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Mauritanie: une commission parlementaire chargée de « faire la lumière » sur les années Aziz

31 JANVIER 2020 À 13H13 PAR AFP

Les députés mauritaniens ont mis en place une commission d’enquête pour « faire la lumière » sur les 11 années au pouvoir de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont la disgrâce s’accentue six mois après avoir passé le relais à son ancien bras droit. Approuvée dans la nuit de jeudi à vendredi, la commission d’enquête parlementaire bénéficie du soutien du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR).L’UPR a été fondée en 2009 par M. Aziz, mais est à présent entièrement contrôlé par son successeur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à la tête de cet état d’Afrique du nord-ouest depuis août.La commission va s’intéresser à sept dossiers emblématiques de l’ère Aziz, dont la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l’Etat à Nouakchott –dont des écoles publiques– et la liquidation d’une société publique, Sonimex, qui assurait l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires, selon le texte de la résolution votée à l’unanimité des députés.L’ex-président Aziz est arrivé à la tête de la Mauritanie par un putsch en 2008, avant d’être élu et réélu en 2009 et 2014.Il avait désigné comme dauphin l’ancien chef d’état-major et ministre de la Défense Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, facilement élu en juin. Vendredi, l’ancien président n’avait pas encore réagi à la création de cette commission d’enquête qui va également se pencher sur « le marché de la gestion du quai des conteneurs du port de Nouakchott » et les activités d’une société chinoise de pêche, Pully Hong Dong. Le quai à conteneurs du port de Nouakchott avait été attribué dans des conditions « troubles » à une société inconnue du public, Arise Mauritanie, ont récemment accusé des députés de l’opposition.Pully Hong Dong, installée à Nouadhibou, ville côtière du nord-ouest, en 2010 pour une durée de 25 à 50 ans, devait faire travailler 2.500 personnes, créer de nouvelles infrastructures et des usines, dont une de fabrication de farine de poisson, mais « rien de tout cela n’a été fait », ont accusé ces députés.La commission entre dans le cadre du « contrôle de l’action du gouvernement par le parlement » et son souci est « l’instauration d’une bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique », indique la résolution.Elle constitue « une première dans notre système démocratique et nous avons bon espoir que les résultats qui en sortiront donneront satisfaction à tout le monde », a déclaré vendredi à l’AFP l’opposant et député Mohamed Ould Moloud. Sa création accentue le divorce entre l’ex-président Aziz et son successeur, qui fut l’un de ses plus fidèles compagnons. En décembre, M. Aziz, qui n’a pas caché sa colère, a été évincé de la direction de l’UPR au profit d’un fidèle de M. Ghazouani, l’ancien ministre Sidi Mohamed Ould Taleb Amar.

Africa Radio