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Enquête Sur le Soutien d’un Haut Cadre du Département d’Etat Américain Pour le Maroc !

Afin de veiller à la stabilité du Sahel et de venir à bout des violences djihadistes et des conflits inter communautaires dans cette région, nos collègues de TV Maghreb ont publié un excellent article confirmant que le Département d’Etat américain vient de nommer Peter Pham, ce Dimanche 8 Mars 2020, en qualité de tout premier émissaire pour la région du Sahel, afin de : ”soutenir les efforts diplomatiques américains pour la sécurité et la stabilité”, comme tweeté par Morgan Ortagus, la porte-parole du département d’Etat.

Le Journaliste Bachir Outaghani, auteur de l’article, affirme que dans ce même département, Peter Pham s’occupait depuis Novembre 2018 de la région des Grands Lacs en Afrique de l’Est, tout en étant vice-président du cercle de réflexion Atlantic Council à Washington, dont il dirige le programme pour l’Afrique et dont la ligne est clairement pro marocaine.

Peter Pham – Envoyé spécial du Département d’Etat américain au Sahel

Peter Pham, farouche opposant de la cause du Peuple Sahraoui et de son indépendance, s’attendait, en Août 2017, à être nommé sous-secrétaire d’Etat chargé de l’Afrique, sans succès. L’Administration américaine lui avait préféré le Diplomate Donald Yamamoto, au grand désarroi du Royaume Chérifien.

Selon l’auteur de l’article, le Makhzen, après la disparition du sénateur John Mc Cain, avait fondé tous ses espoirs sur la possible nomination de Peter Pham, auteur de plusieurs essais soutenant les thèses expansionnistes du Maroc, en parfaite contradiction avec les principes fondamentaux issus du droit international, relatifs à l’Autodétermination des peuples et à l’intangibilité des frontières !

Un soutien au très controversé plan marocain d’autonomie du Sahara Occidental par un collègue de Mike Pompeo : Secrétaire d’Etat américain, qui ne passe visiblement pas aux yeux des représentants du Peuple américain. Qu’on en juge. En Janvier 2019, poursuit le journaliste de TV Maghreb, le sénateur américain Cory Booker, membre de la commission sénatoriale des relations étrangères et haut démocrate du sous-comité sur l’Afrique, avait envoyé une lettre à Mike Pompeo, exprimant ses préoccupations concernant un probable conflit d’intérêts par Peter Pham, alors en charge de la région des Grands Lacs d’Afrique.

Les préoccupations de Booker concernaient le maintien de l’emploi de Peter Pham à l’Atlantic Council, un groupe de réflexion où Pham est vice-président pour la recherche et les initiatives régionales et directeur du Centre Afrique. En effet, l’Atlantic Council accepte les contributions de divers donateurs, notamment des gouvernements étrangers, des sociétés et des particuliers, ce qui sous-entend que Peter Pham pourrait être sous influence de ces donateurs, à qui il devra une infinie reconnaissance… Le rédacteur de l’article rappelle qu’une clause de la constitution américaine interdit aux personnes occupant des emplois publics d’accepter de l’argent de gouvernements étrangers.

Or, Peter Pham avait pris part une conférence de l’Atlantic Council au Maroc, parrainée et financée par l’Office Chérifien des Phosphates propriété du Roi Mohamed VI, alors qu’il aurait dû se trouver au même moment en République Démocratique du Congo, où se tenaient les élections tant attendues de Décembre 2018…

Une entorse à sa mission et à son engagement dans la région des Grands Lacs, pour lesquels il a été mandaté par l’Administration américaine, que dénonce Cory Booker, tout en demandant à l’Administration si l’embauche du Dr Pham a pris en considération ses revenus financiers et si son poste au Conseil de l’Atlantique respectait l’accord d’éthique du Département d’État !

Le peuple américain mérite de savoir si ses diplomates servent les intérêts américains – et non ceux des gouvernements ou des sociétés étrangères“, pouvait-on lire dans la lettre du Sénateur Booker. La région des Grands Lacs est une zone cruciale et stratégique du continent africain et elle mérite l’attention d’un diplomate chevronné qui se consacre à soutenir activement sa paix et sa stabilité à long terme’’. ‘’En outre, en effectuant une surveillance rigoureuse des ressources privées dans le domaine de la diplomatie, nous pensons que les pratiques de rémunération en jeu comme dans celles soulevées par l’emploi simultané du Dr Pham n’ont pas leur place dans la politique étrangère américaine.’’ Poursuit Brooke dans sa lettre.

