Mauritanie : début de brouille entre les présidents Ghazouani et Aziz

Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani
Mauritania's out-going President Mohamed Ould Abdel Aziz (R) and newly elected Mauritania's president Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani attend the swearing-in ceremony, at a conference center in Nouakchott, on August 1, 2019. - Mauritania, roiled by a history of military coups and upheaval, saw its first transfer of power between elected leaders on August 1, 2019 as President Mohamed Ould Abdel Aziz handed over to his successor. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani was sworn in at a conference centre near the capital Nouakchott before a crowd of 5,000 people. (Photo by Seyllou / AFP)

La cérémonie du 59 ème anniversaire de l’indépendance organisée jeudi 28 novembre a été l’occasion de rendre public les prémices d’une rupture entre l’ancien président Mohamed Ould Abdelaziz et son successeur Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, dont la dégradation des rapports alimentait toutes les discussions.Le divorce ne pouvait avoir meilleure scène. La cassure entre les deux hommes s’est manifestée de manière spectaculaire à travers l’absence de Ould Abdel Aziz à la cérémonie de levée des couleurs organisée cette année à Akjoujt (260 kilomètres à l’est de la capitale Nouakchott), alors qu’il y était officiellement convié à titre d’ancien chef de l’Etat comme le consacre la tradition.

Tout au long de la cérémonie le siège qui lui était réservé est resté vacant contrairement aux autres convives de même rang: Mohamed Khouna Ould Haidalla et Sidi Ould Cheikh Abdallahi, seuls anciens présidents mauritaniens, avec Ould Abdelaziz encore en vie.

La brouille entre les deux « amis de 40 ans » et coauteurs du putsch qui 2008  avait installé « Aziz » au pouvoir pour, a commencé avec le retour de ce dernier à Nouakchott, il y a quelques jours. Il était rentré d’une tournée à l’étranger entamée au lendemain de l’investiture de son successeur, Ghazouani, le 1er août dernier.

Dès son arrivée au pays, l’ex chef d’Etat a convoqué et présidé une réunion extraordinaire du comité provisoire de gestion du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR). Réunion au cours de laquelle il a déclaré formellement qu’il est l’unique référence de cette formation politique qu’il a avait fondée dès les premières années de son règne (2008 – 2019).

Cette déclaration n’a pas été du goût de Ghazouani qui a, à son tour, convoqué le même comité de gestion pour lui signifier que c’est lui la seule et unique référence du parti tout en lui recommandant de ménager son ex-ami et complice.

Suite à ce rappel à l’ordre, la quasi-totalité des députés de la majorité ont tourné le dos à Aziz et adhéré solennellement à la position du Président de la République.

Mais c’était sous-estimer l’entêtement du président qui a immédiatement convoqué les chefs des sections des jeunes et des femmes au sein de l’UPR. Il leur a affirmé qu’il persiste à se considérer comme chef du parti au pouvoir quitte à ce qu’il reste seul.

L’UPR devait initialement organiser un congrès pour élire sa nouvelle direction avant les élections présidentielles, mais a fini par le reporter sine die.

journaldebrazza.com

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