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Mauritanie : Grand angle sur les activités de Kinross

Mauritanie : Grand angle sur les activités de Kinross
Mauritanie : Grand angle sur les activités de Kinross 

Brahim Ould M’Bareck, Vice-président des Relations Extérieures de Tasiast Mauritanie Limited SA. du groupe Kinross, le géant minier canadien, a inscrit le point de presse organisé mercredi 9 septembre à Nouakchott dans le cadre de la «politique d’ouverture et de transparence» désormais érigée en credo par Kinross vis-à-vis de la presse, des parlementaires et de la société civile.

Avant de répondre aux questions des journalistes de la presse publique et privée et des correspondants de médias étrangers, le Vice-président de TMLSA a refait le parcours de Kinross en Mauritanie, de l’acquisition de la mine de Tasiast, en 2010, aux perspectives de développement de ses nouveaux filons.

Le bilan général, pour 2019, de Kinross Gold Corporation, société canadienne à capitaux privés, cinquième producteur d’or au monde qui exploite 9 mines sur trois continents et emploie environ 9000 personnes est satisfaisant, malgré une conjoncture marquée par la pandémie du  Covid-19. Cotée aux bourses de Toronto et de New York, Kinross affiche, le 7 septembre de l’année en cours, 10,79 milliards de dollars US de capitalisation.

En 2019, le volume de production du groupe était de 2,5 millions d’onces équivalent or, révèle Ould M’Bareck, qui précise que la région Afrique «représente 23% de ce volume estimé à 572.264 onces. La mine de Tasiast, à elle seule, contribue pour 68% de la production africaine de Kinross provenant essentiellement de la Mauritanie et du Ghana.

Un partenariat renforcé 

Revenant sur l’accord de principe signé le 15 juin 2020 entre le gouvernement mauritanien et Kinross, ouvrant la voie à une collaboration renforcée et à l’intensification des investissements de la société canadienne, Ould Mbareck a réaffirmé le caractère win win avec le rehaussement des royalties versées à la Mauritanie, en fonction de la fluctuation des prix de l’or sur le marché international, et une présence au sein du conseil d’administration de la nouvelle entité dénommée Tasiast Sud. Ainsi, précise-t-il, on passe d’un taux fixe de 3% à des royalties évoluant entre 4 et 6,5% dont le versement est effectif à partir de juillet dernier.

Outre ce système de redevance «plus moderne» convenu entre le gouvernement mauritanien et Kinross, d’autres points importants du nouvel accord ouvrent de nouvelles perspectives. Il s’agit notamment d’une licence d’exploitation de 30 ans pour Tasiast Sud. Cette licence permettra de «poursuivre l’exploration et d’engager un début de production pour les ressources existantes», une «part de 15% d’intérêts reportés, gratuits pour l’Etat à Tasiast Sud, avec une option d’achat de 10%, un programme de recherche  pour l’exploration à Tasiast Sud et pour les permis de SENISA détenus au nord de Tasiast» et, enfin, « la conduite d’une étude sur le développement du contenu local, avec l’appui de la SFI (Banque mondiale), en explorant les moyens d’accroitre les sources d’approvisionnement dans le pays».  

Les autres apports économiques pour la Mauritanie sont également d’importance quand on sait que 820 millions de dollars US ont été payés par Kinross  en redevances, taxes et impôts. Entre 2010 et 2019, près de 418 millions de dollars US, en salaires bruts cumulés. Entre 2011 et 2019, en faveur des salariés mauritaniens et 13,3 millions de dollars pour la même période, dépensés en investissements communautaires au nom d’une RSE fondant la responsabilité sociale de l’entreprise auprès des populations vivant dans la sphère de son exploitation mais également d’autres interventions au bénéfice d’autres localités du pays (inondations de Sélibaby, en 2019) ou d’opérations ponctuelles, comme les 38 ambulances livrées récemment au ministère de la Santé. 

«Mauritanisation » du personnel 

La « Mauritanisation », aspect important de la coopération entre les deux parties, a conduit TMLSA à réduire son effectif expatrié à 71 postes, en 2019, soit 4,5% des 3480 employés de la société. L’objectif est d’atteindre 27 expatriés (hors projets) à la fin de décembre 2020. Actuellement, 1263 Mauritaniens bénéficient d’un emploi direct auprès de TMLSA et 2217 sont employés par des entreprises sous-traitantes.

