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Coronavirus : les 4 scénarios possibles pour le Bac 2020


Cours à distance sur fond d’inégalité des chances… confinement qui risque de durer… les exams du Bac auront-ils lieu en juin ? Sous quelle forme ?

Face à l’évolution incertaine de la crise sanitaire du coronavirus… le Ministère planche sur divers scénarios concernant la reprise des cours en classe et la bonne tenue des examens du Bac 2020. 600 000 étudiants sont concernés chaque année par cet examen, mais aussi tout autant pour le Brevet qui dans le principe est aussi à risque.

Mercredi 25 mars à l’Assemblée Nationale – Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse répondait à une question d’un député sur la tenue des épreuves : « Pour le Baccalauréat je suis actuellement en discussion avec l’ensemble des organisations syndicales : pour arriver à une réponse d’ici une dizaine de jours sur les modalités que nous retiendrons aussi bien pour la date et la nature des épreuves ».

En attendant cette décision d’ici début avril, quels sont les scénarios discutés ? quelles sont les préoccupations des étudiants ? Prise en compte uniquement du contrôle continu, épreuves allégées, report, annulation totale : voici les options possibles pour les examens du Bac 2020…

1/ Un baccalauréat comme prévu en juin

Premier scénario optimiste : le maintien des épreuves en juin selon les dates du bac prévues – du 17 au 24 juin – c’est pour l’instant le scénario privilégié par le Ministère. Philippe Vincent, à la tête du principal syndicat de chefs d’établissement, le SNPDEN, juge encore techniquement possible cette tenue « Techniquement, c’est possible, car on récupère traditionnellement les sujets une dizaine de jours avant les épreuves, on organise les plannings début juin et on prépare les salles deux à trois jours avant les épreuves. »
Les révisions du bac doivent prendre en compte l’ensemble du programme, les cours ayant eu lieu à distance

2/ Prise en compte uniquement du contrôle continu ?

Deuxième scénario : un bac sur dossier. Il s’agit du scénario allant dans le sens de la réforme actuelle du Bac : favoriser une évaluation sur les notes de toute l’année et non celles d’un examen final. Ainsi, plus besoin de passer un examen physique, plus besoin d’organiser des déplacements de copies, profs, surveillants… et ainsi on éviterait la propagation du virus si il était toujours présent en juin.
Mais quelles notes prendre en compte : de la classe de Terminale, ou aussi de Première ? Pour beaucoup d’étudiants défavorisés, n’ayant pas de bonnes notes durant l’année, l’examen final est un réel tremplin ou révélateur. A noter : une pétition sur Change.org recueille 1000 signatures pour cette solution pourtant largement plébiscité sur Twitter.
En Angleterre et au Pays-Bas c’est ce scénario qui a été choisi : les épreuves finales ont été annulées. Le « A level » est annulé (équivalent anglais du bac en France) avec du coup la prise en compte du contrôle continu comme notation.

3/ Des épreuves allégées ?

Pour éviter de défavoriser les étudiants qui doivent étudier à la maison, les épreuves pourraient n’avoir lieu que sur une partie du programme (pré coronavirus – avant le 16 mars). Ou uniquement certaines matières seraient évaluées (de spécialités) et pas d’autres pour simplifier l’organisation.

Une pétition en ligne d’étudiants (signés par plus de 114 000 internautes) demande actuellement au Ministre d’alléger le programme pour faire face à cet imprévu qui vient s’ajouter aux autres problèmes déjà subis cette année : grève des transports, grèves des profs contre la réforme des retraites…

Le syndicat étudiant FIDL alerte notamment sur l’adaptation difficile des lycéens aux cours 100% à distance : problèmes d’accès, surcharge de travail, élèves notés absents lorsqu’ils ne sont pas connectés à l’heure sur l’ENT, 0 attribués par certains professeurs… pour eux le suivi des cours à distance et donc la préparation au Bac ne se fait pas sans soucis.

4/ Report des épreuves en juillet ou en septembre ?

Le Bac ne peut pas disparaitre totalement, priver de diplôme l’ensemble d’une génération serait un précédent et un trou béant sur le CV pour tous les étudiants… mais reporter en juillet ou en septembre l’ensemble des candidats serait une option envisageable en profitant de l’organisation chaque année de cette session de remplacement pour les étudiants empêchés en juin. les étudiants auraient ainsi plus de temps pour réviser et rattraper d’éventuels lacunes.
Mais ce scénario serait très difficile à gérer pour les établissements du supérieur (grandes écoles et universités, CFA…) qui attendent ce sésame pour inscrire les étudiants candidats.

Et vous, quel scénario ou quel Bac 2020 préféreriez-vous ?

Gabriel avec Lionel

© Le Parisien