiement, à l’organisation d’élections locales transparentes, régulières,
libres et ouvertes à tous, en apportant notamment l’aide logistique et technique
voulue et en mettant en place des mesures de sécurité efficaces, conformément
aux dispositions de l’Accord;
c) Bons offices et réconciliation
User de ses bons offices et de mesures de confiance et d’encouragement aux
niveaux national et local pour appuyer un dialogue axé sur la réconciliation et la
cohésion sociale avec toutes les parties prenantes, et entre elles, et encourager et
soutenir la pleine mise en œuvre de l’Accord par le Gouvernement malien et les
groupes armés de la Plateforme et de la Coordination, notamment en favorisant la
participation de la société civile, y compris des organisations de femmes et de
jeunes;
d) Protection des civils et stabilisation
i) Assurer, sans préjudice de la responsabilité première des autorités
maliennes, la protection des civils immédiatement menacés de violences
physiques;
ii) Fournir un appui aux autorités maliennes pour stabiliser les principales
agglomérations et les autres zones où les civils sont en danger, notamment
dans le nord du pays, en effectuant des patrouilles de longue portée, entre
autres choses, et, dans ce contexte, écarter les menaces et prendre activement
des mesures pour empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones;
iii) Assurer une protection particulière aux femmes et aux enfants touchés
par le conflit armé, notamment en déployant des conseillers pour la protection
des enfants et des conseillers pour la protection des femmes, et répondre aux
besoins des victimes de violences sexuelles et sexistes liées au conflit;
iv) Aider les autorités maliennes à procéder au retrait et à la destruction des
mines et autres engins explosifs et à gérer les armes et munitions;
e) Promotion et défense des droits de l’homme
i) Aider les autorités maliennes dans leur entreprise de promotion et de
défense des droits de l’homme, notamment en concourant, dans la mesure du
possible et du nécessaire et sans préjudice des responsabilités de celles-ci, à
l’action qu’elles mènent en vue de traduire en justice ceux qui ont commis au
Mali des violations graves des droits de l’homme ou des atteintes graves à ces
droits, ou des violations graves du droit international humanitaire, notamment
des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, en tenant compte du fait
que les autorités maliennes de transition ont saisi la Cour pénale internationale
de la situation qui règne dans leur pays depuis janvier 2012;
ii) Surveiller, sur le territoire national, les violations du droit international
humanitaire et les violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits,
notamment celles commises sur la personne d’enfants et les violences
sexuelles liées au conflit armé, concourir aux enquêtes et faire rapport à ce
sujet au Conseil de sécurité et publiquement, et contribuer aux activités de
prévention de ces violations et atteintes;
f) Aide humanitaire et projets en faveur de la stabilisation
i) Pour appuyer les autorités maliennes, contribuer à créer les conditions de
sécurité indispensables à l’acheminement sûr de l’aide humanitaire sous la
direction de civils, conformément aux principes humanitaires, et au retour
volontaire, en toute sécurité et dans la dignité, ou à l’intégration locale ou à la
réinstallation des déplacés et des réfugiés, en coordination étroite avec les
acteurs humanitaires;
ii) Pour appuyer les autorités maliennes, contribuer à créer les conditions de
sécurité indispensables à la mise en œuvre de projets visant à stabiliser le nord
du Mali, y compris des projets à effet rapide;
g) Protection, sûreté et sécurité du personnel des Nations Unies
Protéger le personnel, notamment le personnel en tenue, les installations et le
matériel des Nations Unies et assurer la sûreté, la sécurité et la liberté de circulation
du personnel des Nations Unies et du personnel associé;
h) Appui à la sauvegarde du patrimoine culturel
Aider les autorités maliennes, dans la mesure du possible et du nécessaire, à
protéger les sites culturels et historiques du pays contre toutes attaques, en
collaboration avec l’UNESCO;
