Aïcha, jeune Ivoirienne de 17 ans, a survécu après 22 jours à la dérive sur un canot

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Aïcha, jeune Ivoirienne de 17 ans, a survécu après 22 jours à la dérive sur un canot. Crédit : capture vidéo BBC

Par  La rédaction Publié le : 17/05/2021- InfoMigrants

Aïcha, une adolescente ivoirienne, était présente sur l’embarcation de migrants retrouvée le 26 avril dernier à la dérive au large des Canaries. Après avoir passé 22 jours en mer, elle fait partie des trois survivants, parmi 59 passagers. Elle raconte à la BBC son calvaire.

Le 26 avril dernier, un avion de l’armée espagnole repérait une embarcation de migrants à la dérive en mer, à 500 kilomètres au sud d’El Hierro, petite île de l’archipel espagnol des Canaries. Seuls trois rescapés, sur 59 passagers, étaient trouvés sur le bateau puis hélitreuillés vers un hôpital de Tenerife. Parmi eux, Aïcha, jeune Ivoirienne de 17 ans.

L’adolescente, qui s’était rendue en Mauritanie pour prendre place sur ce bateau en direction de l’Europe, a survécu pendant 22 jours en mer, la plupart du temps sans eau ni nourriture. Trois semaines après la fin de son calvaire, elle a été interrogée par la BBC.

« Une fois dans la pirogue, deux jours après, il n’y avait plus d’eau, plus de nourriture. Le quatrième jour, plus d’essence », raconte-t-elle dans une vidéo. « Il y avait des hommes qui n’arrivaient même pas à se lever et hurlaient de soif. On prenait des baskets et prenait l’eau de la mer avec [pour leur donner à boire] », continue-t-elle en sanglots.

Cinquante-six personnes sont décédées dans cette tragédie, plus lourd bilan jamais enregistré au large des Canaries, archipel perdu dans l’Atlantique vers lequel les embarcations de migrants se dirigent régulièrement au départ des côtes africaines.

« Au début, on faisait des prières. À la fin, même plus la force »

« Au début, on faisait des prières », détaille encore Aïcha au média britannique, à propos des morts à répétition autour d’elle durant la traversée. « À la fin, même plus la force de faire des prières, même plus la force de prendre le corps et de le jeter à l’eau. »

Les trois rescapés, eux, avaient été découverts en état de déshydratation avancé. « Ils étaient si faibles que nous avons dû nous y mettre à plusieurs pour les aider à se tenir debout », avait confié à l’AFP Juan Carlos Serrano, un membre de l’équipage de l’hélicoptère.

L’année dernière, 1 851 personnes ont péri sur cette route migratoire, selon l’ONG Caminando Fronteras, qui assure le monitoring des flux de migrants.

Au-delà de la dangerosité de cette route en raison des forts courants, les canots qui sont utilisés sont généralement surchargés et en mauvais état.

InfoMigrants