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Coronavirus: l’Afrique face à la pandémie le vendredi 22 mai

Un graffiti promouvant la lutte contre la propagation du coronavirus dans les bidonvilles de Kibera à Nairobi, Kenya, le 22 mai 2020. REUTERS/Baz Ratner

Texte par :RFI

Selon le CDC, le Centre de prévention des maladies de l’Union africaine, le continent recensait ce mercredi 100 666 cas de Covid-19, et 3 105 décès dus à la maladie.

• Plus de 100 000 cas en Afrique

C’est une barre symbolique qui a été franchie ce vendredi 22 mai. Selon les données compilées par la CDC, de même que selon le décompte quotidien réalisé par l’Agence France Presse, le continent africain a recensé plus de 100 000 cas confirmés de Covid-19, et connu plus de 3 100 décès de la maladie.

Bonne nouvelle en revanche, plus d’un tiers des cas confirmés sont désormais considérés comme guéris : 39 543 au décompte du CDC cet après-midi.

En nombre de cas, les États les plus touchés sont : l’Afrique du Sud (19 137), l’Égypte (15 003), l’Algérie (7 728), le Maroc (7 300), et le Nigeria (7 016). À eux cinq, ces pays recensent plus de la moitié des contagions détectées sur le sol africain, bien que les chiffres soient à prendre avec prudence puisque les capacités de tests sont très variables d’un pays à un autre.

En nombre de morts, le plus lourd bilan est en Égypte (696 décès), puis en Algérie (575 décès) et en Afrique du Sud (369).

• Des restrictions pour l’Aïd en Mauritanie

Après plusieurs semaines de maitrise de la maladie, la Mauritanie a connu ces derniers jours une recrudescence de cas diagnostiqués de Covid-19. Le nombre de malades recensés atteint désormais les 173, pour 5 décès. Les autorités ont donc décidé de mesures de restriction pour ce week-end de fête marquant la fin du ramadan. Les prières collectives de l’Aïd sont suspendues, et le couvre-feu a été avancé de 16h à 6h du matin pour le week-end, avant de recommencer à 20h dans les trois semaines suivantes. Sont aussi interdites les visites traditionnelles aux familles, le gouvernement recommandant les contacts par téléphones. Les écoles et universités resteront fermées jusqu’à la fin du mois de juin.

• Ali Bongo promet une prime pour les soignants et un grand laboratoire de dépistage

Le président gabonais s’est exprimé jeudi soir, alors que le nombre de cas positifs a bondi à 1 567 (12 décès) dans le pays.

Dans son message à la nation, il a promis une prime pour les personnels soignants, sans en donner le détail. Il a aussi souligné l’importance d’un dépistage massif de la population, et assuré que le grand laboratoire nécessaire pour les tests serait opérationnel la semaine prochaine.

• Les transports se remplissent au Sénégal, des chefs solidaires des soignants

Depuis quelques jours, les bus, cars rapides et taxis peuvent à nouveau remplir toutes leurs places. Décision du ministère des Transports qui met fin à la distanciation imposée. Même si les passagers s’interrogent, les bus se remplissent et les professionnels sortent la tête de l’eau, a constaté notre correspondant à Dakar William de Lesseux.

A Dakar, de grands chefs cuisiniers de l’ « Académie du Bocuse d’Or » préparent bénévolement deux fois par semaine des plats gastronomiques pour les livrer au personnel médical et aux malades, notamment à l’hôpital Le Dantec de la capitale. La plupart des restaurants de la capitale étant fermés, ils louent un appartement pour cuisiner.

• La crise mondiale n’empêche pas les déplacements forcés de population

Malgré l’appel de l’ONU à un « cessez-le-feu immédiat partout dans le monde » pour contrer le coronavirus fin mars, les conflits armés se sont poursuivis et ont continué de jeter de nombreuses personnes sur les routes.

Selon un rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés, plus de 660 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile entre le 23 mars et le 15 mai. L’ONG rappelle que les déplacés, vivant dans des conditions sanitaires déplorables, sont encore plus exposés au Covid-19.