Déploiement et capacités de la MINUSMA
15. Prie le Secrétaire général de prendre toutes les dispositions voulues, en
usant pleinement des pouvoirs existants, et à sa discrétion, pour permettre à la
MINUSMA d’atteindre sa pleine capacité opérationnelle sans plus tarder;
16. Prie également le Secrétaire général de prendre toutes les autres mesures
qui s’imposent pour renforcer la sûreté et la sécurité du personnel de la MINUSMA,
en particulier des agents en tenue, et les services de base conçus à son intention,
notamment en développant les capacités de la Mission en matière de renseignement,
en fournissant des dispositifs de protection contre les engins explosifs et en assurant
une formation dans ce domaine, en dotant la Mission de moyens militaires
appropriés pour sécuriser ses voies d’approvisionnement logistique et en améliorant
les procédures d’évacuation des blessés et des malades, de sorte que la MINUSMA
puisse s’acquitter avec efficacité de son mandat dans des conditions de sécurité
complexes marquées notamment par des menaces asymétriques;
17. Exhorte les pays qui fournissent des contingents et du personnel de
police à la MINUSMA à accélérer l’achat et le déploiement du reste du matériel
appartenant aux contingents, engage vivement les États Membres à mettre à
disposition des contingents et du personnel de police ayant les capacités, les
compétences et le matériel nécessaires, y compris les éléments habilitants voulus, en
les adaptant au contexte opérationnel, pour que la Mission puisse s’acquitter de son
mandat, et accueille favorablement l’aide que les États Membres apporteront à cet
égard aux pays qui fournissent des contingents et des forces de police à la
MINUSMA;
18. Demande aux États Membres, en particulier à ceux de la région, de
garantir la libre circulation, sans entrave ni retard, à destination et en provenance du
Mali, de l’ensemble du personnel, du matériel, des vivres et fournitures et autres
biens destinés à l’usage exclusif et officiel de la MINUSMA, afin de faciliter
l’acheminement de ses moyens logistiques en temps opportun et dans de bonnes
conditions d’économie et d’efficacité;
19. Recommande au Secrétaire général de poursuivre l’étude du concept
stratégique de la Mission afin de rentabiliser au mieux ses ressources limitées et le
prie de le tenir informé de la situation au regard de sa mise en œuvre;
Questions transversales touchant tous les aspects du mandat
de la MINUSMA
20. Prie la MINUSMA d’améliorer encore ses rapports avec la population
civile et ses échanges avec les Forces de défense et de sécurité maliennes pour faire
mieux connaître et comprendre son mandat et ses activités, notamment en élaborant
une stratégie de communication efficace et en développant ses activités
radiophoniques;
21. Prie également la MINUSMA de veiller à ce que tout appui fourni à des
forces de sécurité autres que celles de l’ONU soit strictement conforme à la
Politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme dans le contexte de la
fourniture d’appui par l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes;
22. Prie le Secrétaire général de veiller à ce que la MINUSMA respecte à la
lettre la politique de tolérance zéro de l’Organisation à l’égard de l’exploitation et
des agressions sexuelles, et de le tenir informé de tous cas de conduite répréhensible
au regard de cette politique;
23. Prie la MINUSMA de considérer la problématique hommes-femmes
comme une question transversale touchant tous les aspects de son mandat, et d’aider
les autorités maliennes à garantir la participation pleine et entière et la
représentation des femmes à tous les niveaux et à un stade précoce de la phase de
stabilisation, y compris dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité et des
opérations de désarmement, de démobilisation et de réintégration, ainsi que du
processus de réconciliation et des élections, et la prie en outre d’aider les parties à
assurer la pleine et active participation des femmes à l’application de l’Accord;
24. Prie la MINUSMA de considérer la protection des enfants comme une
question transversale touchant tous les aspects de son mandat, et d’aider les
