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Mauritanie: des ONG se mobilisent pour la récupération de biens mal acquis

Mohamed Ould Abdel Aziz
L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz lors de la cérémonie de passation de pouvoirs à l’actuel président, le 1er août 2019 à Nouakchott Seyllou / AFP

14 organisations de la société civile mauritanienne ont décidé ce vendredi 4 septembre de se constituer partie civile dans le processus judiciaire en cours dans les affaires de corruption, de détournements de fonds et de spoliation de biens publics, contre d’anciens dirigeants du pays. Une décision motivée par le rapport d’enquête parlementaire de juillet dernier, très critique de la gestion de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz entre 2008 et 2019.

Le collectif d’organisations entend inscrire son action dans le cadre d’une « alliance pour la restitution au peuple mauritanien de ses biens mal acquis ». Mohamed Abdallahi Bellil, président de l’Observatoire mauritanien de lutte contre la corruption, définit la mission des ONG : « Si ces biens s’avèrent être détournés et spoliés, nous ajoutons notre voix aux nombreuses voix qui réclament la restitution des avoirs mal acquis aux Mauritaniens qui en ont besoin. »

L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz qualifie de sans fondement les révélations de corruption et de détournements de biens publics suspectés par le rapport d’enquête parlementaire.

Ses partisans parlent d’une campagne de dénigrement orchestrée par l’État et relayée par les médias, le Parlement, la police et maintenant les ONG. « Ces fameuses ONG, qui se rappellent aujourd’hui de la possibilité pour elles de se constituer en partie civile… mais au fait, c’est grâce au président Mohamed Ould Abdel Aziz que ces ONG ont acquis cette possibilité. Nous nous attendons à d’autres initiatives similaires », déclare l’ancien ministre des Affaires étrangères, Isselkou Izid Bih, un fidèle de l’ex-chef de l’État.

Selon l’ancien chef de la diplomatie mauritanienne, Mohamed Ould Abdel Aziz fait « peur » au pouvoir actuel, qui ferait, selon lui, tout pour le « neutraliser » politiquement.

Avec notre correspondant à Nouakchott, Salem Mejbour Salem

RFI

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