Présidentielle en Guinée-Bissau : le scrutin terni par des bagarres et accusations de fraude

En Guinée-Bissau, 700 000 électeurs étaient appelés à voter pour élire leur président dimanche 24 novembre. CHRISTOPHE VAN DER PERRE / REUTERS
A man casts his ballot at a polling station during the presidential election in Bissau, Guinea-Bissau November 24, 2019. REUTERS/Christophe Van Der Perre

Les Bissau-guinéens étaient appelés aux urnes pour espérer rétablir la stabilité du pays. Les premières tendances sont attendues en début de semaine.

Les Bissau-guinéens ont voté dimanche 24 novembre pour élire leur nouveau président et espérer tourner la page de l’instabilité chronique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Mais le scrutin a été terni par des échauffourées et des accusations de fraude lancées par le camp du président sortant.

Les opérations de vote se sont comme prévu terminées à 17 heures dans plusieurs bureaux de la capitale, où le dépouillement a immédiatement commencé. « La participation a été importante mais nous ne pouvons pas donner de chiffre pour le moment », a déclaré la porte-parole de la Commission nationale électorale. Les premières tendances sont attendues en début de semaine. La date du 29 décembre a été retenue pour un second tour hautement probable.
Des échauffourées entre militants de différents camps, suivies de l’intervention de la police, ont eu lieu, notamment à Bissora (nord), Canchungo (nord-ouest) et Empada (sud-ouest), ainsi que dans la périphérie de Bissau, selon des sources sécuritaires interrogées par l’AFP.

« Bourrage d’urnes »

Avant même la fermeture des bureaux, un proche du président sortant José Mario Vaz, qui brigue un second mandat en tant qu’indépendant, a accusé ses adversaires du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui domine le Parlement et le gouvernement, de s’être livré à des « fraudes ».

Le directeur de campagne de M. Vaz affirme qu’« il y a eu bourrage d’urnes dans des bureaux des régions de Bafata (est), Canchungo et Bisorra, avec la complicité du PAIGC et de la Commission régionale des élections » et qu’à Bissora, un responsable des jeunes du PAIGC a été « surpris avec une enveloppe pleine de bulletins » et « en train de distribuer du riz et de l’argent pour acheter des consciences ». Mis en cause, le PAIGC n’avait pas encore réagi à ces accusations en début de soirée.

Si la campagne s’est déroulée pratiquement sans heurts, la crainte de lendemains difficiles prévalait au moment où votaient les 700 000 électeurs pour départager les douze candidats dans un pays qui a connu quatre coups d’Etat (le dernier en 2012) et de nombreuses tentatives depuis son indépendance en 1974.

LeMonde

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