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Coronavirus dans le monde : de plus en plus de pays optent pour un confinement strict

Désormais, plus d’un milliard d’habitants sont confinés à travers la planète, en raison de la pandémie due au coronavirus.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 01h51, mis à jour à 11h38

Le monde tente désespérément d’échapper à la tragédie vécue par l’Italie face au coronavirus en renforçant encore lundi 23 mars les barrages contre la pandémie et en accélérant les recherches pour des traitements ou des vaccins. Jour après jour, les continents se barricade un peu plus et près d’un milliard de personnes à travers la planète sont désormais assignées à résidence.

Recherches de vaccin partout dans le monde

Il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement agréé contre le virus, qui a tué à ce jour plus de 14 000 personnes et contaminé plus de 324 000 personnes dans le monde.

Mais les initiatives pour trouver un remède s’accélèrent. Un essai clinique européen a ainsi été lancé dimanche dans au moins sept pays du vieux continent pour tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus. Baptisé« Discovery », il va inclure 3 200 patients, soit bien davantage que les 24 qui ont testé la chloroquine, un antipaludéen potentiellement efficace contre le coronavirus sur lequel le président Donald Trump fonde beaucoup d’espoir.


Alors que les grands groupes pharmaceutiques se sont engagés à fournir un vaccin« partout dans le monde »– mais dans un délai de 12 à 18 mois minimum seulement –, la Chine a entamé de son côté lundi son premier essai clinique pour tester un vaccin. Tout comme la Russie, qui a annoncé avoir commencé à tester un vaccin sur des animaux. Les premiers résultats seront connus en juin.

Le monde se barricade

Parmi les derniers pays à obliger la population à se calfeutrer la Grèce(15 morts), en confinement à partir de lundi, mais aussi l’Arabie Saoudite, qui va imposer un couvre-feu nocturne pendant trois semaines, tandis que laNouvelle-Zélandeordonne à son tour un confinement général. Point commun entre ces deux derniers pays : ils ne recensent aucun décès mais cherchent à se protéger, notamment des cas importés.

Madagascar,qui compte 12 cas de Covid-19, a décrété le confinement, à compter de lundi, de la population des deux principales villes du pays, la capitale, Antananarivo, et Toamasina (Est). Dans ces deux régions, poumons économiques du pays, tout transport, sauf celui de marchandises, est interdit.

Très critiquée pour ne pas prendre assez au sérieux la pandémie, la mairie deMexicoa finalement ordonné la fermeture de certains établissements, dont les bars, les discothèques, les musées, les zoos, et les gymnases.

Dansle Golfe, les Emirats arabes unis se sont résolus à fermer les« malls », ces luxueux centres commerciaux habituellement très fréquentés par les habitants comme les touristes.

AuRoyaume-Uni, où le premier ministre Boris Johnson a mis en garde contre une accélération des contaminations, un projet de loi concernant des pouvoirs extraordinaires pour lutter contre le coronavirus doit être examiné lundi. Idem en France où le gouvernement se prépare à prolonger le confinement de la population au-delà de la date initiale de fin mars.

AuxEtats-Unis– où 416 personnes ont succombé au Covid-19 et plus de 33 000 été contaminées –, plus d’un tiers des Américains sont sujets à divers degrés de confinement, notamment dans les trois plus grandes villes du pays (New York, Los Angeles, Chicago). Les Etats-Unis se préparent également à une montée en puissance des cas avec la mise en place en urgence d’hôpitaux de campagne d’une capacité totale de 4 000 lits.

La Chine tente de prévenir l’importation de cas

Pour prévenir une deuxième vague de contamination à cause de cas« importés »(39 supplémentaires lundi), les passagers des vols internationaux à destination de Pékin devront à compter de lundi effectuer une escale préalable dans une ville chinoise afin d’y subir des examens médicaux. Deux mois jour pour jour après la mise en quarantaine de Wuhan, métropole de 11 millions d’habitants et berceau de l’épidémie, aucune nouvelle contamination n’y a été signalée lundi, et ce, pour le cinquième jour de suite.

Hong Kong n’est pas en reste, qui va interdire à tous les non-résidents arrivant par avion de l’étranger d’entrer sur son territoire à partir de mercredi.


