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Le retour d’Ould Abdel Aziz suscite des interrogations

Aussitôt arrivé, Ould Abdel Aziz se positionne presque en acteur incontournable dans l’arène politique ; il reçoit les acteurs politiques dont certains membres du gouvernement avant de présider une réunion au siège de l’UPR. Serait-il revenu pour mettre de l’ordre ou présider l’UPR en phase de délitement ?

Le retour de l’ancien président Ould Abdel Aziz alimente depuis quelques jours de nombreuses interrogations sur ses intentions mais aussi sur l’éventuelle réaction de son successeur, Ould Ghazwani dont beaucoup se demandent où il va mener la barque Mauritanie ? Une question existentielle depuis que celui-ci a pris ses fonctions, le 1er aout dernier. Peut-être à cause de son silence préoccupant pour ne pas dire troublant ; mais aussi l’absence de cap clair pour son gouvernement.
C’est vrai qu’il a entamé des concertations avec les acteurs politiques, ce qui, au passage, a contribué à apaiser la tension politique avec l’opposition. Mais pour le reste, les mauritaniennes attendent. Et c’est le moment choisi par son prédécesseur et alter ego, Ould Abdel Aziz pour débarquer au pays, occupant toute l’actualité et reléguant dans les oubliettes, la sortie unanimement saluée par les participants du forum de la paix de Dakar. Une grosse pierre dans le jardin du marabout président jugé trop lent et qui ne cesse de dérouter les mauritaniens.
Aussitôt arrivé, Ould Abdel Aziz se positionne presque en acteur incontournable dans l’arène politique ; il reçoit les acteurs politiques dont certains membres du gouvernement avant de présider une réunion au siège de l’UPR. Serait-il revenu pour mettre de l’ordre ou présider l’UPR en phase de délitement ? Les divisions de l’UPR rappellent quelque peu la fin de règne de Sidi Ould Cheikh Abdallahi pendant lequel différents bataillons se livraient batailles avec une main visible d’Ould Abdel Aziz. Et même s’il a demandé à la commission provisoire de son parti de poursuivre son travail et d’apporter son soutien à Ghazwani, les activités qu’il mène sèment quelque peu, le trouble au sein de l’opinion mauritanienne, avide de supputations.
Ould Abdel Aziz avait laissé entendre qu’il allait rester en Mauritanie et mener des activités politiques ; mais de là, à se livrer à des activités pouvant déranger ou faire ombrage à son successeur, c’est un pas qu’on le croyait incapable de franchir, seulement 3 mois après son départ du pouvoir. Sa première déclaration selon laquelle il ne voulait pas d’accueil populaire, à son arrivée à l’aéroport Oum Tounsy et celle autre rapportée par la presse, quelques heures avant la réunion au siège de l’UPR et selon laquelle, il avait fini avec le parti qu’il a créé en 2009 avaient été bien accueillis au sein de l’opinion. Aurait-il subi la pression de ses proches qui se sentent marginalisés par l’actuel pouvoir ?
Notons que le retour d’Ould Abdel Aziz intervient au moment où l’opinion mauritanienne réclame, dans sa majorité, une rupture d’avec le système de l’ancien président. Face à cette situation inédite, le président Ghazwani dont certains doutent du contrôle total de tous les leviers du pouvoir ne peut continuer à se murer dans un silence assourdissant. Une posture qui accrédite la thèse de ceux qui doutaient de ses capacités de « s’émanciper » totalement de son prédécesseur et ami de 40 ans. De ce fait, ll doit rapidement s’adresser aux mauritaniens, prendre ses marques, mettre fin à cette impression d’attentisme et d’hésitation et enfin définir rapidement et clairement son cap, faute de quoi, l’opinion ne tardera pas à demander à quel jeu il joue avec son prédécesseur. Le contexte lui est aujourd’hui favorable, aussi bien au plan national que régional et sous régional. Il bénéficie d’une période de grâce ; l’opposition s’est presque ralliée à lui. Côté ancien président, ses soutiens doivent comprendre qu’il n’est plus le président de la République et méditer les précédents camerounais, angolais et dans une certaine mesure, sénégalais et tunisien. Certes, Ould Abdel Aziz a fait des choses pour son pays, durant ses deux mandats, il ne doit pas gâcher cet héritage, en mettant, comme diront ses détracteurs «les bâtons dans les roues de son successeur et ami ». Il ne doit pas oublier que nombre d’observateurs ont douté de son soutien à Ghazwani, aussi bien pour sa candidature que lors de sa campagne électorale.
lecalame