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L’interminable crime

Vendredi, 07 février. Je suis attablé, avec quelques amis, au café Tunisie de Nouakchott. Il était 21 heures, 22 heures…je ne me souviens l’heure exacte. C’était un moment où les enfants sont blottis au chaud entre pères, mères, frères, sœurs…
Nous discutons du Coronavirus. Sur le trottoir, au bord du goudron, est couché un petit « talibé » de 6 ou sept ans.
Un des amis attire notre attention sur le petit. Je me dirige Vers lui, suivi de Mohamed Lemin Mahmoudi.
Je pose ma main sur son front très chaud.
-Comment tu t’appelles ?
-Moussa
-Moussa, tu es malade, lève-toi et retourne chez toi.
Le petit ne répond pas.
-Ou se trouve ton maitre de Coran ?
-A la Medina R.
-Pourquoi tu ne veux pas rentrer

  • MI timinani (je n’ai aps encore l’argent au complet)
    -Alors, je vais te compléter l’argent et te ramener à la Medina R
    Le petit qui était assis, se couche et dit « je vais dormir… »
    Avec un sentiment d’impuissance certainement, nous retournons vers la table.
    « Il a la fièvre ? » me demande quelqu’un. Je réponds : « c’est un enfant abandonné. C’est ça sa grande fièvre. »
    La priorité proclamée du pouvoir, de tous les pouvoirs, c’est la protection des plus vulnérables. Y a-t-il plus vulnérable qu’un enfant seul, malade, abandonné sur un trottoir…

Khalilou Diagana