autorités maliennes à veiller à ce que la protection des droits des enfants soit prise
en compte, notamment dans le cadre des opérations de désarmement, de
démobilisation et de réintégration et de la réforme du secteur de la sécurit é afin de
faire cesser et de prévenir les violations et atteintes commises sur la personne
d’enfants;
25. Prie également la MINUSMA d’étudier les effets sur l’environnement
des activités menées par elle en exécution des tâches qui lui sont confiées, de
maîtriser ces effets, selon qu’il convient et conformément aux résolutions de
l’Assemblée générale et règles et règlements applicables de l’Organisation, et de
conduire ses opérations précautionneusement dans le voisinage de sites culturels et
historiques;
Coopération entre missions en Afrique de l’Ouest
26. Autorise le Secrétaire général à prendre les mesures nécessaires pour
assurer la coopération entre missions, notamment entre la MINUSMA, la MINUL et
l’ONUCI, et le transfert à la MINUSMA de contingents et de biens d’autres
missions, sous réserve i) qu’il soit informé de ces transferts et en approuve
notamment la composition et la durée, ii) que les pays fournisseurs de contingents
donnent leur assentiment, et iii) que les conditions de sécurité dans les zones de
déploiement des missions concernées autorisent ces transferts et que l’exécution du
mandat de ces missions ne soit pas compromise, l’encourage à cet égard à adopter
des mesures supplémentaires pour renforcer la coopération entre les missions en
Afrique de l’Ouest, dans la mesure du possible et du nécessaire, et le prie de lui
faire rapport à ce sujet selon qu’il conviendra;
Mandat des forces françaises
27. Autorise les forces françaises à user de tous moyens nécessaires, dans la
limite de leurs capacités et de leurs zones de déploiement, jusqu’à la fin d u mandat
confié à la MINUSMA par la présente résolution, pour intervenir à l’appui
d’éléments de la Mission en cas de menace grave et imminente, à la demande du
Secrétaire général, et prie la France de lui rendre compte de l’application du présent
mandat au Mali et de coordonner la présentation de cette information avec celle que
communiquera le Secrétaire général suivant le paragraphe 32 de la présente
résolution;
G5 Sahel et contribution de l’Union africaine
28. Encourage les États Membres de la région du Sahel à se coordonner
davantage pour lutter contre les menaces récurrentes dans le Sahel, y compris le
terrorisme, ainsi que la criminalité transnationale organisée et d’autres activités
illicites telles que le trafic de drogues, se félicite des efforts déployés par les États
Membres du Sahel pour renforcer la sécurité des frontières et la coopération
régionale, notamment dans le cadre du G5 Sahel et du Processus de Nouakchott
relatif au renforcement de la coopération en matière de sécurité et à
l’opérationnalisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité dans la région
sahélo-saharienne, ainsi que de l’engagement souscrit par les dirigeants africains
lors du Sommet de Malabo les 26 et 27 juin 2014 et des mesures prises par l’Union
africaine pour rendre opérationnelle la Capacité africaine de réponse immédiate aux
crises (CARIC), et encourage les États Membres de l’Union africaine à mobiliser
d’importantes annonces de contributions en faveur de la CARIC;
Coopération internationale concernant le Sahel
29. Demande à tous les États Membres, en particulier aux États du Sahel, de
l’Afrique de l’Ouest et du Maghreb, ainsi qu’aux partenaires régionaux, bilatéraux
et multilatéraux, de se coordonner davantage aux fins de la mise au point de
stratégies sans exclusive et efficaces devant permettre de mener une lutte globale et
intégrée contre les activités des groupes terroristes qui traversent les frontières et
cherchent refuge dans la région du Sahel, notamment AQMI, le MUJAO, Ansar
Eddine et Al Mourabitoune, et de prévenir leur expansion, ainsi que de contenir la
prolifération de toutes armes et formes de criminalité transnationale organisée;
30. Demande de nouveau d’assurer, en consultation avec les organisations
régionales, la mise en œuvre rapide et effective des stratégies régionales qui
