Mauritanie: Trentenaire du début du génocide

Mauritanie: Trentenaire du début du génocide
Mauritanie: Trentenaire du début du génocide

Aujourd’hui 25 Novembre 2019 le très célèbre Freedom Center de Cincinnati va abriter le “30ème anniversaire du début du génocide en Mauritanie”. Une appellation que les organisateurs ont voulue pour rompre une fois pour toute avec des expressions aussi confuses que compromettantes telles que ” Passif humanitaire” ou encore “Evénements 89”.

Pourquoi le 25 et pas le 28 ?

Cette année les organisateurs veulent tenir l’Amérique et l’opinion internationale à témoin sur les crimes commis en Mauritanie à la fin des années 80 et début des années 90. Le 28 Novembre tombant sur un jour férié aux Etats-Unis (Thanksgiving) il fallait changer de date pour s’assurer de la participation massive du public américain. Elus du congrès, maires, professeurs d’universités, représentants d’organisations de droits de l’homme, avocats et même des étudiants des différentes universités de la région sont conviés à l’évènement.

Sous la houlette de la communauté Mauritanienne de Cincinnati à laquelle se sont jointes les organisations telles que Mauritanian Network for Human Rights, Moritani Min Njejjittaa, African Immigrants Relief et US-Mauritanian Diaspora, les organisateurs de ce grand événement veulent cette fois-ci attirer l’attention du public américain sur les graves crimes perpétrés en Mauritanie. Ils veulent également attirer l’opinion sur les violations quotidiennes que subissent certaines catégories de populations du fait de leur affiliation ethnique.

En effet en 1989, profitant du conflit Sénégalo-Mauritanien d’Avril de la même année, le régime de Ould Taya dans sa folie meurtrière se mis à exécuter un agenda digne du Troisième Reich. Les nationalistes arabes parvinrent ainsi à convaincre Taya de profiter de l’occasion pour réduire considérablement les negro-mauritaniens devenus trop encombrants à leurs yeux.

Meurtres, disparitions forcées, viols, exécutions extrajudiciaires furent le lot quotidien de populations paisibles dont le seul tort était de ne pas être hassanophone. Des dizaines de milliers de Mauritaniens furent déportés par leur propre gouvernement vers le Sénégal et le Mali. Plusieurs milliers fuirent cette campagne de terreur pour préserver leurs vies des forces de l’ordre qui se comportaient pire que des corps expéditionnaires dans la vallée.

Les préfets, les gouverneurs et même les commissaires de police avaient droit de vie et mort sur des citoyens qu’ils étaient censés protéger.

Des années plus tard des fosses communes furent découverts à Inal, Jreida, Oualata, Azlat, Tiguint, Benamira, Aleg, Sorri Malé, Wotchie…etc. À ce jour aucune enquête n’a été diligentée pour ne serait-ce qu’identifier les victimes et permettre aux proches de leurs offrir une sépulture pour enfin faire leurs deuils. Les manifestations des veuves et orphelins sont systématiquement réprimées dans le sang en témoigne leur dernière sortie le 28 Novembre 2018 à Kaédi.

Aujourd’hui trente ans plus tard les plaies sont toujours ouvertes, aggravées par les différentes politiques de discriminations systémiques appliquées par les différents régimes qui se sont succédés depuis lors à l’exception de la courte période de Sidi Ould Cheikh Abdallah.

-Au niveau des différents corps d’armée la promotion aux postes de commandement est quasiment impossible pour les noirs et particulièrement les negro-mauritaniens. A cela s’ajoute une arabisation totale dans cette institution qui exclut de facto tous les non-arabophones.

senalioune

Spread the love
  • Yum