La République démocratique du Congo est le pays le plus touché : avec 482 000 déplacés selon le rapport, dont 260 000 en Ituri, province de l’est sillonnée par les groupes armés. Viennent ensuite le Yémen, en guerre civile depuis 2014, et la zone du lac Tchad, où sévissent les différentes factions de Boko Haram. Les autres régions citées sont l’Afghanistan, la République centrafricaine, la Syrie, la Somalie et la Birmanie, qui ont toutes vu plus de 10 000 personnes déplacées au cours de la même période.

• La Banque mondiale s’inquiète d’une triple calamité en Afrique de l’Est

La Banque mondiale vient de débloquer une enveloppe exceptionnelle de 500 millions de dollars pour combattre les criquets pèlerins. Cet argent ira principalement à l’Afrique de l’Est, touchée par une invasion d’insectes inédite depuis 70 ans. La région est dans une situation très délicate, car aux criquets se joignent des pluies exceptionnelles, qui ont fait des centaines de morts, avec inondations, glissements de terrain, destruction en tout genre, et ont déclenché une épidémie de choléra au Kenya, avec déjà plus de 500 malades. Tout cela dans le contexte du Covid-19 qui frappe violemment des économies fragiles et entrave l’action humanitaire. L’argent de la Banque mondiale ira directement aux familles, aux éleveurs, agriculteurs, à l’achat d’engrais et de graines ainsi qu’au financement des mécanismes de surveillance et d’alerte, comme l’explique Sébastien Németh, notre correspondant à Nairobi.

Afrique de l’Est: la Banque mondiale s’inquiète d’une triple calamité

Sébastien Németh

• Des ONG dénoncent les violations des droits humains pendant le confinement au Zimbabwe

Ces organisations locales de défense des droits humains accusent les forces de sécurité de près de 250 cas de violences depuis le début du confinement, il y a sept semaines. La responsable de leur coalition, Jestina Mukoko, s’est déclarée devant la presse « horrifiée et scandalisée » et a appelé le ministre de l’Intérieur et le chef de la Police à faire la lumière sur ces abus. Elle a notamment demandé « une enquête criminelle sur l’enlèvement et la torture » de trois membres du principal parti d’opposition, trois jeunes femmes retrouvées la semaine dernière sérieusement blessées en bordure d’une route des faubourgs d’Harare, deux jours après leur disparition lors d’une manifestation.

• 300 Marocains rapatriés de Ceuta

Environ 300 Marocains bloqués par la pandémie dans l’enclave espagnole de Ceuta ont été rapatriés vendredi tandis que 150 à 200 autres pourraient l’être dans les prochains jours. Pour empêcher l’expansion du coronavirus, le Maroc avait fermé le 13 mars ses frontières terrestres avec les deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, suspendu ses échanges aériens et maritimes de passagers avec l’Espagne. D’autres rapatriements sont prévus depuis l’enclave de Melilla, dont ont déjà pu sortir quelque 200 Marocains mi-mai.

• Les marchés ont rouvert au Tchad

Le gouvernement tchadien a rouvert mercredi soir les marchés du pays, après deux mois de fermeture. Par exemple, le marché des champs de fils, spécialisé dans la vente des pièces détachées, où s’est rendu Madjiasra Nako à N’Djamena. Les commerçants étaient contents de se retrouver, mais à l’heure de faire les comptes régnait une inquiétude certaine. Ils demandent au gouvernement de les accompagner, notamment dans la sensibilisation aux mesures barrières. Le Tchad recense 588 cas et 58 décès dus au Covid-19.

• La promesse incertaine de l’ « or vert » de Madagascar

Aucune étude clinique n’a confirmé l’efficacité de l’artemisia contre le Covid-19, mais malgré les mises en garde de l’OMS, le président malgache Andry Rajoelina l’assure, son « Covid Organics » fabriqué sur l’île, pourrait faire de cette plante l’« or vert » de Madagascar, qui en est le deuxième producteur mondial. Il promet même que le prix de l’artemisia va bientôt être décuplé. Une promesse incertaine et un business que nous explique Claire Fages dans sa chronique des matières premières.

• Quelle est la situation dans le ciel africain ?

Depuis le début de la pandémie, les compagnies aériennes sont à l’arrêt et les aéroports africains sont déserts. Hormis pour les vols destinés au rapatriement de leurs ressortissants, ainsi que les vols cargos, les États ont demandé aux compagnies de stopper leurs activités. Le mois de juin devrait marquer le redémarrage de certaines liaisons aériennes pour les passagers. Mais la reprise s’annonce longue.

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