englobent la sécurité, la gouvernance, le développement, les droits de l’homme et
les questions humanitaires telles que la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le
Sahel, et rappelle, à cet égard, le rôle que joue l’Envoyé spécial du Secrétaire
général pour le Sahel en offrant ses bons offices pour renforcer la coopération
régionale et interrégionale, en étroite coordination avec le Représentant spécial du
Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest;
Contribution de l’Union européenne
31. Invite l’Union européenne, en particulier son Représentant spécial pour
le Sahel et ses missions EUTM Mali et EUCAP Sahel Mali, à se coordonner
étroitement avec la MINUSMA et les autres partenaires bilatéraux du Mali qui
aident les autorités maliennes à réformer le secteur de la sécurité, comme prévu
dans l’Accord et conformément au sous-alinéa ii) de l’alinéa b) du paragraphe 14 de
la présente résolution;
Obligations découlant du droit international humanitaire
et du droit international des droits de l’homme
32. Exhorte toutes les parties à s’acquitter des obligations que leur impose le
droit international humanitaire pour ce qui est de respecter et de protéger le
personnel, les installations et les secours humanitaires, et de prendre toutes les
mesures nécessaires pour permettre et faciliter le libre passage des acteurs
humanitaires, dans de bonnes conditions de sécurité et sans délai, afin que l’aide
humanitaire puisse être apportée à tous ceux qui en ont besoin, tout en respectant les
principes directeurs des Nations Unies concernant l’aide humanitaire et le droit
international applicable;
33. Réaffirme que c’est aux autorités maliennes qu’il incombe au premier
chef de protéger les civils au Mali, rappelle ses résolutions 1265 (1999),
1296 (2000), 1674 (2006), 1738 (2006) et 1894 (2009), relatives à la protection des
civils en période de conflit armé, ses résolutions 1612 (2005), 1882 (2009),
1998 (2011), 2068 (2012), 2143 (2014) et 2225 (2015), relatives au sort des enfants
en temps de conflit armé, et ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009),
1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013) et 2122 (2013), concernant les femmes et la
paix et la sécurité demande à la MINUSMA et à toutes les forces militaires
présentes au Mali d’en tenir compte et de se conformer aux dispositions du droit
international humanitaire, du droit des droits de l’homme et du droit des réfugiés,
rappelle l’importance que revêt la formation à cet égard, et engage instamment
toutes les parties à mettre en œuvre les conclusions sur les enfants en temps de
conflit armé adoptées par son groupe de travail le 7 juillet 2014;
Armes légères et de petit calibre
34. Demande aux autorités maliennes, aidées en cela par la MINUSMA,
conformément au paragraphe 14 de la présente résolution, et par les partenaires
internationaux, de s’attaquer au problème de la prolifération et du trafic illicite
d’armes légères et de petit calibre conformément à la Convention de la CEDEAO
sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes
et au Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce
illicite des armes légères sous tous ses aspects, de sorte à assurer de façon sûre et
efficace la gestion, l’entreposage et la sécurité de leurs stocks d’armes légères et de
petit calibre, ainsi que la collecte et éventuellement la destruction des stocks
excédentaires et des armes saisies, non marquées ou détenues illicitement, et
souligne qu’il importe que ses résolutions 2017 (2011), 2117 (2013) et 2220 (2015)
soient intégralement appliquées;
Rapports du Secrétaire général et réexamen du mandat
35. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport tous les trois mois après
l’adoption de la présente résolution sur la suite donnée à celle -ci, en particulier sur
les progrès accomplis dans l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation
au Mali et l’action menée par la MINUSMA pour l’appuyer;
36. Affirme qu’il a l’intention de réexaminer le mandat de la MINUSMA
avant le 30 juin 2016, s’il y a lieu, compte tenu notamment des progrès qui auront
été faits dans l’application de l’Accord de paix;
37. Décide de demeurer activement saisi de la question.

