Si on officialise les trois mille langues africaines, le continent volera en éclats, et si on le fait pour toutes les langues parlées de notre peuple, c’est l’incohésion à jamais. Or, l’objectif stratégique de chaque nation est d’abord sa cohésion qui constitue le socle de son unité.
C’est ce que les candidats Mohamed Ould Maouloud et le candidat Kane Hamidou Baba n’avaient malheureusement pas compris, le premier sous l’influence de l’aile nationaliste noire de son parti, et le second sous le poids du communautarisme ethnique qui l’anime depuis sa jeunesse sénégalaise. Qu’il soit clair pour ceux qui sont allergiques à l’idée de l’arabe, langue de l’unité du peuple mauritanien, qu’une langue officielle commune reste le gage de la cohésion nationale. Les nations qui avaient tenté autre chose s’étaient déchirées comme dans les Balkans. 
Dites donc, comment peut-on, raisonnablement, se comprendre dans quatre langues et fait travailler une administration avec, à supposer qu’elles sont par miracle toutes au même degré de développement scientifique et d’influence planétaire ? 
Osons dire aux tenants de la confusion linguistique que les Poulaars, les Soninkés et les Wolofs ne connaissent pas suffisamment leurs langues pour pouvoir les enseigner à un niveau secondaire et supérieur à plus forte raison les introduire dans l’administration publique.
En effet, seuls quelques rares spécialistes, souvent des linguistes et des didacticiens ont une connaissance scientifique de ces langues, le reste des locuteurs est encore au niveau maternel comme pour les hassanophoses par rapport à l’arabe classique. 
Et si on rajoute l’usage du français que ” l’idéologie francophile” exige de manière religieuse, ce fardeau sera encore plus lourd et inassimilable par un cerveau humain non surdoué. 
Tout cela est évident, mais le chauvinisme nègro-mauritanien empêche de comprendre que tous les pays d’Afrique ont tranché cette question et jouissent des vertus du monolinguisme officiel.
Afin de mieux cerner cette problématique, il convient de consulter Jacques Toubon, l’ancien ministre de la culture de Jacques Chirac, il en sait plein sur l’indispensable cohésion linguistique. La loi qui porte son nom stipule en son article 1 : 
” Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France.
Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics”.
Où est passé le corse, le breton, l’occitan, le basque…?
Pourtant, les hommes politiques français ne sont pas moins intelligents que leurs collègues mauritaniens.

Ely Bakar Sneiba
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