Catégories
A la une

Après leur départ du pouvoir : mauvais temps pour dos Santos, Abdel Aziz et Kabila

Par Bénin24TV le 27 Jan 2020

Alchimie au point, divination en coin… Ils (dos Santos, Ould Abdel Aziz et Kabila) sont partis du pouvoir en laissant les rênes du pouvoir, chacun à son dauphin trié du lot et choisi à juste titre. Mais…

Au regard des dernières contingences, José dos Santos, Ould Abdel Aziz et Joseph Kabila, sont-ils sur le point de perdre leur pari, celui d’être tranquille après avoir désigné le dauphin qu’il fallait ?

Quand José Eduardo dos Santos quittait le pouvoir, il a jeté son dévolu sur João Lourenço, son ministre de la Défense. C’était en août 2017. Mais dès que João Lourenço, est devenu l’homme fort de Luanda, il a commencé méticuleusement à détricoter la galaxie ‘’dos Santos’’, mettant en péril, l’avenir des proches de son ex mentor.

C’est ainsi qu’en moins de cinq mois après sa prise de pouvoir, deux des têtes fortes de la fratrie dos Santos, ont été exclus de la direction de certaines institutions importantes du pays au moment où leur géniteur de président était aux affaires.

A ces cas, il faut souligner également la situation de Isabel qui a été ‘’limogée’’ de la tête de la Sonagol, la nationale du pétrole d’Angola. Dans le même registre, José Filomeno, une autre tête forte de la fratrie dos Santos, a été aussi limogée et a quitté le Fonds souverain pour aller passer six mois en prison. L’autre sœur de Isabel, Tchizé, fut déchue quant à elle de son poste de députée du fait de ses absences répétées.

Et ce n’est pas tout. car José Eduardo dos Santos n’a pas finir de boire le calice jusqu’à la lie. En effet, avec les dernières et croustillantes révélations relatives au «Luanda Leaks», sa fille Isabel, serait au cœur d’un vaste réseau de détournement de fonds publics. Et avec ces révélations, l’ancien président angolais n’est pas à l’abri de poursuites internationales, d’autant qu’il n’est pas protégé par l’immunité en dehors de l’Angola.

Après dos Santos, Mohamed Ould Abdel Aziz dans de beaux draps
Outre l’Angola, le plan concocté par l’ex président de la République de Mauritanie, le grand stratège Mohamed Ould Abdel Aziz, en passant le témoin à son dauphin tout désigné, n’est-il pas foiré?

En effet, entre le nouvel homme fort de Nouakchott, Mohamed Ould Ghazouani et son prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz, le petit fossé du début, est devenu béat, car ne cesse de se creuser entre le nouveau président et son ancien parrain.

Dans une conférence donnée le 20 décembre 2019, l’ex-chef de l’État, a qualifié de «folie» et de «satanique» la décision prise le 21 novembre dernier par les députés et les conseils municipaux et régionaux, réaffirmant que le président Ghazouani est l’unique référence du parti au pouvoir, l’Union pour la République. Pour Ould Abdel Aziz, la Constitution interdit au chef de l’État de diriger ou de contrôler l’UPR.
Lors de cette conférence, Mohamed Ould Abdel Aziz, a dénoncé sa mise à l’écart de la scène politique et déploré le fait que l’UPR lui tourne le dos aussitôt le pouvoir abandonné. Et de déclarer que : «Certains groupes parmi les acteurs politiques dans notre pays se sont délibérément inscrits dans une dynamique de piétinement et de violation des lois de la République en créant un nouveau concept qui ferait du président de la République en exercice LA référence du parti. Le président ne doit pas avoir la mainmise sur le parti. C’est une conception de folie, satanique, une conception irresponsable».

Pour l’ex-président, «ces groupes politiques sont en train de détruire ce que nous avons bâti ces dix dernières années en termes de promotion de la démocratie. Quand j’étais au pouvoir, je n’ai jamais accepté de personnaliser la gestion de l’UPR. Les responsables politiques qui travaillent aujourd’hui à la violation de la Constitution, sont les mêmes qui avaient fait campagne pour que je fasse un troisième mandat. Ce que j’ai refusé dans l’intérêt de la Mauritanie.»

Mais pour cette conférence que ne fut son calvaire, car l’ex chef d’Etat de Mauritanie, a vainement cherché un hôtel pour organiser ladite rencontre avec la presse. Toutes ses demandes de location sont restées sans suite. Il a dû se résoudre, à l’organiser au milieu de la nuit, à son domicile. Sans oublier le boycott des médias officiels mauritaniens. Mieux, seuls deux des 27 membres d’une commission qui assure la gestion dudit parti qu’il a fondé il y a 10 ans, étaient présents.

Comme on le voit, Ould Abdel Aziz sera davantage réduit au silence, d’autant plus que Mohamed Ould Ghazouani, a décidé de ne plus lui laisser cette puissante rampe de lancement politique qu’est l’UPR à la solde de son ex parrain.

Joseph Kabila, un autre cas
En République démocratique du Congo, Joseph Kabila dans un jeu de domino dont lui seul a le secret, a cédé le fauteuil de président à Félix Tshisekedi. Celui-ci, très marginé depuis un an, hausse de plus en plus le ton et tente de désintégrer la coalition qui les lie.

En effet, à l’étroit depuis un an, le président de RDC, menace de dissoudre le Parlement sur lequel, Joseph Kabila à la haute main. L’ancien président de la RDC qui a transmis le pouvoir à cet opposant, doit-il regretter son choix ? Apparemment non. Et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, Félix Tshisekedi de tous les opposants de RDC, est le moins dangereux. Joseph Kabila peut mieux le ‘’domestiquer’’ que les autres. Mieux, il a encore tout son réseau de même que sa puissance financière et sa majorité parlementaire. En RDC, tout peut désormais basculer. Mais pour le moment, Joseph Kabila, a un sort mieux envié que ses collègues de la Mauritanie et de l’Angola.

Par Germain TEKLY, Correspondant en France

Bénin24TV