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Djihadistes français en Syrie : Belloubet songe au rapatriement

La ministre de la Justice a indiqué que l’idée d’un tribunal européen en Irak pour les juger n’était plus d’actualité, en raison des troubles. Source AFP
Publié le 11/01/2020 à 14:30 – Le Point.fr

La France va-t-elle rapatrier les djihadistes français actuellement détenus par les Kurdes en Syrie ? La ministre de la Justice a esquissé cette idée samedi, dans un entretien dans le journal Libération. Jusqu’à présent, la France pensait établir un tribunal mixte en Irak avec d’autres nations européennes pour juger les djihadistes que les pays ne veulent pas reprendre, une idée « que nous aurions appuyée », indique Nicole Belloubet. Mais « la donne a changé », explique-t-elle, sans donner de précisions supplémentaires.

« Dans ce cas-là, s’il n’est plus possible de les juger sur place, je ne vois pas d’autre solution que de rapatrier ces gens en France. Tout combattant terroriste qui serait rapatrié serait judiciarisé comme nous l’avons toujours fait », fait savoir Nicole Belloubet. Elle ajoute : « On ne peut prendre le risque d’une dispersion dans la nature. » « On ne va pas avoir cinquante solutions : soit on va les rapatrier, car on considère qu’il vaut mieux qu’ils soient sous contrôle français, soit ils s’évaporeront… Avec les risques que cela suscite. »

Position française inchangée


Samedi midi, l’entourage de la ministre a assuré que sa ligne n’a pas changé. « Notre position est constante, nous considérons que les djihadistes doivent être jugés dans les endroits où ils ont commis leurs exactions. C’est pourquoi nous appuyons, avec d’autres États européens, le principe de leur jugement en Irak avec l’ensemble des garanties qui s’imposent », a-t-on indiqué.

À la mi-décembre, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait reconnu que la question d’un jugement en Irak n’était « pas réalisable à court terme », en raison notamment de la révolte qui secoue ce pays. Depuis, l’Irak est également devenu un théâtre de l’affrontement entre l’Iran et les États-Unis.

Le chef de la diplomatie avait déclaré qu’en l’absence de procès réalisables en Irak à court terme le sort des djihadistes étrangers détenus par les Kurdes relèvera du processus de règlement politique en Syrie sous l’égide de l’ONU.

La question des enfants


Le chef de la diplomatie française avait rappelé la position intangible de la France concernant le sort de ses ressortissants membres du groupe État islamique (EI) – leur jugement sur le théâtre où ils ont combattu – et souligné qu’elle était partagée par nombre de pays européens. Contacté par l’AFP, le Quai d’Orsay n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Nicole Belloubet juge par ailleurs; dans Libération; qu’il n’est « pas acceptable » que de très jeunes enfants de djihadistes français soient retenus dans des camps au Kurdistan. Elle met toutefois en avant des questions « juridique » – la nécessité d’obtenir l’accord de la mère pour le rapatriement de l’enfant –, « factuelle » – la situation sur place « ne permet plus » d’aller chercher ces enfants – et « politique », « l’acceptabilité du retour de ces enfants pour nos concitoyens ».

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