Catégories
International

Coronavirus : plus de 60 000 morts en Europe, dans l’attente d’un pic qui ne vient pas

Les bilans sont à la hausse au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Pour l’OMS, « il est temps de doubler et de tripler nos efforts collectifs » et non d’évoquer un déconfinement.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 00h53, mis à jour à

Les deux versants de la pandémie mondiale sont illustrés, mercredi 8 avril, par les situations opposées aux Etats-Unis en en Chine. D’un côté les Etats-Unis, qui viennent d’enregistrer près de 2 000 morts en vingt-quatre heures, qui connaît un nombre record de contaminations et qui se prépare à des semaines, de l’aveu des autorités elles-mêmes, très difficiles.

De l’autre, la ville chinoise de Wuhan, lieu de départ de l’épidémie, qui commencé à retourner à la normale, avec la levée des mesures de bouclage en vigueur depuis onze semaines.

La pandémie a fait plus de 82 700 morts, dans 192 pays, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse (AFP) à partir de sources officielles. Mais ce comptage est en dessous de la réalité, puisque de nombreux morts hors des hôpitaux ne sont ni testés ni comptabilisés, par exemple aux Etats-Unis, où les règles varient d’une juridiction à une autre.

Le commerce mondial en panne

Le commerce mondial devrait enregistrer en 2020 une contraction comprise entre 13 % et 32 % en 2020, supérieure à celle causée par la crise financière de 2008, sous l’effet de la pandémie qui a fortement ralenti les échanges, a estimé mercredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et qui pourrait entraîner « la plus profonde récession économique de notre existence », a prévenu le patron de l’OMC.

Déjà entravés par les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et les incertitudes autour du Brexit, les échanges commerciaux devraient accuser une baisse à « deux chiffres » dans « presque toutes les régions » de la planète, avec une correction particulièrement sévère des exportations de l’Amérique du Nord et de l’Asie, selon les économistes de l’organisation.

L’Europe attend un pic de l’épidémie, qui ne vient pas

L’Europe, le continent le plus touché, avec plus de 60 000 morts et 750 000 cas selon un comptage de l’Agence France-Presse (AFP), attend la stabilisation du nombre de morts quotidiens. Pour la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la situation est encore « très préoccupante », malgré les quelques « signes positifs » de ces derniers jours, et il n’est pas l’heure de penser à une baisse des restrictions pour la population alors « sept des dix pays les plus touchés dans le monde sont situés dans la région européenne ». « Ce n’est pas le moment d’assouplir les mesures. Il est temps de doubler et de tripler une fois de plus nos efforts collectifs », a affirmé un porte-parole de l’organisation lors d’une conférence de presse.

D’un jour à l’autre les bilans fluctuent dans les pays où les systèmes hospitaliers sont à bout :

-L’Espagne recense, mercredi, 757 morts de plus, deuxième jour de hausse après quatre jours consécutifs de baisse, ce qui porte le total à 14 555. Avec les dépistages positifs supplémentaires (6 180, pour un total de 146 690), ces deux indicateurs sont supérieurs à ceux de mardi.

-L’Italie déplore 542 nouveaux morts dus au coronavirus, mercredi, pour un total de 17 669 personnes tuées par le Covid-19. Le bilan représente une baisse par rapport à mardi, quand 604 morts supplémentaires avaient été enregistrés en 24 heures. 3 693 malades sont en soin intensif, et 2 099 sont sortis guéris de l’hôpital depuis mardi. « Un record » sur 24 heures, s’est félicité le chef de la protection civile Angelo Borrelli.

-Le Royaume-Uni a enregistré 938 morts du nouveau coronavirus en 24 heures, portant le bilan total de la pandémie 7 097 décès pour 60 733 personnes officiellement contaminées, a indiqué mercredi le ministère de la santé. Le premier ministre Boris Johnson, toujours hospitalisé, est dans un état qui « s’améliore » selon son cabinet.

