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Coronavirus : la chloroquine testée avec prudence en Chine

Fabrication de chloroquine dans une usine pharmaceutique de Nantong, en Chine, le 27 février. FEATURE CHINA / BARCROFT MEDIA / GETTY IMAGES
Fabrication de chloroquine dans une usine pharmaceutique de Nantong, en Chine, le 27 février. FEATURE CHINA / BARCROFT MEDIA / GETTY IMAGES


Les chercheurs chinois ont été les premiers à rapporter des effets de l’ancienne molécule contre le SARS-CoV-2. Ils évaluent désormais l’intérêt d’une molécule proche, l’hydroxychloroquine.

Par Frédéric Lemaître Publié hier à 10h53, mis à jour à 02h17

Utilisée en Chine depuis les années 1950 essentiellement contre le paludisme, la chloroquine l’est également depuis quelques semaines pour combattre le Covid-19 mais avec précaution. En aucun cas, elle n’est présentée par Pékin comme le remède miracle contre l’épidémie. De fait, en février, un groupe de chercheurs de l’Académie des sciences a déclaré avoir utilisé avec succès la chloroquine contre la reproduction du SARS-CoV-2. Chen Caixian, un académicien, déclare le 12 février que la chloroquine « a de bonnes capacités antivirales contre le coronavirus évaluées in vitro ».

Elle a ensuite été testée auprès de 135 malades se trouvant dans une dizaine d’hôpitaux à Pékin et dans la province du Guangdong. 130 d’entre eux ne présentaient que des symptômes bénins ou modérés, cinq avaient des symptômes sévères. Selon Xu Nanping, vice-ministre des sciences et de la technologie, aucun des 130 patients n’a vu son état s’aggraver. Quatre des cinq patients gravement atteints ont pu sortir de l’hôpital et le cinquième a vu son symptôme régresser de « grave » à « normal ». Par ailleurs, un patient de 54 ans atteint du Covid-19 a été testé négatif après avoir reçu un traitement de phosphate de chloroquine a révélé, le 17 février, Sun Yanrong, la vice-directrice du centre de biologie du ministère des sciences et technologies.

Appel à la vigilance

Le 19 février, la Commission nationale de la santé a introduit la chloroquine parmi les remèdes préconisés pour combattre le coronavirus. Mais aucun des médicaments préconisés ne doit être pris durant plus de dix jours, précise-t-elle. Or, depuis, la Chine se montre prudente. Commentant les essais effectués, Zhong Nanshan, considéré depuis la crise du SRAS comme le principal épidémiologiste chinois, a expliqué que certes des patients avaient été testés négativement, mais que les résultats n’ont pas encore été confirmés par des expériences rigoureusement contrôlées et qu’il est trop tôt pour dire si le médicament est efficace.

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Le Monde