Et dans ses prédictions, l’expert Peter Pharm qui dénigre par ailleurs l’Algérie, va multiplier les erreurs de jugement. Au mois de Février 2017, il soutenait l’intégration du Maroc au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), affirmant que cela constituait une démarche ‘’naturelle’’ visant à formaliser une relation des plus fructueuses entre le Royaume et ce groupement régional africain.

Or après trois années, la demande marocaine d’intégration à la Cédéao est tombée à l’eau, le bloc ouest africain ignorant la supplique du Makhzen lors de tous ses sommets. La raison ? le Nigéria. Abuja est en effet un poids lourd de la Cédao et un sérieux allié …du Front Polisario, affirme BAchir Outaghani. Se demandant si cela pouvait vraiment échapper à la ”réflexion rémunérée” du Docteur Pham ? Étrange…

Par ailleurs, le Conseiller à la Sécurité Nationale du nouveau Président Trump, le lieutenant-général Michael Flynn, avait procédé à une réorganisation de son service en 2017. Les pays d’Afrique du nord, à l’exception de l’Egypte, allaient passer sous la coupe du Département Afrique plutôt que du Moyen-Orient.

L’ancien Directeur de la lutte antiterroriste en Afrique au Pentagone, le colonel à la retraite Rudolph Atallah qui fait également partie de l’Atlantic Council, avait alors indiqué : “cette nouvelle réorganisation est sans aucun doute de nature à s’inscrire en droite ligne des objectifs stratégiques à long terme du Maroc en Afrique, notamment avec le retour du Royaume au sein de l’Union africaine”. Rajoutant que : ‘’ “Le Maroc, a-t-il souligné, s’est toujours distingué par son approche proactive en matière de lutte anti-terroriste dont peuvent bénéficier grandement les pays africains’’.

Se saisissant de ces informations, avec toujours la même promptitude obséquieuse quand il s’agit du Maroc, Peter Pham, voulant jouer au porte-parole de la Maison Blanche, a donné une lecture bien personnelle de la disposition organisationnelle du lieutenant-général Michael Flynn, déclarant que : ”la visite de Mohammed VI à Addis Abeba, à l’occasion du sommet de l’Union africaine et du retour du Maroc au sein de l’organisation pan-africaine après une longue absence consécutive à une injustice historique perpétrée à l’égard du Maroc, souligne la justesse de cette nouvelle réorganisation du Conseil de sécurité nationale américain”… No comment !

Petit rappel du collaborateur du journal en ligne TV Maghreb, lieutenant-général Michael Flynn avait démissionné de la Direction de l’Agence du Renseignement de la Défense américaine en avril 2014, en raison du style de management chaotique et de la vision de l’agence qu’on lui reproche.

Au début de l’année 2017, il avait été à nouveau contraint de démissionner, pour avoir donné au vice-président Mike Pence des informations incomplètes sur ses discussions téléphoniques avec l’ambassadeur de Russie durant la période de transition et menti au FBI… Aussi certains observateurs s’interrogent, à juste titre, sur la nature des manœuvres ayant entouré la récente nomination de Peter Pham et du possible enrôlement de l’armée marocaine aux frontières de l’Algérie et du Sahara Occidental, sous couvert de lutte antiterroriste dans la région du Sahel.

Incapable de venir à bout du trafic de drogue comme elle s’y était engagée devant les instances internationales, gangrenée par la corruption, humiliée sur le terrain à plusieurs reprises par les forces armées du Polisario, inapte à recouvrir les présides de Ceuta et Melilla à l’Espagne, mal conseillée, Rabat, dans sa fuite en avant, se tourne dangereusement et inexorablement vers des pratiques qui pourraient fortement nuire à sa stabilité, poursuit le journaliste.

Comme le risque de soulèvement populaire généralisé, rapporté par les services de renseignements de Mohamed VI, qui aurait suivi la décision du Roi du Maroc à accepter la démarche entreprise par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et Mike Pompeo, à Lisbonne au Portugal, afin de conclure un accord tripartite par lequel les États-Unis reconnaîtraient la souveraineté marocaine sur le territoire contesté du Sahara occidental, en échange de la normalisation par le Maroc de ses relations avec Israël…

algerie7.com