– En Allemagne, le nombre de décès est faible, en comparaison (1 861, dont 254 en vingt-quatre heures) mais à tendance à s’accélérer, alors que le nombre de cas dépasse les 103 000.

-Les Etats-Unis, pays le plus touché de la planète

Les Etats-Unis ont dépassé mercredi la barre des 400 000 cas recensés de nouveau coronavirus, selon le comptage de l’université américaine Johns Hopkins actualisé en continu. La pandémie a fait au moins 12 912 morts dans le pays, en passe de devenir le nouvel épicentre de la maladie. Le cap des 300 000 cas déclarés y avait été franchi samedi.

Le président américain, Donald Trump, a justifié cette évolution dans sa conférence de presse quotidienne sur la crise, mardi, évoquant quelque 1,8 million de tests effectués à ce jour dans le pays « plus que n’importe quel autre pays dans le monde, et je pense que c’est probablement pourquoi nous avons plus de cas ». Il s’en est aussi pris à l’Oganisation mondiale de la santé (OMS), qui, selon lui, « s’est vraiment plantée. Etrangement, ils sont largement financés par les Etats-Unis et pourtant très centrés sur la Chine ».

« Ne politisez pas le virus », lui a répondu mercredi Tedros Adhanom, le directeur général de l’OMS. Tout en remerciant le président américain pour le « généreux soutien » des Etats-Unis à l’organisation, M. Adhanom a appelé les Etats-Unis et la Chine à s’unir contre le coronavirus lors d’une visioconférence de presse.

 Fin de la quarantaine de la ville de Wuhan, épicentre de la pandémie

Wuhan, ville chinoise de 11 millions d’habitants où est apparu le coronavirus, a été la première du monde à subir un confinement draconien. C’est de loin l’endroit le plus endeuillé par l’épidémie en Chine, avec plus de 2 500 morts, même si ces chiffres – le bilan pour tout le pays est de 3 333 décès et plus de 81 000 contaminations – sont remis en cause.

Plus de soixante-seize jours après le début du confinement, les restrictions de voyager ont été levées, et des dizaines de milliers de personnes ont quitté la ville par voiture, train et avion.

Mais le confinement général n’a pas été annulé, et de nombreux contrôles restent en place. Seules les personnes certifiées en bonne santé peuvent sortir : chaque personne souhaitant quitter la ville devra se soumettre à des contrôles de température et montrer sur son smartphone un code QR vert. Délivré par les autorités, il permet de certifier que l’on n’est pas atteint par le Covid-19 et que l’on n’habite pas dans un quartier toujours considéré à risque. La crainte des autorités chinoises, comme dans d’autres pays d’Asie, est de subir une deuxième vague de contaminations.

  • Plus de 4 milliards de personnes confinées à des degrés divers sur la planète

Au moins 50 pays sont en confinement total

En dépit de la fin du confinement à Wuhan, plus de 4 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale, sont toujours contraintes de rester confinées chez elles, dans près de 100 pays, pour lutter contre la propagation du coronavirus. Des centaines de millions d’entre elles, des chrétiens, s’apprêtent cette semaine à fêter Pâques dans des conditions inédites.

Les premières questions sur l’après-confinement apparaissent, notamment sur le risque de subir une deuxième vague une fois les restrictions levées en Asie, provoquée par des personnes venues d’Europe et des Etats-Unis.

  • Hongkong, qui a évité les mesures de confinement généralisé, vient de fermer bars et restaurants, interdisant de se réunir en public à plus de quatre.
  • Singapour vient d’annoncer la fermeture de ses écoles et lieux de travail, et a placé près de 20 000 travailleurs migrants en quarantaine.

-La Corée du Sud va interdire l’entrée sur son territoire à tout ressortissant étranger, sauf raison urgente, et suspendre la délivrance de visas aux pays qui ont interdit l’entrée sur leur territoire aux ressortissants sud-coréens.