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Mauritanie

Un confinement permanent



Pour au moins une fois, le confinement dont je vais parler, ne concerne pas la pandémie covid19 actuelle. Il s’agit-tenez-vous bien, d’un homme de 60 ans en bonne santé ayant toute sa vie loyalement servi son pays. Aucun détournement de fonds publics, aucune demande d’explication, aucune absence non justifiée, rien que le travail bien fait.
C’est un cadre supérieur, un cadre moyen, un employé subalterne mais qui se retrouve du jour au lendemain admis à la retraite.


C’est une note laconique du ministère de la fonction publique qu’il lui apprend sur un ton péremptoire la nouvelle. A la lecture de la sinistre note, il prit la tête entre les deux mains, une sueur froide coula sur son front et il retint de justesse que ses larmes ne s’écoulent sur ses joues plissées par les rides et les efforts consentis tout au long de sa vie professionnelle. Il va toucher tous les trois mois 21000 MRU. Il pensa à ses deux enfants diplômées mais encore au chômage. Comment va t’il s’en sortir avec les enfants encore scolarisés, les nombreux pique-assiettes qui, quotidiennement visitent le domicile aux heures des repas ? Les cotisations tribales qu’il a toujours honorées, les frais d’eau et d’électricité qui en trois mois dépassent largement le montant de sa pension ?
L’après-midi, de retour du boulot, madame et les enfants ont remarqué que quelque chose n’allait pas chez papa. Un véritable confinement va impitoyablement l’enserrer l’étouffer pour le restant de ses jours. Il va lui intimer un ordre formel et inexorable de se suffire de sa misérable pension. Advienne que pourra.
En France on calcule le montant de la retraite à partir des meilleures vingt années de la carrière. Une fois admis à la retraite le fonctionnaire, va certes revoir son train de vie, mais il va vivre une vie décente permettant parfois de se payer même une croisière.

Au Maroc, un infirmier spécialiste en Anesthésie et réanimation, jadis de ma promotion des années 80, me disait qu’il va bénéficier d’une retraite confortable de 12000 DRHAMS mensuels (40000 MRU).
Chez nous, en Mauritanie, un professeur d’université bénéficie d’une pension qui oscille aux alentours des 20000 MRU tous les trois mois.
De grâce, Monsieur le président, Monsieur le premier ministre, Messieurs les parlementaires, il faut impérativement revoir le régime de la retraite. S’il vous plait, ne laissez pas mourir à petit feu nos retraités. Nous allons tous passer par ce stade. A quand le déconfinement ? L’exploitation du gaz est prévue pour 2022.

Pr Mohamed Sidi Ahmed