Journée mondiale de l’enfance 30ème édition : pour que les enfants maliens grandissent en paix et en sécurité

La campagne mondiale de sensibilisation de cette 30ème année a pour thème : « Agir pour Protéger les Enfants affectés par les conflits »

BAMAKO, Mali, 25 novembre 2019/ — Le 20 novembre dernier, à travers des conférences-débats et des activités artistiques et sportives, les autorités et les acteurs locaux de la protection de l’enfance, ont célébré la Journée mondiale de l’enfance. À Kidal, Gao et Tombouctou, la MINUSMA, à travers son Unité de protection de l’enfance, a soutenu ces célébrations, afin de contribuer à sensibiliser le public à cette cause. Ceci, notamment par le lancement dans toutes les régions du Mali, de la Campagne #Agirpourprotéger les droits des enfants affectés par le conflit armé. Un lancement en droite ligne avec celui fait en juillet dernier, par la Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour le sort des enfants en temps de conflits armés.

Les origines de la Journée mondiale de l’enfance…

La Journée mondiale de l’enfance a été créée en 1954. Elle est célébrée le 20 novembre de chaque année afin de promouvoir le respect et les droits des enfants. Le 20 novembre marque le jour de l’adoption, par l’Assemblée Générale des Nations Unies, de la Déclaration des droits de l’enfant, à travers la résolution 1386 en 1959, et de la Convention relative aux droits de l’enfant, signée en 1989. Cette édition 2019 marque donc les 30 ans de son adoption. Une occasion, après trois décennies, de donner un nouvel élan à la cause de la protection de l’enfance. La campagne mondiale de sensibilisation de cette 30ème année a pour thème : « Agir pour Protéger les Enfants affectés par les conflits ».

Au Mali, le thème choisi est lui aussi, en lien direct avec l’actualité et le quotidien de nombreux enfants : « 1989-2019 : les 30 ans de la Convention des Droits de l’Enfant (CDE), AGIR pour les Droits de chaque Enfant au Mali »

Débattre, jouer et peindre, afin de faire prendre conscience et de mieux protéger…

Le 20 novembre dernier, la MINUSMA a accompagné les autorités locales et les acteurs de la protection de l’enfance dans les différentes célébrations au Mali. Il s’agissait notamment de Gao, Tombouctou et Kidal, où une centaine de personnes se sont retrouvées à la maison de la Société civile. Une conférence-débat y a eu lieu sur le thème du recrutement et de l’utilisation des enfants par les groupes armés. Dans son discours, le Chef du bureau de la MINUSMA à Kidal, Christophe Sivillon, a tenu à rappeler que les enfants, « ont besoin d’espaces sûrs, dans lesquels ils peuvent s’exprimer librement et réaliser leurs rêves. Nous devons tous leur offrir la sécurité, la paix, une bonne éducation, la santé, des perspectives d’avenir, une voix et une place dans la société ».

« Un Enfant c’est comme une graine. Il faut l’entretenir si l’on veut la voir germer et porter ses fruits » a lancé le représentant du Président de l’Autorité Intérimaire, M. Hassa Ag Zwana avant d’ajouter, qu’il est « de notre devoir de créer les conditions d’un environnement plus sécurisé pour les enfants. Protéger les enfants, c’est garantir une meilleure vie en société », a-t-il déclaré avant de saluer cette initiative de la CONAFE (Coalition Nationale des ONG Africaines en Faveur des Enfants), soutenue par la MINUSMA. La célébration kidaloise de la Journée mondiale des droits de l’enfant a pris fin par un match de football remporté par l’équipe du quartier Aliou face à celle du quartier Etambar.

