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Mauritanie: la Commission d’Enquête Parlementaire ne lâche pas l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz

«Pour la deuxième fois, la Commission d’enquête parlementaire (CEP) a entendu le ministre, secrétaire général de la présidence de la République, Mohamed Salem Ould Béchir, sur des documents, données et correspondances, relatifs à un marché émis par la Société mauritanienne d’électricité (Simelec) et adjugé à l’entreprise chinoise Joysolar», pendant que l’ancien Premier ministre dirigeait l’entreprise publique chargée de la production, la distribution et la commercialisation de l’énergie électrique en Mauritanie, a écrit hier, dimanche 28 juin 2020, un média mauritanien.

Mauritanie : La Commission d’enquête parlementaire (CEP) chargée de mener des investigations sur l’attribution de plusieurs marchés (pêche, énergie, concession portuaire, foncier dans la capitale, etc.) ne lâche pas l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz (2008-2019) et ses proches. Explications.

Même si ce n’est pas encore le grand déballage, attendu avec la comparution de l’ex-homme fort du pays, ceux-là qui peuvent paraître comme «les comparses» continuent à défiler devant les députés pour témoigner dire leur part de vérité.

L’épisode le plus récent de ce feuilleton, qui continue à tenir les Mauritaniens en haleine, malgré l’inquiétante progression de la pandémie du coronavirus (Covid-19), qui étale quotidiennement les chiffres d’une comptabilité macabre du point de vue des contaminations et du taux de létalité, est l’audition de Mohamed Salem Ould Béchir, ancien Premier ministre sous l’un des deux mandats de Mohamed Ould Abdel Aziz, lequel a été interrogé sur l’attribution du marché de l’éclairage solaire de Nouakchott attribué à l’entreprise chinoise «Joysolar» pour un montant de 6,31 millions de dollars

«Pour la deuxième fois, la Commission d’enquête parlementaire (CEP) a entendu le ministre, secrétaire général de la présidence de la République, Mohamed Salem Ould Béchir, sur des documents, données et correspondances, relatifs à un marché émis par la Société mauritanienne d’électricité (Simelec) et adjugé à l’entreprise chinoise Joysolar», pendant que l’ancien Premier ministre dirigeait l’entreprise publique chargée  de la production, la distribution et la commercialisation de l’énergie électrique en Mauritanie, a écrit hier, dimanche 28 juin 2020, un média mauritanien.

Le nom d’un proche de Mohamed Ould Abdel Aziz, bénéficiaire de plusieurs marchés publics sous son règne, revient constamment dans cette affaire, en qualité de partenaire de l’entreprise chinoise.

En fait, le marché de l’éclairage public à l’énergie solaire de Nouakchott avait été attribué en plusieurs lots.

Actuel ministre, secrétaire général de la présidence de la République, Mohamed Salem Ould Béchir est passé par plusieurs positions prestigieuses et «juteuses» sous le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz: directeur général de la Société mauritanienne d’électricité (Somelec), ministre, administrateur, directeur général de la Société nationale industrielle et minière (SNIM, la plus importante entreprise publique du pays) et Premier ministre.

C’est dans ce laps de temps qu’un groupe de députés avait annoncé une proposition de loi visant à mettre en place de la Haute Cour de Justice (HCJ). Prévue par les articles 92 et 93 de la Constitution, cette juridiction est la seule compétente pour juger le président de la République «en cas de haute trahison», ainsi que les membres du gouvernement, pour les infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.

Justifiant cette perspective, le Pr Lô Gourmo, vice-président de l’Union des forces de progrès (UFP-opposition), affirme que «compte tenu de l’évolution de la situation résultant de la création de la commission d’enquête parlementaire concernant l’implication éventuelle de tout ce monde dans des dossiers de crimes économiques, il est nécessaire que soit complété le dispositif législatif indispensable à d’éventuelles poursuites contre ces hautes personnalités».

Par ailleurs, pour le Pr Lô Gourmo, sur un plan strictement politique, «c’est un signal fort, que la création de la commission d’enquête parlementaire, à l’initiative de l’opposition démocratique, n’était pas une simple gesticulation, mais un critère de sérieux dans la détermination affichée par tous, de tourner la page de la gestion calamiteuse des comptes et ressources du pays».

Cependant, pour Ahmed Ould Soueid Ahmed, haut cadre, s’exprimant sur les réseaux sociaux à travers le blog «Chez Vlan» cette Commission d’enquête parlementaire accouchera d’une souris.

En effet, vu la toute-puissance d’Aziz pendant 10 ans, vu tous les scandales financiers sous son règne  en toute impunité, «comment peut-on mettre en place une commission d’enquête en le laissant voyager comme il veut, en narguant les enquêteurs, après avoir pris soin de menacer qui conque lui chercherait noise, car il dit détenir des dossiers sur chacun?», s’est-il interrogé

L’évolution de la situation laisse apparaître la perspective d’une audition devant la Commission d’enquête parlementaire du maître absolu du pays pendant plus de 10 ans.

Un homme devant lequel de nombreux Mauritaniens tremblaient il y a moins d’une année, et qui menace de déballer de graves faits, en étalant impudiquement le linge sale sur la place publique.

C’est la raison pour laquelle Mohamed Ould Abdel Aziz aurait posé comme condition de sa comparution une retransmission en direct par la  télévision d’Etat, qui n’obéit plus qu’à la voix du nouveau président de la République, conformément à de vieilles habitudes dans le pays.

Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

Le360 Afrique

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