Source: Minusma

Catégories
A la une Mauritanie

Déclaration de la porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, relatif à l’élection présidentielle mauritanienne.

Mauritanie – Élection présidentielle du 22 juin 2019 (Déclaration de la porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères) 

La France salue le bon déroulement de l’élection présidentielle intervenue ce samedi 22 juin en Mauritanie, dans un climat pacifique.

Elle se réjouit de la forte participation du peuple mauritanien à ce moment démocratique historique.

Elle félicite Mohamed Cheikh Mohamed Ahmed El Ghazouani, candidat élu selon les résultats annoncés par la Commission électorale nationale indépendante.

La France entretient une excellente relation avec la Mauritanie, qui s’appuie sur des objectifs partagés pour la sécurité régionale, le développement économique et la justice sociale au bénéfice de tous les Mauritaniens.

Elle se tient prête à travailler étroitement avec les nouvelles autorités, afin de renforcer encore les liens entre nos deux peuples.

L’Ambassade de France en Mauritanie

Catégories
A la une Mauritanie

Mohamed Cheikh El-Ghazouani, militaire de carrière et soufi au seuil du pouvoir en Mauritanie

Connu pour sa discrétion, l’ex-militaire Mohamed Cheikh El-Ghazouani, vainqueur déclaré de la présidentielle en Mauritanie, est un fidèle de son compagnon d’armes de toujours, Mohamed Ould Abdel Aziz, auquel il s’apprête à succéder à la tête de ce vaste pays du Sahel.

Après, selon ses propres termes, une décennie « bénie » de pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, rencontré il y a 40 ans à l’Académie royale militaire de Meknès (Maroc), dont il s’apprête à prendre le relais, il doit intervenir publiquement vendredi soir pour remercier son équipe de campagne et ses soutiens.

« La sécurité du pays est au-dessus de tout », a affirmé cet ancien général lors de son ultime meeting avant l’élection du 22 juin, sur le site de l’ancien aéroport de la capitale, en présence du président sortant, devant quelque 10.000 personnes, dont de nombreux jeunes.

Cet ancien chef d’état-major (2008-2018) au crâne rasé, aux lunettes sans monture et à la silhouette ascétique, âgé de 62 ans, est considéré comme le principal artisan du succès de l’armée et des services de sécurité en Mauritanie, qui n’a plus subi d’attentat jihadiste depuis 2011.

Issu d’une lignée maraboutique de la préfecture de Boumdeid (centre sud), chef-lieu traditionnel de la Chadhiliya, puissante confrérie musulmane soufie, père de trois garçons et trois filles, il appartient à la tribu des Ideiboussat, connue à la fois pour sa richesse, sa discrétion et son influence.

Face à l’exubérance qui l’entoure depuis son entrée en campagne, M. Ghazouani se montre impassible, poursuivant imperturbablement sa harangue lorsque la foule de ses partisans renverse les barrières pour se rapprocher de la tribune, ou quand une échauffourée accueille son arrivée au bureau de vote.

Si depuis des mois son effigie s’étale à perte de vue dans le pays, sur des tee-shirts, des casquettes, la carrosserie de véhicules ou des affiches géantes, le candidat s’est très rarement prêté à l’exercice de l’interview.

– ‘Pas un homme de paille’ –

Après le putsch contre le président Maaouiya Ould Taya (1984-2005), M. Ghazouani est nommé directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), un poste stratégique qui permettra à ce spécialiste du renseignement militaire de développer ses réseaux.

Il devient chef d’état-major peu avant le coup d’Etat de 2008 qui porte au pouvoir Mohamed Ould Abdel Aziz. Un poste qu’il occupera jusqu’à son départ de l’armée en octobre 2018, avant un passage au gouvernement comme ministre de la Défense, de novembre à mars 2019.

C’est ce passé putschiste qu’incriminent ses adversaires de l’opposition, criant au « coup d’Etat » lorsqu’au terme d’une veillée électorale, le 23 juin avant l’aube, M. Ghazouani se déclare élu au premier tour, sur la base de résultats encore partiels et en cours de compilation.

Ses détracteurs l’accusent aussi d’avoir été adoubé par le président sortant pour assurer ses arrières lorsqu’il aura quitté le pouvoir.

Mais les connaisseurs de la politique mauritanienne estiment cet homme réputé pour sa courtoisie parfaitement capable d’imposer sa marque.

« Il est très structuré et était très apprécié dans l’armée mauritanienne. Ce n’est pas du tout un homme de paille », explique à l’AFP Alain Antil, expert à l’Institut français de relations internationales (Ifri).

Pendant sa campagne, M. Ghazouani a aussi promis de « mettre fin aux inégalités, aux disparités entre les différentes composantes de la société ».

Il faisait référence aux écarts persistants de la société mauritanienne entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d’esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d’ethnies subsahariennes.

Par Selim SAHEB ETTABA

AFP