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Le coronavirus dans le monde : l’Europe et les Etats-Unis, épicentres durables de la pandémie


Les bilans quotidiens en Espagne et en Italie, qui concentrent plus de la moitié des morts de la planète, restent dramatiques malgré des semaines de confinement.

Le Monde avec AFP, AP et Reuters Publié aujourd’hui à 03h36, mis à jour à 17h27

Chaque jour apporte son lot de bilans en hausse en provenance des cinq continents : ceux des contaminations et des morts dus au Covid-19 dans des systèmes hospitaliers souvent saturés, à mesure que la pandémie touche de nouveaux territoires et que les tests de dépistage sont réalisés plus fréquemment.

Selon un dernier décompte réalisé par l’AFP, dimanche 29 mars, la pandémie due au coronavirus a fait plus de 31 000 morts dans le monde. Plus de 667 000 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 183 pays et territoires.

Plus de 3,4 milliards de personnes – soit 43 % des habitants de la planète – sont confinées à divers degrés dans près de 80 pays pour tenter d’endiguer la pandémie. C’est à ce jour l’un des seuls moyens trouvés pour tenter d’enrayer sa progression, faute de vaccin ou de traitement éprouvé pour en venir à bout.

Les nouveaux épicentres de la pandémie, amorcée en Chine en décembre 2019, sont désormais durablement implantés en Europe du Sud et aux Etats-Unis. Le continent européen est le plus durement touché et concentre deux tiers des décès mondiaux, l’Italie et l’Espagne étant les deux pays du monde les plus endeuillés.

  • L’Espagne a enregistré 838 morts, entre samedi et dimanche, un nouveau chiffre record de décès en vingt-quatre heures pour le troisième jour consécutif. Le pays, qui compte désormais plus de 6 500 morts, va durcir ses règles de confinement en vigueur depuis la mi-mars, déjà parmi les plus strictes, avec la fin de toutes les activités économiques « non essentielles » pendant deux semaines.
  • L’Italie est le pays qui compte le plus de morts, avec plus de 10 000 décès, selon un bilan datant de samedi. Le confinement, qui dure depuis trois semaines, commence cependant à montrer ses premiers effets, la contagion poursuivant son lent ralentissement.

Les chefs de gouvernement des deux pays – les premiers ministres Pedro Sanchez et Giuseppe Conte – ont appelé à davantage de solidarité européenne, notamment économique. « C’est le moment le plus difficile depuis la création de l’UE, et elle doit se montrer au rendez-vous », a déclaré l’Espagnol, alors que l’Italien demande « une réponse européenne, cohérente et vigoureuse ».

La France, l’Espagne, l’Italie et six autres pays de l’UE ont demandé la mise en place « d’une capacité d’endettement commune, quel que soit son nom, ou bien d’une augmentation du budget », selon Emmanuel Macron, ce que refusent pour l’instant l’Allemagne et les Pays-Bas.

Ces appels à la solidarité ne concernent plus le Royaume-Uni post-Brexit, qui se prépare, selon son premier ministre, Boris Johnson, à ce que « les choses s’aggravent avant qu’elles ne s’améliorent ». Dans le Sunday Times, l’épidémiologiste Neil Ferguson, de l’Imperial College de Londres, qui conseille le gouvernement, a estimé que le confinement devrait rester en place « probablement jusqu’à la fin mai, peut-être même début juin ». Le bilan a dépassé, samedi, les 1 000 morts.

Les Etats-Unis sont désormais le pays ayant enregistré le plus grand nombre de cas confirmés (121 117) et le nombre des morts a doublé depuis mercredi pour atteindre 2 010, selon le décompte l’université Johns Hopkins. Près de la moitié des cas de contaminations sont recensés dans l’Etat de New York, que le président Trump a envisagé de placer en confinement avant d’y renoncer.

Les Centres de contrôle et de prévention des maladies, autorité de santé nationale, ont finalement demandé aux habitants de New York, du New Jersey et du Connecticut « d’éviter tout voyage non essentiel durant les quatorze prochains jours », sans pour autant fermer leurs frontières. Malgré des mesures de confinement dans la région, des cas sont désormais recensés dans le centre du pays, et notamment dans les villes de Detroit et Chicago.

Selon Anthony Fauci, immunologiste et principal conseiller de Donald Trump cité par CNN, le nombre total de contaminations aux Etats-Unis devraient dépasser plusieurs « millions » et le nombre de morts être compris entre 100 000 et 200 000 :

« Les modèles donnent le pire et le meilleur des scénarios. Et généralement, la réalité se situe quelque part au milieu. Je n’ai jamais vu, parmi les maladies sur lesquelles j’ai eu à travailler, un modèle dont le pire des cas se réalisait. Ils sont toujours surestimés. »


  • La Russie et la Chine ferment leurs frontières, un confinement difficile au Proche-Orient et en Afrique

La Russie, dernier pays de premier plan à n’avoir encore pris aucune mesure de confinement généralisé, bouclera ses frontières à partir de lundi, après avoir ordonné la fermeture des restaurants et de la plupart de ses commerces avant une semaine chômée.

La Chine, berceau de l’épidémie, dont elle semble avoir endigué la progression sur son territoire, a temporairement fermé les siennes depuis samedi à la plupart des étrangers et réduit drastiquement ses vols internationaux pour prévenir une deuxième vague de contaminations via des cas « importés ».

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les mesures drastiques mises en place par des gouvernements se traduisent par des arrestations musclées et une surveillance électronique poussée. C’est le cas dans des pays comme la Jordanie, le Maroc, Israël, le Liban ou l’Algérie, qui restreignent les mouvements des populations quitte à restreindre aussi les mouvements prodémocratie qui s’y développaient.

Dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, les restrictions de déplacement et d’activité sont compliquées à mettre en œuvre et provoquent une vague d’exode urbain, notamment au Kenya, au Zimbabwe et à Madagascar, qui fêtera pour la première fois depuis 1947 l’anniversaire de son indépendance à huis-clos.

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