Les bilans s’alourdissent

L’Italiecontinue à payer le plus lourd tribut, et de loin, avec 5 476 morts au total dont 651 morts en 24 heures selon le dernier bilan disponible dimanche. Une baisse néanmoins par rapport au pic de 793 morts la veille.

EnIran, un des pays les plus touchés avec la Chine, l’Italie et l’Espagne, les autorités ont annoncé lundi 127 décès supplémentaires, ce qui porte à 1 812 le bilan officiel.

Un premier cas officiel en Syrie

Un premier cas de contamination – officiel – a été recensé dimanche enSyrie,« une personne venue de l’étranger ». Le même jour, le ministère de l’intérieur annonçait la suspension de tous les transports en commun, publics et privés, dans les villes et la fermeture, à partir de mardi, des voies de transport reliant les provinces du pays.

Mais ce pays en guerre demeure un trou noir en matière d’information : le régime de Damas dément toute propagation sur son territoire, en dépit de sa proximité avec l’Iran, le pays le plus affecté par la maladie au Proche-Orient.

Le Japon envisage de reporter les JO

Signe de l’ampleur de la prise de conscience planétaire, le Japon envisage désormais, pour la première fois, de reporter les Jeux Olympiques d’été prévus en juillet.

Le président de la Fédération internationale d’athlétisme Sebastian Coe a demandé lundi au président du Comité international olypique (CIO) Thomas Bach de reporter les Jeux.«Reporter les Jeux olympiques, ce n’est pas comme décaler un match de football au samedi suivant», a prévenu ce week-end M. Bach, soulignant le défi auquel les organisateurs risquent de faire face en cas de report du plus grand évènement sportif mondial.

La situation des plus vulnérables particulièrement préoccupante

En Australie, où le spectre de la Grande dépression des années 1930 est désormais évoqué, d’immenses files de chômeurs se sont formées lundi devant les agences pour l’emploi au premier jour de la fermeture des pubs, casinos et salles de sport.«Une chose inimaginable il y a seulement quelques semaines», s’est alarmé le premier ministre Scott Morrison.

A Rio de Janeiro, le cri du coeur de Vania Ribeiro, responsable associative dans une favela, illustre la hantise d’une catastrophe sanitaire pour les plus pauvres :«On nous dit qu’il faut se laver les mains sans arrêt, mais comment faire quand l’eau courante est régulièrement coupée ? On ne va pas se laver les mains à l’eau minérale tout même!».

La situation des clandestins aux Etats-Unis, dont beaucoup ont déjà perdu leur travail, n’est guère plus enviable. Car les programmes d’aide sociale mis en place par le gouvernement américain ne s’appliquent pas à eux, pas plus qu’ils ne pourront se soigner faute d’assurance santé.

Les mesures économiques se multiplient

Le plan de relance de l’économie américainea buté dimanche sur un vote de procédure. Les républicains ont échoué à convaincre les démocrates de voter en faveur de l’ouverture des débats sur ce projet de loi, qui vise à mobiliser jusqu’à 2000milliards de dollars, ce qui aurait mené à un vote final à la chambre haute lundi.

L’Algériea décidé, dimanche, de réduire ses dépenses publiques et de revoir sa politique économique face à l’effondrement des cours du pétrole. Il a été annoncé la révision à la baisse de 30% du budget de fonctionnement de l’Etat – sans pour autant toucher aux salaires des fonctionnaires – ainsi que la réduction de la facture des importations de 41milliards à 31milliards de dollars (38 milliards à 28 milliards d’euros).

La banque étatique de développement BNDES duBrésilva injecter dans l’économie 55 milliards de réais (quelque 10milliards d’euros). Cette somme doit servir à financer durant six mois la suspension des paiements des intérêts et des crédits directs et indirects des entreprises brésiliennes au BNDES, et à augmenter son offre de prêts aux PME.

La banque centrale de Nouvelle-Zélande(Reserve Bank of New Zealand) a aussi annoncé un plan d’achat d’obligations de 30 milliards de dollars néo-zélandais (15,7milliards d’euros), dans le but de soutenir son économie.

Le Monde