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Coronavirus : en Italie, le nombre de morts paraît connaître une nouvelle envolée

Après dix-huit jours de confinement, le pays a comptabilisé 969 morts dans les dernières 24 heures. Pourtant, les données des derniers jours laissaient entrevoir le début d’une stabilisation.

Par Jérôme Gautheret Publié aujourd’hui à 01h21, mis à jour à 08h21

C’est un rituel qui s’est imposé au fil du temps dans la vie des 60 millions de confinés italiens. Toutes les fins d’après-midi, le morne cours du quotidien se charge progressivement d’un peu de tension, dans l’attente des chiffres rendus publics par la protection civile, qui tombent entre 17 heures et 18 heures.

D’un jour sur l’autre, bien sûr, ces informations brutes ne veulent pas dire grand-chose − d’ailleurs les communications officielles sont toujours assorties de longs commentaires, marqués par la plus grande prudence. Mais on ne peut pas s’empêcher d’y chercher, chaque jour, une vague raison d’espérer.

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Pour cette raison, le communiqué de vendredi 27 mars, après dix-huit jours d’un confinement suivi scrupuleusement par l’écrasante majorité des Italiens, avait quelque chose de désespérant. Avec 969 morts comptabilisés dans les vingt-quatre dernières heures − et même si 50 de ces victimes auraient dû être imputées au bilan de la veille, s’il n’y avait eu un problème de remontée des données du Piémont − un record depuis le début de l’épidémie, l’Italie compte désormais plus de 9 000 victimes. Et le total quotidien du nombre de morts paraît connaître une nouvelle envolée, alors même que les chiffres des derniers jours laissaient entrevoir le début d’une stabilisation.

Certaines tendances, pourtant, pourraient engager à l’optimisme, en particulier la décrue lente mais régulière du rythme de nouveaux cas diagnostiqués. Ainsi, avec un peu moins de 6 000 nouveaux cas enregistrés vendredi (soit 86 500 au total), le nombre de patients positifs n’a augmenté que de 7,4 %, ce qui est le taux de croissance le plus bas depuis le début de l’épidémie.

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Nul ne nie qu’en valeur absolue le nombre de patients positifs, particulièrement en Lombardie et en Emilie-Romagne, est sans doute bien supérieur, vu l’importance de la mortalité et l’absence des moyens de tester plus largement la population. Mais il n’en reste pas moins qu’une tendance continue au ralentissement, signe des bienfaits du confinement, se dessine depuis une semaine environ. D’ailleurs le nombre de morts augmente moins vite depuis quelques jours : ainsi le terrible chiffre de 969 décès représente-t-il une hausse de 12 % environ, bien loin des hausses de 25 % à 30 % par jour observées lors de la première semaine de confinement.

« Je ne vais plus chez le barbier… »

En début de soirée, le président de la République, Sergio Mattarella, d’ordinaire très économe de ses prises de parole publiques, s’est adressé à la nation pour affirmer que « les sacrifices des Italiens, acceptés avec un grand sens civique (…), commencent à montrer leurs premiers effets ». Beaucoup auront surtout retenu de cette rare intervention un petit extrait hors micro qui a circulé toute la soirée sur les réseaux sociaux et dans lequel le chef de l’Etat, à qui on faisait remarquer qu’il était un peu décoiffé, a lancé à son interlocuteur, avec un demi-sourire : « Eh oui, Giovanni, même moi, je ne vais plus chez le barbier… » Comment mieux rappeler que les contraintes du confinement valent pour tous ?

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