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Belle, mais pas nationale.

Sidi Mohamed Ould Maham
Sidi Mohamed Ould Maham

Entre francophiles et francophobes le francophone ne sait plus où donner de la tête. Pour les premiers la langue de Molière à tous les droits que puisse avoir un maître sur son esclave. Pour les seconds elle est tout simplement bonne à être privée de son droit élémentaire à pousser, vu qu’ elle ressemble à ces plantes vénéneuses qui ne prennent racine quelque part que pour rendre le sol inapte à la reproduction, et au renouvellement de sa faune et de sa flore. Heureusement qu’ils ne sont pas les seuls à avoir trempé leur plume pour défendre ou attaquer la langue française. D’autres intellectuels d’horizons  divers plus modérés et moins passionnés ont mis chacun son grain de sel à ce débat. L’un d’eux Sidi Mohamed Ould Maham, auteur du texte ci-dessous, l’a sans concession ni complaisance défini d’outil de communication et de langue d’ouverture. Une place de choix qui ne la hisse pas au rang de langue nationale. Pour l’auteur, qui est un fin, lettré, il s’agit de ne pas prendre en bonne ou en mauvaise part tout ce qui fut dit sur cette langue, qui est en définitive …   DaD.

                                                          Belle, mais pas nationale.

‘’Pour nous mauritaniens, l’importance de la langue française, qui porte en elle des valeurs de liberté, et une ouverture sur l’une des plus prestigieuses et des plus riches cultures du monde, n’est plus à démontrer. L’outil de communication, et la langue d’ouverture qu’est le français n’est pas à confondre avec la France, puissance coloniale à visées expansionnistes. Il n’est pas juste d’imputer à cette belle langue ce que nous peuples colonisés avons subi sous le joug du colonialisme français. Nous devons nous garder de découvrir la langue française à travers le prisme déformant que nous empruntons habituellement pour promener un regard rétrospectif sur les méfaits du colonisateur, de son armée, et de son administration. Et sur leurs séquelles qui lèsent durablement notre présent, et notre avenir. Au contraire il faut voir en elle l’une des plus importantes langues vivantes de ce monde. Son enseignement au même plan que l’anglais l’espagnol, le mandarin et les autres langues vivantes, est un acquis aux bienfaits incalculables. Toutefois pour nous autres mauritaniens, cela ne lui confère pas le statut de langue nationale. Nos langues nationales restent la fierté de chacun d’entre nous, elles nous apportent cette touche de charme et de grandeur qui nous distingue des autres, et qu’aucune autre langue au monde ne peut nous faire arborer. Elles sont pour nous ce que l’aurore et l’étoile du matin sont pour les contemplateurs, et surtout elles portent en elles cette signification qui anime de vie salvatrice aussi bien notre espace culturel, que les espaces culturels adjacents. En conclusion, il est donc inconcevable que nous adoptions comme langue nationale une langue étrangère dont nous ignorions tout voila moins d’un siècle. Dites d’elle en bien comme en mal tout ce que vous voudrez, mais de grâce n’en faites pas une langue nationale, c’est une réalité qui ne lui collera jamais. ‘’

Traduit par : Deddah Ould Abd-Daim