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Crise malienne » Colonel-Major Nana Sangaré : Le premier officier féminin au Collège de Défense du G5 Sahel

Le Collège de Défense du G5 Sahel, basé à Nouakchott en Mauritanie, accueille pour la première fois depuis sa création en 2016, un officier féminin venant du Mali. Un signal fort pour la promotion du genre et un honneur pour les Forces armées maliennes (FAMa).
Depuis la session 2020-2021 commencée en septembre et qui s’achève en juillet prochain, le Colonel-major Nana Sangaré de l’arme des transmissions fréquente le Collège de Défense du G5 Sahel.
Elle n’est certes pas le premier officier malien à y être admis, mais le premier personnel féminin de l’armée malienne et celles des autres pays du G5 Sahel. Ce qui a émerveillé la direction du collège non seulement pour avoir ouvert la brèche au genre, mais surtout par la qualité de cet officier supérieur, sortie des hautes et prestigieuses écoles militaires du Mali, d’Afrique, d’Europe, etc., dotée d’une grande intelligence.

Le directeur général du Collège de Défense du G5 Sahel, le Général de Brigade Brahim Vall Cheibani Cheick Ahmed est ravi de l’arrivée de cette nouvelle auditrice. “Pour la première fois, nous accueillons un officier féminin, en la personne du Colonel-major Nana Sangaré. Je remercie les autorités du Mali pour cela“, s’est-il exprimé. Selon lui, elle participe à toutes les opérations que ses frères d’armes. “Le Colonel-major Nana Sangaré a un très bon niveau. Elle s’intègre parfaitement dans la promotion. J’ai participé la semaine dernière aux premiers exercices opérationnels où elle jouait le rôle de chef d’Etat-major. C’est elle qui était le chef d’orchestre de tout le groupe, vraiment elle n’a rien à envier à ses collègues masculins“, a apprécié le Général de Brigade Brahim Vall. Ses autres collègues ont la même appréciation d’elle et la trouvent bien “intégrée au groupe “, “compétente“ et “capable de jouer un rôle important dans le groupe“.

Selon la conseillère régionale du genre du Secrétariat permanant du G5 Sahel, Aminata N’Diaye, “le G5 Sahel a inscrit la problématique du genre parmi les priorités de son action. Cette volonté découle d’une vision et d’un engagement au plus haut niveau de notre organisation, c’est-à-dire les chefs d’Etat, de faire des progrès en matière d’équité, un atout pour la lutte contre les fléaux qui affectent les populations dans l’espace G5, notamment l’épineuse question de l’extrémisme violent. Le plan d’action du G5 Sahel s’est particulièrement l’accès aux écoles de formation“. Toujours selon elle, “avec les actions en cours, le Collège de Défense vient de franchir un pas important dans notre stratégie“.

Pour ceux qui ne le savent pas, le G5 Sahel formé du Burkina Faso, du Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad et dont le siège est à Bamako, s’est doté de ce Collège de Défense. Celui-ci est la première école de guerre transnationale dans le monde, qui a un partenariat stratégique avec l’Arabie Saoudite dont il accueille les militaires en formation. Il est un creuset de formation des élites militaires de haut niveau des armées, des gendarmeries et des gardes nationales ou nomades. Il s’agit de leur permettre de faire face à leurs responsabilités interarmées et interministérielles pour qu’ils puissent évoluer dans un cadre national, régional ou international.

L’une des attributions fondamentales du collège est de doter les différents Etats du G5 Sahel, de cadres militaires bien formés, capables de contribuer à la prise de décision et de révolutionner les outils de défense et de sécurité pour les rendre aptes à faire face aux défis et enjeux sécuritaires actuels et futurs.

Après le stage de 10 mois et demi, les officiers du Collège de Défense du G5 sortent avec les diplômes de brevets d’études militaires supérieurs, le master 2 en défense et relations internationales, délivrés par l’université de Nouakchott, la qualification opérative interarmées de 1er niveau en planification et conduite des opérations de soutien à la paix et en droit, etc.

Outre le cycle de l’école de guerre, le Collège sert en même temps de cadre de réflexion et de formation pour le renforcement des capacités opérationnelles des armées.

Abdrahamane Dicko

COLONEL-MAJOR NANA SANGARE

De formation de base à officier supérieur

Le Colonel-major Nana Sangaré a suivi différentes formations de base jusqu’à l’Emia de Koulikoro dont elle est la première à suivre le cycle complet ainsi que l’Ecole d’Etat-major de Koulikoro en 2003-2004.

Elle s’est envolée plus tard à Rennes en France pour l’école des transmissions. Depuis 2003, elle est cheffe de service informatique et des nouvelles technologies de l’information et de la communication de la présidence de la République.

Dans le cadre de son service, le Colonel-major Sangaré a participé à plusieurs formations de spécialisation en informatique en Chine, au Maroc, en Algérie, en France, etc.

A. D.

Source: Mali Tribune