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Mauritanie : une commission parlementaire chargée de “faire la lumière” sur les années Aziz

Les députés mauritaniens ont mis en place une commission d’enquête pour “faire la lumière” sur les 11 années au pouvoir de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont la disgrâce s’accentue six mois après avoir passé le relais à son ancien bras droit.
Approuvée dans la nuit de jeudi à vendredi, la commission d’enquête parlementaire bénéficie du soutien du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR).

L’UPR a été fondée en 2009 par M. Aziz, mais est à présent entièrement contrôlé par son successeur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à la tête de cet état d’Afrique du nord-ouest depuis août.

La commission va s’intéresser à sept dossiers emblématiques de l‘ère Aziz, dont la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l’Etat à Nouakchott —dont des écoles publiques— et la liquidation d’une société publique, Sonimex, qui assurait l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires, selon le texte de la résolution votée à l’unanimité des députés.

L’ex-président Aziz est arrivé à la tête de la Mauritanie par un putsch en 2008, avant d‘être élu et réélu en 2009 et 2014.

Il avait désigné comme dauphin l’ancien chef d‘état-major et ministre de la Défense Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, facilement élu en juin.

Vendredi, l’ancien président n’avait pas encore réagi à la création de cette commission d’enquête qui va également se pencher sur “le marché de la gestion du quai des conteneurs du port de Nouakchott” et les activités d’une société chinoise de pêche, Pully Hong Dong.

Le quai à conteneurs du port de Nouakchott avait été attribué dans des conditions “troubles” à une société inconnue du public, Arise Mauritanie, ont récemment accusé des députés de l’opposition.

Pully Hong Dong, installée à Nouadhibou, ville côtière du nord-ouest, en 2010 pour une durée de 25 à 50 ans, devait faire travailler 2.500 personnes, créer de nouvelles infrastructures et des usines, dont une de fabrication de farine de poisson, mais “rien de tout cela n’a été fait”, ont accusé ces députés.

La commission entre dans le cadre du “contrôle de l’action du gouvernement par le parlement” et son souci est “l’instauration d’une bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique”, indique la résolution.

Elle constitue “une première dans notre système démocratique et nous avons bon espoir que les résultats qui en sortiront donneront satisfaction à tout le monde”, a déclaré vendredi à l’AFP l’opposant et député Mohamed Ould Moloud.

Sa création accentue le divorce entre l’ex-président Aziz et son successeur, qui fut l’un de ses plus fidèles compagnons. En décembre, M. Aziz, qui n’a pas caché sa colère, a été évincé de la direction de l’UPR au profit d’un fidèle de M. Ghazouani, l’ancien ministre Sidi Mohamed Ould Taleb Amar.

AFP via koumpeu