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Une transition politique sur fond de violences terroristes

L’attaque de jeudi, la troisième depuis le coup d’État qui a renversé l’ancien président IBK le 18 août dernier, intervient au moment où les militaires mutins s’apprêtent à ouvrir des consultations officielles, dans la perspective d’organiser une transition politique, telle que le souhaite le CNSP et les autres parties maliennes, pour éviter davantage de pression de la part d’une communauté internationale très inquiète de la situation politico-sécuritaire dans ce pays.

Une transition politique sur fond de violences terroristes

Au moins 10 soldats maliens tués dans le centre du pays

Avant même la démission forcée de l’ancien président IBK, la communauté internationale avait tenté une médiation, faisant valoir l’argument sécuritaire pour apaiser les tensions politiques. 

Le Mali a été endeuillé, hier, par une nouvelle attaque terroriste qui a fait une dizaine de morts dans les rangs de ses forces armées, dans le Centre, à la veille des concertations auxquelles a appelées le Conseil national pour le salut du peuple (CNSP, militaires mutins), pour discuter de la transition politique à Bamako. 
“Le bilan provisoire actualisé de l’embuscade de Guiré est de 10 morts, dont un sous-lieutenant, des rescapés retrouvés et quatre véhicules brûlés, une ambulance emportée”, selon un rapport interne du ministère de la Sécurité, consulté par l’AFP. “Dans la nuit (de jeudi à hier, ndlr), des coups de feu nous ont empêchés de dormir, on aurait dit des bombes, nos maisons tremblaient”, a témoigné à l’AFP un élu de Guiré, dans le centre frontalier avec la Mauritanie, où les groupes terroristes avaient mené de nombreuses attaques ces dernières années. “Ce matin, on a compté 10 morts, dont un sous-lieutenant”, a-t-il ajouté, cité par l’AFP. “Depuis lundi, des hommes à moto circulent dans la zone, ils ont fait des prêches à Dilly, Moroudia et Guiré”, des localités situées à entre 50 et 100 km de la Mauritanie, a expliqué un administrateur civil de la région s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. “C’est hier (jeudi) qu’ils ont quitté Dilly pour Guiré, et c’est en cours de route qu’ils ont organisé cette attaque contre les FAMa (Forces armées maliennes)”, a-t-il ajouté.

L’attaque de jeudi, la troisième depuis le coup d’État qui a renversé l’ancien président IBK le 18 août dernier, intervient au moment où les militaires mutins s’apprêtent à ouvrir des consultations officielles, dans la perspective d’organiser une transition politique, telle que le souhaite le CNSP et les autres parties maliennes, pour éviter davantage de pression de la part d’une communauté internationale très inquiète de la situation politico-sécuritaire dans ce pays. Ces consultations sont programmées pour aujourd’hui et devront durer trois jours, a affirmé dans la nuit de jeudi à hier le colonel Ismaël Wagué, porte-parole du CNSP, à l’issue d’intenses discussions avec la coalition d’opposition du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) à Kati, la ville-garnison (15 km de Bamako) d’où est parti le putsch contre IBK. Reportées une première fois il y a une semaine, ces consultations devraient fixer la durée et les modalités de la transition politique, que des pays impliqués dans le processus de paix, comme l’Algérie et la France, souhaitent de “courte durée” afin d’éviter au pays de replonger dans le chaos sécuritaire.

Pour sa part, l’opposition malienne et d’autres acteurs politiques et de la société civile malienne souhaitent une transition qui ne dépasserait pas les deux ans, alors que la médiation ouest-africaine s’y oppose, craignant que les militaires gardent le pouvoir plus longtemps que promis par le CNSP du colonel Assimi Goïta.

Lyès Menacer

liberte-algerie.com