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Coronavirus: l’Afrique face à la pandémie le mercredi 25 mars

L’Afrique comptait, mercredi, 2 475 cas confirmés de coronavirus, une hausse de 20% en 24 heures. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 64 personnes sur le continent, selon cette agence technique, le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. 46 pays sur 54 sont touchés.

Premiers cas au Mali

Contrairement au Burkina Faso voisin, le pays le plus touché d’Afrique de l’Ouest, le Mali n’avait signalé aucun cas jusqu’à maintenant. Les deux premiers cas ont été confirmés mercredi : il s’agit d’une femme de 49 ans et d’un homme de 62 rentrés de France à la mi-mars, selon le ministre de la Communication, Yaya Sangaré.

En Mauritanie, un plan d’urgence pour 30 000 foyers pauvres

Dans un message à la nation ce mercredi soir, le président mauritanien a annoncé la création d’un fonds de solidarité nationale de 25 milliards d’ouguiyas pour financer la lutte contre le coronavirus et aider les plus pauvres à atténuer l’impact de cette pandémie.

À Maurice, des élus mettent la main à la poche

Le président de la République, Pradeep Roopun, les ministres et députés de Maurice, contribueront 10% de leurs salaires pendant un an à un fonds de solidarité. Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, annonce par ailleurs la distribution de denrées alimentaires, notamment de l’huile, de la farine et du riz, à 35 000 personnes démunies à partir de jeudi. Un couvre-feu total fait obligation à la population de rester à domicile 24 heures sur 24. Les épiceries et boulangeries sont fermées jusqu’aux 31 mars, mais non les pharmacies.

Confinement total en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud se prépare à passer trois semaines en confinement à partir de vendredi matin. Une mesure annoncée en début de semaine, alors que le nombre de cas de coronavirus augmente de plus en plus rapidement sur le territoire : déjà 709 recensés.

Les déplacements ne seront autorisés que sous certaines conditions strictes, comme aller se faire soigner, ou aller faire ses courses, rapporte notre correspondante Claire Bargelès. Les transports locaux ne pourront fonctionner que dans ce cadre, ainsi que pour permettre aux employés des entreprises autorisées à continuer leurs activités à se rendre sur leur lieu de travail, à certaines heures.

Mais certains sont dubitatifs, et n’entendent pas forcément respecter les mesures à la lettre, notamment dans les townships. Le gouvernement a déjà commencé à ajuster son discours : après avoir autorisé les sorties pour faire son jogging ou balader son chien, les autorités ont fait marche arrière, craignant les abus.

Des actions judiciaires pourrait aussi servir de dissuasion : deux hommes testés positifs ont été arrêtés pour avoir refusé de se mettre en quarantaine, et avoir peut-être contaminé d’autres personnes. Ils seront poursuivis pour tentative de meurtre, selon la police.

Confinement partiel en Namibie

Contrairement à l’Afrique du Sud, qui appelle au confinement de la population, le président Hage Geingob s’est contenté d’inviter les habitants des régions de Windhoek et de Walvis Bay à rester chez eux à partir de jeudi. Il leur est conseillé d’éviter les grands rassemblements. Les bars, shebeens et autres débits d’alcool seront fermés à partir de 18 heures.

Nouveaux cas au Sénégal

Treize nouveaux cas au Sénégal, portant leur nombre à 99 cas, dont 90 sous traitement. Dans le pays, la police a reconnu dans un communiqué des « interventions excessives » mardi soir, pour faire respecter le couvre-feu imposé de 20h à 6h du matin dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. Elle indique que des sanctions ont été prises. Des organisations de défense des droits de l’homme avaient un peu plus tôt dénoncé des violences policières dans la mise en œuvre de ce couvre-feu. Depuis lundi soir, l’état d’urgence est décrété sur tout le territoire.

Le professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Fann à Dakar, a annoncé utiliser la chloroquine (ou hydroxychloroquine) dans le traitement des patients. C’est ce que prône le professeur français Didier Raoult, né à Dakar. Dans une vidéo diffusée par le Centre des Opérations d’Urgences Sanitaires, Moussa Seydi fait part de « résultats encourageants », et indique que cette molécule sera « généralisée au niveau de tous les sites de prise en charge au Sénégal ». Le professeur Seydi appelle toutefois les populations à éviter l’automédication, la chloroquine étant « importante pour la survie de nombreux patients souffrant de maladies chroniques ».

RFI