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Pour Macron, la Russie va « continuer à essayer de déstabiliser » les démocraties occidentales

Macron exige des Etats du Sahel un discours sans ambiguïté sur Barkhane
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Emmanuel Macron a conditionné mercredi le maintien de l’opération Barkhane à une clarification des pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) sur la présence militaire de la France dans la région, où les forces françaises sont parfois dénoncées comme une « armée d’occupation ». /Photo prise le 4 décembre 2019/REUTERS/Christian Hartmann CHRISTIAN HARTMANN

Depuis Munich, où se tient la conférence sur la sécurité, Emmanuel Macron a pointé la Russie du doigt et souhaité engager le dialogue avec elle pour éviter une escalade.
Le président français Emmanuel Macron a estimé samedi que la Russie « allait continuer à essayer de déstabiliser » les démocraties occidentales en s’ingérant dans leurs élections et en manipulant les réseaux sociaux. « Je pense que la Russie continuera à essayer de déstabiliser, soit (via) des acteurs privés, soit directement des services, soit des « proxies » (intermédiaires, ndlr) », a-t-il dit lors de la conférence sur la sécurité de Munich. « Elle continuera d’être un acteur extrêmement agressif sur ce sujet dans les prochains mois et les prochaines années et dans toutes les élections, elle cherchera à avoir des stratégies de la sorte ou elle aura des acteurs » agissant pour son compte, a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a noté au passage que ces manipulations n’étaient pas le seul apanage de la Russie. « Des acteurs conservateurs de l’ultradroite américaine ont été intrusifs dans des élections européennes », a-t-il pointé, en référence à des soutiens du président Donald Trump. « Face à ces attaques, nous avons très peu d’anticorps », a-t-il concédé. Il faut, selon lui, « renforcer les défenses technologiques, les coopérations entre services » occidentaux afin d’identifier et « d’attribuer » ces attaques qui restent souvent anonymes.

« Je ne suis pas prorusse, je ne suis pas antirusse, je suis pro-européen ! »
« Des acteurs privés utilisent des technologies de + deep fake +, manipulent, pénètrent, diffusent de l’information à très grande vitesse de toutes natures, sans traçabilité, dans des systèmes démocratiques hypermédiatisés où tout se sait tout de suite, avec un effet d’émotion et d’intimidation », a-t-il déploré.

Une offre de dialogue avec Moscou
Sur ce sujet comme sur les autres, l’Europe doit dialoguer avec la Russie, aboutir à des « stratégies de désescalade » et à une « transparence commune », a plaidé Emmanuel Macron dont la politique de rapprochement avec Moscou suscite de nombreuses inquiétudes en Europe, notamment à l’Est. « Je ne suis pas prorusse, je ne suis pas antirusse, je suis pro-européen ! », a-t-il martelé.

Concernant l’offre de dialogue avec Moscou, « ce que j’ai proposé, ce n’est pas de dire soudainement « les choses vont changer, vous allez voir, embrassons-nous » », a-t-il plaidé. « On est exigeant, on ne cède rien sur nos principes mais on réengage le dialogue qui va prendre du temps, on réengage un dialogue stratégique parce qu’aujourd’hui la situation dans laquelle on est est la pire », a-t-il ajouté.

ave Agences