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Mauritanie

Le Président de la République se réunit avec les acteurs du secteur agricole

Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a tenu, ce lundi après-midi à Rosso, en marge du lancement du programme national d’aménagement agricole et de construction et réhabilitation des barrages, une réunion avec les différents acteurs du secteur agricole.

Le Président de la République a, tout d’abord, donné la parole aux agriculteurs pour qu’ils exposent les problèmes auxquels ils font face, exprimer leurs avis sur les différentes questions liées à leurs activités et évaluer les efforts consentis pour la promotion de l’agriculture.

Après avoir écouté attentivement les différents intervenants qu’il a félicités pour la pertinence et l’objectivité de leurs interventions et félicité l’ensemble des agriculteurs pour les efforts qu’ils déploient en particulier pour le développement de la riziculture dont la production couvre près de 70% des besoins du pays, le Président de la République a assuré les agriculteurs que les doléances qu’ils ont exprimées seront traitées avec toute la diligence requise.

Le Président de la République a, ensuite, souligné l’importance stratégique du secteur rural, tant son volet agricole que celui des ressources animales et évoqué leur contribution à l’autosuffisance alimentaire, mettant l’accent sur la nécessité de trouver des solutions appropriés aux problèmes soulevés à travers, notamment, l’appui indispensable au développement du secteur et la mise à profit de l’énorme potentiel national en termes de ressources hydriques et de terre arables.

Il a souhaité voir s’instaurer une véritable concertation, une étroite coordination et un resserrement des liens entre les services de l’Etat concernés et les agriculteurs et qu’ils soient, tous, animés d’une réelle volonté d’impulser l’essor du secteur agricole, précisant que les départements ministériels de l’agriculture et de l’élevage ont été instruits à cet effet.

Le Président de la République a fait remarquer que les mesures protectionnistes ne peuvent plus continuer à être appliquées surtout que la Mauritanie est sur le point d’adhérer à la convention de libre-échange avec la CEDEAO, précisant que cette convention est profitable pour les producteurs compétitifs et qu’elle ne pénalise que ceux qui ne fournissent pas les efforts nécessaires qu’imposent les règles de la concurrence.

Il a appelé les agriculteurs et tous les autres opérateurs économiques à mieux se préparer à l’intégration du pays au marché de la CEDEAO, à observer les normes de qualité, d’hygiène et de salubrité, et à mettre à contribution les avantages comparatifs du pays pour assurer un meilleur accès de nos excédents en ressources agricoles, halieutiques et animales aux autres marchés.

Le président du Conseil régional du Trarza, M. Mohamed Ould Brahim Ould Seyed, s’est déclaré réjoui par cette visite du Président de la République et par le lancement de ce programme d’aménagement de plus de 5 mille hectares, qui contribuera efficacement à l’atteinte de l’objectif d’autosuffisance alimentaire et aura un grand impact sur les conditions de vie des citoyens.

M. Mohamed Ould Brahim Ould Seyed a souhaité que les problèmes relatifs aux aménagements, aux engrais, aux équipements de moissonnage et à la commercialisation des produits agricoles trouvent des solutions rapides et appropriées.

Pour sa part, le maire de Rosso, M. Bamba Ould Darmane, a souligné que le lancement de ce vaste programme d’aménagement agricole par le Président de la République reflète l’intérêt particulier que Son Excellence accorde au développement du pays et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Le maire a émis le souhait que les pouvoirs publics trouvent des solutions aux problèmes d’insuffisance des services de santé et de déficit d’eau et d’électricité dans certains quartiers de Rosso.

Le porte-parole des agriculteurs, Brahim Ould N’Dary, a exprimé son appréciation positive pour le mode de gouvernance du Président de la République qui a conduit à l’apaisement politique, le renforcement de la cohésion sociale et le démarrage de nombreux grands projets structurants sur la voie d’un développement harmonieux et durable.

Certains autres agriculteurs ont demandé la révision des mécanismes et conditions de financement de l’agriculture de manière à ce que soient proposés des crédits à moyen et à long terme et qu’il y ait plus de souplesse dans leurs procédures.

D’autres ont soulevé des problèmes inhérents au financement nécessaire pour le développement du secteur agricole appelant à un mécanisme permettant d’accorder des crédits à moyen et long termes afin de pouvoir réaliser les réformes nécessaires.

Ils ont mis en exergue les difficultés liées aux crédits à court terme disponibles et plaidé pour davantage de souplesse dans son acquisition. De même, ils ont souhaité la création d’un crédit agricole géré de manière rationnelle et sécurisée avec un mécanisme de gestion identique à celui en vigueur dans les pays voisins

Certains intervenants ont souligné les contraintes liées à l’absence des capitaux et des crédits équitables avec un encours modéré, appelant l’Etat à supporter une partie des charges afférentes à l’électricité, à subventionner le prix des engrais, des hydrocarbures et à réduire les prix des moissonneuses et des semences.

Ils sont également souligné l’intérêt de la mise en place d’un mécanisme d’exportation du riz vers les pays voisins.

Au sujet des problèmes posés aux coopératives villageoises, des intervenants ont appelé à leur soutien par le biais des crédits concessionnels, la résolution du problème de la maintenance et la réparation des engins dont l’acquisition a couté chère aux petits agriculteurs alors qu’ils ont été sans résultats significatifs.

S’agissant des aliments de bétail, des intervenants ont plaidé pour la réduction de leurs prix pour les transhumants et le soutien de la culture fourragère et l’amélioration de capacités des éleveurs.

Quant à l’agriculteur Sow, il a apprécié les réalisations opérées dans le secteur agricole et appelé à l’unification et la réduction des frais de récolte et la mobilisation des engins de l’Etat capables de remplir cette tâche avec un tarif accessible pour tous.

Il a, enfin, sollicité la baisse du coût d’électricité et d’eau pour les agriculteurs afin qu’ils puissent améliorer le produit et accroitre leur productivité.

Pour l’agricultrice Fatima Diallo, l’Etat doit subventionner l’eau, l’électricité et les emences.

Elle a appelé à l’équipement des coopératives villageoises en matériels et à leur faciliter l’accès à la propriété foncière pour l’exploitation des terres cultivables.

Abondant dans le même sens, l’agriculteur Bouh Ould Maayouf, président de l’association « Kweir », a mis l’accent sur la nécessité de trouver des solutions aux problèmes que vivent les agriculteurs et de subventionner les intrants agricoles.

De son côté, l’agriculteur Sidi Ould Cheikh Sidiya, a souligné les liens corolaires entre l’agriculture, le développement et la vie décente. De même il a appelé le Président de la République à renforcer les infrastructures, à réduire les charges de la production et soutenir les coopératives villageoises.

Pour sa part, l’agriculteur Moulay Ould Moulay Oumar, a appelé à la création d’une autorité en charge de l’organisation des marchés agricoles regroupant l’Etat et les intervenants dans le secteur agricole afin d’assurer le suivi de la saison, résoudre les problèmes et mettre sur pied des pôles pour la préservation des zones de production ainsi que l’organisation d’une foire agricole à Rosso pour évaluer la saison précédente.

Les autres intervenants ont abondé dans le même sens et appelé à l’amélioration du maraichage et son soutien par l’offre des charrues.

La réunion s’est déroulée en présence du wali di Trarza, du président de son conseil régional et des ministres du développement rural, de l’eau et de l’assainissement, de l’équipement et des transports et de l’environnement et du développement durable et du directeur de cabinet du Président de la République, du délégué générale à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion (Taazour) des conseillers et charges de mission à la Présidence de la République.