De nouvelles opportunités dans le pipe

Pour augmenter la durée de vie de la mine, Kinross table sur de nouvelles opportunités minières, comme le projet 24K, d’un investissement de 150 millions de dollars US, qui lui permettra de porter la capacité de l’usine à 21.000 tonnes de minerai brut traitées/jour, à partir de 2021, puis à 24.000 tonnes/jour dès 2023. Dans ses prévisions,  Kinross estime que le projet 24k «induira une augmentation d’un million d’onces sur le reste de la durée de vie de la mine dont «l’extinction» surviendrait alors en 2033-2034.

L’engagement de Kinross en Mauritanie remonte à l’acquisition de la compagnie Red Back Mining, en 2010 dont TMLSA était l’une des filiales créée pour opérer la mine de Tasiast dans le cadre du permis d’exploitation d’El Gaïcha, délivré par le gouvernement mauritanien en 2004. Cependant, la production ne commencera que quatre ans plus tard, «en raison du temps requis pour la construction de la mine et de la quantité de décapage nécessaire», précise le Vice-président des relations extérieures de Tasiast.

Depuis, Kinross a investi environ 3,8 millions de dollars US pour développer la mine de Tasiast et améliorer ses infrastructures pour en faire une mine de classe mondiale. Il s’agit, essentiellement, d’installations de broyage et de concassage ainsi qu’une usine de traitement du minerai, d’installations de production d’énergie électrique (groupe électrogène de 40 MW), d’une installation de traitement des eaux à partir d’un sondage situé à 70 kilomètres et d’un camp moderne d’une capacité de 3800 lits doté de tous les services nécessaires (santé, alimentation, mosquée, salle de gymnastique, etc.)

Répondant aux questions des journalistes, Ould M’Bareck a déclaré que la société n’a rien à cacher et que les interrogations trouveront réponses, aussi bien de sa part que de celle des responsables mauritaniens de Kinross présents à ce point de presse. Sur les dangers que fait courir l’utilisation du cyanure, par exemple, un responsable dira que les risques sont « minimes », voire inexistants et que l’activité est «suivie par un bureau international et par les services du gouvernement.»

C’est également le cas pour l’utilisation de l’eau à partir d’un champ de  captage entre Boulenoir (région de Nouadhibou) et  Bénichab (région de l’Inchiri) soumis au contrôle du Centre national de ressources en eau (CNRE).

Répondant à une question d’AFRIMAG sur les soupçons de corruption soulevés par la SEC américaine, il y a quelques années, et si cette « affaire » a été réglée à l’amiable, M. Brahim Ould M’Bareck dira que cette histoire a pris du temps mais qu’elle est maintenant derrière nous, l’enquête de la SEC étant clôturée, sans preuves de corruption avérées, et qu’il n’y a pas eu d’arrangements de quelque nature que ce soit.

Concernant les mouvements récurrents des travailleurs, les responsables de Tasiast diront qu’il s’agit d’une «querelle de famille» ne sortant pas de l’ordinaire et que, même si les travailleurs ont souvent des revendications pour demander plus, il reste qu’ils sont mis dans les meilleures conditions possibles, avec des salaires se situant au haut de l’échelle dans le pays et une prise en charge de santé qui fait des jaloux ailleurs.

Une responsable de Tasiast révèle que plus de 50% des investissements sociaux vont aux autochtones. «Pour l’eau, par exemple,  les contrats sont passés avec des fournisseurs locaux. Les habitants vivant dans la zone où se trouve le site de la société ont accès à la clinique de Tasiast», indique madame Ball en charge du volet social de Tasiast.

Dans le cadre de la RSE, Tasiast agit dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la formation, de la culture, la jeunesse et les sports, les AGR (activités génératrices de revenus), les missions de secours et d’urgence, la sécurité alimentaire et l’assistance directe aux communautés.

Par Mohamed Sneïba, Correspondant permanent – Nouakchott

AFRIMAG