Mohamed Ould Ghazouani : « La force conjointe du G5 Sahel n’a pas eu ce qu’elle mérite ni ce qui lui avait été promis »

Discours du Président de la République à la Nation, à l’occasion de la célébration du 59è anniversaire de l’indépendance nationale
Discours du Président de la République à la Nation, à l’occasion de la célébration du 59è anniversaire de l’indépendance nationale

Pour le nouveau président de la Mauritanie, « personne n’a intérêt à revenir en arrière » car le G5 « réussit bien ».

Dans un entretien exclusif accordé au Monde, le nouveau président de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, défend l’action du G5 Sahel dans la région, malgré la multiplication des assauts menés par les groupes djihadistes, mais appelle à davantage de soutien de la part de la communauté internationale. Le chef de l’Etat a succédé, le 1er août, à Mohamed Ould Abdelaziz (2009-2019), auprès duquel il assura les fonctions de chef d’état-major de l’armée puis de ministre de la défense. Des tensions sont apparues dernièrement entre ces deux hommes issus du creuset sécuritaire mauritanien. M. Ghazouani minimise la portée de cette crise.

Partagez-vous les inquiétudes des pays d’Afrique de l’Ouest qui craignent d’être touchés à leur tour par les groupes armés actifs au Sahel ?

La situation n’est pas bonne du tout. Beaucoup d’efforts sont faits par la communauté internationale et par les pays de la région. Mais j’en reviens toujours à la même chose. Je pense que la force conjointe du G5 Sahel [Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad] n’a pas eu ce qu’elle mérite ni ce qui lui avait été promis.

Non pas qu’il n’y a pas eu de financements, notamment de la part des pays membres du G5 qui ont financé sur leurs ressources propres les premiers équipements. Nous avons commencé à recevoir du matériel plus spécifique grâce aux aides internationales en provenance de l’Union européenne, de la France, des Etats-Unis, des pays du Golfe… Mais le problème, c’est que le rythme ne nous permet pas de faire face à la situation. Très souvent, les procédures retardent le processus.

Avez-vous été surpris par les déclarations du ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, demandant aux autorités maliennes et burkinabées « plus d’action politique et plus de pression politique » ?

Sans chercher à rentrer dans cette question, partout et depuis toujours, la guerre ne se conduit pas sans politique. Les gens de la région sont conscients de la situation et je ne peux pas imaginer qu’ils ne consentent pas d’efforts.

Mais ils semblent impuissants à enrayer les violences…

Ils vont y arriver. Nous, les Mauritaniens, étions dans la même situation il n’y a pas si longtemps. Face à ce genre de menaces, il faut être suffisamment préparé. Et pour le moment, ce n’est pas bon. Mais cela ne veut pas dire que c’est définitif. D’une certaine façon, une bataille a été perdue mais il y a encore du temps pour se réorganiser et prendre les mesures nécessaires. Il faut de la volonté, cela se crée, et ça commence par de la volonté politique.

Propos recueillis par Christophe Châtelot 

Monde

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