Biram à Inal : sous le seau du recueillement

Esclavage en Mauritanie : Biram dah Abeid confond le Président
Remarques liminaires à la conférence de presse du 4 décembre 2019

Rendu tristement célèbre par l’exécution de 28 soldats négro-mauritaniens  lors de la célébration du 30 ème anniversaire de l’indépendance, Inal est, aujourd’hui, 29 ans après une localité fantôme. Au fil de l’amplification de la barbarie commise le 27 novembre 1990, la localité s’est vidée de  ses habitants. Les dunes de sable ont pris possession de nombreuses bâtisses tombées en ruines. L’école, faute de fréquentation, est fermée. Tout comme le dispensaire faute de patients. Ceux qui sont restés se comptent sous le bout des doigts.

Ce jeudi 28 novembre 2019, l’émotion était à son comble. Biram Dah Abeïd, accompagné de son ancien directoire de campagne composé de l’honorable Coumba Dada Kane, de l’ex ministre Oumar Ould Yali et de la délégation d’accompagnement  se sont recueillis sur les tombes des victime sous les regards indifférents du chef d’arrondissement (intimant aux journalistes de ne pas filmer ou de photographier), du maire  et d’une poignée d’habitants de la localité.

Pour Biram Dah Abeïd, « ce déplacement à Inal ( le second après celui de 2011 ndlr)  doit s’inscrire pour de bon dans les dates de la vie de la nation mauritanienne. La date du 27novembre doit être retenue  comme la journée des martyrs  d’ Inal, de Jreida, de Laguerra, d’Azlat,  un peu partout où sont disséminés les fosses communes, les tombes anonymes  de ces martyrs qui ont péri dans le cadre de cette épuration ethnique qu’ont vécue les mauritaniens   qui continuent à être une plaie béante  qui n’a pas  été encore soignée, ni ne s’est cicatrisée » . Selon le leader abolitionniste,  des préalables

s’imposent. « D’abord l’abrogation de l’amnistie  de 1993 qui absout ceux qui ont commandité,  qui ont pensé et exécuté  ces crimes de sang, ces assassinats collectifs ».

Un autre préalable s’impose, avancé par le président de IRA Mauritanie : « c’est le retour de tous les déportés. Je pense au doyen Aldiouma Cissokho, à  son association de réfugiés basée au Sénégal et autres réfugiés au Mali. Il faut une réhabilitation totale et  solennelle des victimes dont les noms ont été souillés par la propagande de l’Etat avant que leurs corps, leurs âmes ne tombent sous le coup de cette barbarie. Il faut aussi la révision de ce qui a été déjà fait comme réhabilitation modique, réparation indigne, réparation opaque par une procédure et des méthodes pas du tout  transparentes. Je pense qu’il faut encore repenser le vivre ensemble dans des journées de réflexion de communion nationale entre les communautés mauritaniennes et les langues ».

Concrètement, indique le député, «  il faut travailler  à avoir un rapport de force au sein de  l’assemblée nationale qui pourra renverser cette vapeur  c’est-à-dire je  pense que le mandat prochain si

notre parti est autorisé sera un mandat où nous  détiendrions  une force non négligeable au sein du parlement. Le premier acte c’est de mettre en œuvre une loi abrogeant  cette amnistie infamante. Il est clair aussi que moi Biram, si je prends le pouvoir en Mauritanie,  si je suis président de la République, j’opérerai  de changements notoires sur ce  dossier à savoir l’institutionnalisation du journée de deuil et journée des martyrs, le 27 novembre, la mise en place  d’une  justice transitionnelle,  de réparation et de réconciliation sur ce dossier très grave», a-t-il promis.

Biram Dah Abeïd a exprimé sa pensée aux victimes, aux rescapés, aux veuves et orphelins (Djary Toumbo, Maimouna Sy,  mère Houleye Sall, Bocar Kamara et  à tous les autres) de ce « drame qui n’a pas connu la vérité et la lumière, les réparations nécessaires et la mémoire nécessaire ». Profitant de la circonstance, le président de IRA Mauritanie a  lancé  un appel à tous les mauritaniens et mauritaniennes, et  au chef de l’Etat de bien « faire son devoir  de mémoire », de « rétablir la vérité nécessaire », «  la lumière nécessaire,  de procéder aux réparations à la mémoire de ces victimes ».

Pour Oumar Ould Yali, « depuis assez longtemps, le problème reste sans solution. Or, si vraiment le pays doit avancer, si vraiment le pays souhaite s’inscrire dans la lignée des pays  dits de démocratie, de justice, les problèmes ne doivent pas être occultés en général et plus particulièrement des problèmes de ce genre. J’espère qu’avec ce tournant décisif dans l’histoire  de notre pays les orphelins et les veuves puissent connaître la lumière sur les exactions, que justice soit faite afin qu’une solution soit trouvée pour  que le pays redémarre sur de nouvelles bases ». Coumba Dada Kane estime que le dossier du passif humanitaire a trop duré. Elle appelle les mauritaniens d’un seul bloc à faire des pressions sur Ghazouani  pour que la lumière soit faite sur ces exactions extrajudiciaires.

Pour Sow Souleymane, orphelin, «aucune réconciliation ne peut se faire en Mauritanie tant que le dossier du passif humanitaire n’a pas été élucidé ».

Après avoir quitté Nouadhibou en début d’après-midi, la délégation de l’ancien directoire de campagne du candidat à la présidentielle n’a pu rallier Inal qu’au petit matin. Aussitôt après le cérémonial de recueillement, Biram a fait cap sur Chami où dès son arrivée, il s’est entretenu avec les autorités locales avant de tenir durant la soirée un rassemblement avec ses partisans.

Le calame