À Gao, c’est sur le perron du gouvernorat que se sont déroulées les commémorations. Les enfants de Gao ont dansé, ont offert une pièce de théâtre sur leurs droits et devoirs et ont présenté au public leurs dessins. Ceux-ci habilleront désormais un pan du mur du gouvernorat. Plus que de simples décorations, ces dessins représentent l’interprétation que font les enfants de la Journée commémorative de leurs droits. À travers ces œuvres, c’est leur aspiration à une vie meilleure et au respect de leurs droits qui y sont exprimés. Pour la Directrice Régionale de la Promotion de la Femme et de l’Enfant et de la Famille, la célébration du 20 novembre, « vise à assurer une mobilisation régionale en faveur de la mise en œuvre effective de la convention relative aux droits de l’enfant, à travers la consolidation de la paix et de la sécurité au Mali. Dès lors, il est juste de rappeler que la commémoration de ce jour est faite dans un contexte difficile pour les enfants du Mali ». En prenant la parole au nom de la MINUSMA, M. Issa Thioune, le Chef du bureau régional de la Mission à Gao, a remercié et félicité l’engagement des autorités régionales et communales, pour les efforts consentis pour une meilleure prise en charge des enfants et pour le respect de leurs droits. « La MINUSMA est heureuse d’avoir été associée à la Journée commémorative des droits de l’enfant de la région de Gao et vous appelle tous à continuer d’œuvrer en synergie pour la promotion et la protection de l’enfant et de ses droits. La MINUSMA réitère ainsi son soutien et son engagement constant auprès du Gouvernement malien pour la promotion des droits des enfants, » a déclaré M. Thioune. Enfin, pour marquer cette cérémonie riche en sons et en couleurs, la Présidente du Parlement des Enfants, accompagnée du Gouverneur de la Ville de Gao, les Représentants de la MINUSMA, de l’UNICEF et les nombreux invités, à procéder au vernissage du Mur dédié aux enfants de la Région de Gao. Plus tard, un match de football a mis fin aux activités.

Koina Ag Ahmadou, le Gouverneur de la Région de Tombouctou a présidé la cérémonie organisée dans la cité des 333 saints. Tenue à l’école Bahadou, en présence d’une centaine d’élèves, du Maire de la ville, des représentants de la société civile, des Chefs de services, des notables, et du personnel civil et en uniforme de la MINUSMA, cette cérémonie a vu des interventions mais aussi, l’inauguration du mur bleu peint par l’UNICEF. Celui-ci porte les aspirations des enfants. « Ce mur dédié aux enfants permettra à certains de nos camarades de s’exprimer à travers des dessins, faire une rétrospective et vulgariser les maux qui freinent notre épanouissement, » a souligné Fadimata Touré, Vice-Présidente du Parlement des Enfants de Tombouctou. En marge de l’évènement la campagne « Agir pour protéger les enfants affectées par les conflits armés », initié par la MINUSMA à travers son Unité protection de l’enfant, a également officiellement été lancée par le Chef de l’exécutif régional. « Aucun d’entre nous ne devrais être en marge de la restauration d’un climat de sécurité, pour promouvoir un Mali où tous les enfants se sentiront protégés contre toutes formes de violences, dans la paix et la cohésion, comme le veut notre devise Un Peuple Un But Une Foi, » a déclaré Ibrahim Baby, élève à l’école Bahadou. Une conférence a également eu lieu à la Direction Régionale de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille. Placée sous la présidence du Préfet du cercle de Tombouctou, plusieurs membres des organisations de la société civile, de défense des droits de l’enfant, les organisations des jeunes et enfants y ont participé. Les équipes de l’unité de Protection de l’Enfant de la MINUSMA et les membres de la CONAFE ont coanimé cette conférence qui avait pour thème : le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats.

Dans l’après-midi un match de football s’est tenu à la place Sahel vert, entre deux équipes du quartier de la ville : Sankoré et Hammabangou. Une conférence de presse du Gouverneur de la région avec les enfants, sur la promotion des droits et de la protection des enfants au niveau régional, a mis fin à l’activité.

Quelques chiffres sur le traitement des enfants du Mali…

Depuis la ratification de la Convention des Droits de l’Enfant (CDE), par le Mali des progrès ont été enregistrés. Selon les données avancées par l’Enquête Démographique et de Sante au Mali, (EDS-M VI), le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a baissé d’environ 50% depuis 1989 ; les filles et les garçons fréquentent et achèvent de plus en plus l’école primaire. Néanmoins, certains efforts restent à être fournis. Toujours selon l’EDS-M VI, un enfant sur huit meurt avant d’atteindre son cinquième anniversaire. Un enfant sur trois souffre de malnutrition chronique et, une fille sur cinq est mariée avant son 18ème anniversaire.

Une situation qui doit exhorter tous les acteurs à poursuivre et redoubler leurs efforts pour un véritable respect des enfants et de leurs droits.

Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA).

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