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Pas de peur avant la peur : Ghazouani doit convaincre les mauritaniens de ne pas avoir peur…

Vu d’Italiedans la situation que chacun sait,nous sommes sidérésde voir avec quelle nervosité anxiogène doublée d’une improvisation chaotique, le pouvoir mauritanien gère la sérieuse menace du Covid-19. On ne doute pas de la volonté de bien faire et dans cette gestion de crisetout n’est pas à jeter; reste l’essentiel qui est un fiasco : rassurer les mauritaniens….

Il n’y a pas encore d’épidémieen Mauritanie mais à suivre l’actualité et les mesures généreusesmais bancales, on a l’impression que le pouvoir panique face à une menace plus à craindre que le virus à savoir une panique généralisée de la population sachant que le confinement total qu’on a pu voir en Chine ou en Europeest impossible chez nousoù la majorité de la population vit au jour le jour sans parler du niveau d’éducation des uns des autres pour être en mesure de bien réaliser le danger et les mesures individuelles à respecter.A cela s’ajouteun mode de vie, une façon de manger ensemble, de boire le thé en vivant à plusieurs dans des endroits fermés qui n’arrangent pas la menace.

Que pouvait faire le pouvoirqu’il n’a pas fait ?Eviter les mesures précipitées incohérentes dès le début de la crise mondiale.Par exemple, interdire les vols vers Atar et les autoriser vers Nouakchott. Faire un confinement à la carte : enfermer les étudiants venant de Chine et laisser les délégations mauritaniennes se balader entre Rome et Nouakchott.Ensuitevouloir confiner ceux qui viennent d’Italie, de Chine et d’Iran en oubliant que les mêmes pouvaient passer par Paris, Las Palmas ou Dakar.De mêmequand il a été question de confiner ceux qui avaient la fièvre à l’arrivée à l’aéroport,rien n’a été faitconcernant ceux qui ont voyagé avec le malade.

C’est en ces moments de crise majeureoù un virus peut exterminerune partie de la population que nous avons besoind’un pouvoir stoïquequi incarne un sang-froid à toutes épreuves surtout que le risque mortel ne concerne pas toutes les tranches d’âge dans un pays où la majorité a moins de 30 ans.Etre calme ne suffit pas,prendre une batterie de mesures non plus si vues de près il ne s’agitque de passoires.

Un couvre-feu qui commence à partir de 18Het laisse la journée libreà chacun de vaquer à ses occupations dans la promiscuité totale que l’on sait dans nos pays dans les transports en commun, les marchés, les mosquées et même dans les domiciles où les employés plus pauvres permettentune circulation du virusaux quatre coins d’une ville.

Même d’un point de vue religieux ce fut too much d’interdire la prière à la mosquée le vendredi sans prendre le temps de faire les choses efficacement sachant combienle régime précédent a fanatiséles populations avec des islamistes aux aguets contre le pouvoir. Pourquoi n’avoir pas en amont discuté pour organiser d’abord des prières comme ailleurs dans le monde musulman respectant la distance de sécurité et en plein air le cas échéant ?Bilan, les audiosde certains guides attaquent le régime avec des arguments percutants qui font mouche aux oreilles des fidèles souvent pauvres sachantque chez nous dès l’enfanceon nous explique que la vie ne vaut la peine d’être prise pour plus qu’elle n’est à savoir pas grand-chose. Tout nous inviteà endurer pour partirde ce bas-monde le plus vite possible.

Il fallait tenir un discours de vérité aux mauritaniens pour les rassureren leur présentant les étapes à venir en fonction de l’évolution de la situation sanitaire et les préparer à tout.Eviter l’incohérence, éviter les mesures inefficaces anxiogènes et s’adapter à l’actualité scientifique. Comment imaginer qu’à cette heurele ministre de la santé n’ait pas ditun mot à propos de faire des stock d’hydroxychloroquine pour rassurer les populations ?Incroyable.

De même sion peut comprendre que la Mauritanie n’a pas les moyens de rapatrier tous les mauritaniens du globe,comment comprendrequ’on laisse 200 de nos compatriotes se plaindre de l’autre côté à Rosso Sénégal en voulant rentrer chez eux ? On ne parle pas des mesures de la BCMpour faire un cadeau aux banquiersqui ne financent aucune économie nationale sinon les entreprises de leurs groupes en prêtant aux citoyens à des taux de 12% qui ne peuvent servir qu’à la consommation de bienssans créer la moindre entreprise viable. Sans parler du délire du ministre des pêches qui parle de faire un stock de 10.000 poissons comme si la famine guettait les mauritaniens alors que nous avons des centaines de milliers de têtes de bétail qui pourrontéventuellement être réquisitionnés.

Que penser de cette course aux dons pour le fonds de solidarité ?A-t-on besoin de la pension de Sidi Cheikh Abdellahi ? Ne sommes-nous pas un état riche de tout, or, fer, poissons etc et même sans ça, nos riches frères arabes nous laisseraient-ils crever de faim et de maladie sans parler des autres partenaires ?

Il faut être sérieux, rassurer les populations, les inviter à ne pas avoir peur grâce à des mesures cohérentes et les préparer à toute éventualité…

Parfois juste quelques mesures indispensables, c’est plus rassurant qu’une démesure de mesurettes sans le sens de la mesure…

Ahmed Ould Soueid Ahmed

chezvlane