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Mauritanie

144 tonnes de pomme de terre et d’oignon exportées vers la Mauritanie

Une première cargaison de soixante (60) tonnes de pomme de terre a été exportée vers la Mauritanie au courant de cette semaine, selon les services des douanes de la wilaya de Tiaret. Cette opération d’exportation sera suivie par une autre cargaison de légumes via le poste frontalier entre l’Algérie et la Mauritanie.

Tiaret, avec son laboratoire d’amélioration des techniques de production de semences de pomme de terre et l’augmentation des périmètres irrigués réservés à ce tubercule, il est attendu que des quantités de plus en plus importantes seront produites et destinées à l’exportation, selon la chambre de l’agriculture. Début novembre, deux opérations d’exportation d’oignon rouge, une première de 39 tonnes et une deuxième de 45 tonnes, produit dans les fermes de la wilaya, ont été lancées sous la supervision du wali, du directeur des services agricoles, celui du commerce et l’inspecteur des douanes.

Selon les responsables du commerce de Tiaret, une troisième opération d’exportation de 60 tonnes d’oignon rouge est prévue dans les semaines à venir.

lequotidien-oran

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Santé

En Mauritanie: vaste campagne de répression contre les médicaments falsifiés

En Mauritanie, deux grosses officines pharmaceutiques ont été fermées à Nouakchott par les autorités sanitaires. C’est la première étape d’une vaste campagne de répression contre ceux qui importent et la commercialisent des produits pharmaceutiques falsifiés.

Depuis le 29 octobre, les inspecteurs du ministère de la Santé sont à pied d’œuvre. Ils ont commencé un travail d’inventaire des tous les médicaments dans les 400 dépôts pharmaceutiques de Nouakchott pour en déterminer l’origine et la qualité.

C’est notamment le cas d’Ahmed Mohamed Boudahi, inspecteur général : « Nous agissons dans le cadre d’une réorganisation du secteur pharmaceutique du pays. Nous voulons que tous les acteurs se conforment à la loi de 2010 sur les pharmacies. Ce n’est pas souvent le cas.  Il faut respecter le cahier de charge pour avoir l’agrément en vue de l’ouverture d’un dépôt de médicaments et d’une pharmacie avec un docteur dans ce domaine en permanence. Il faut que les médicaments soient de bonne qualité et bien conservés. »

En cas de non-respect du cahier des charges, l’inspecteur général du ministère de la Santé réaffirme la fermeté du gouvernement : « Le 30 novembre, c’est la fermeture des officines qui n’auront pas rempli le cahier de charge. »

Beaucoup de pharmaciens trouvent le délai très court. Ils envisagent demander au gouvernement un délai d’un mois supplémentaire.

RFI

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Mauritanie

les travailleurs de la SNIM opposés à l’accord entre la société et la CNAM

Les travailleurs de la société nationale industrielle et minière (SNIM) ont organisé un sit-in devant la résidence de l’administrateur-directeur général de la société Mokhtar O. Djay à Zouerate pour protester contre l’accord passé entre la société et la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
Les manifestants portaient des pancartes qui rejetaient cet accord réaffirmant que la santé des travailleurs primait sur la production et demandant la disponibilisation des médicaments et la présence de spécialistes dans la polyclinique de la société.

La SNIM avait conclu un accord non annoncé avec la CNAM, en vertu duquel celle-ci prenait en charge les soins des travailleurs et leurs familles à l’étranger, un accord rejeté par les travailleurs.

Les délégués des travailleurs ont signifié leur amertume au chef de service des ressources humaines de la société, lors d’une réunion le 31 octobre dernier, et ont menacé d’aller en grève si cet accord n’était pas remis en cause.
saharamedias


A propos de la SNIM

La Société nationale industrielle et minière (SNIM) a été créée en 1974 par la nationalisation des Mines de Fer de la Mauritanie (créées en 1952 pour exploiter les gisements de minerais de fer dans la région de la « montagne de fer » Kedia d’Idjil, près de Zouérate).

Le premier chargement est parti en bateau en 1963

Le gouvernement possède actuellement 78 % de la SNIM et le reste appartient à cinq organisations financières et minières arabes (dont le FADES et la BID) qui continuent à exploiter les mines de minerais de fer de Zouérate. La Société nationale industrielle et minière représente 15 % du PIB de la Mauritanie2 et emploie environ 5 000 personnes

A propos de la CNAM

En activité depuis le 1er janvier 2007 comme organe de gestion du régime d’assurance maladie obligatoire institué par l’ordonnance 006 du 29 septembre 2005 avec pour missions: Gérer l’admissibilité au régime d’assurance maladie, gérer les paiements et les remboursements faits aux établissements

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Mauritanie

‘Nous sommes satisfaits du climat d’ouverture actuel démocratiques’ (Biram Dah Abeid)

Le leader et militant des droits de l’Homme, M.Biram Dah Abeid, a précisé que son entretien avec le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a été axé sur trois questions essentielles à traiter pour que le pays s’achemine vers une démocratie équitable et réelle.

M. Biram Dah Abeid, qui s’exprimait dans un entretien, mercredi soir, avec la chaine Al Mouritania, a précisé que la première de ces questions porte sur la normalisation de la vie politique entre la majorité et l’opposition, notant que cela passe inévitablement par la levée de l’interdiction de partis politiques, des organisations des droits de l’Homme et des institutions de bienfaisances ainsi que la non instrumentation de la justice à des fins de règlement des comptes avec les belligérants afin de créer un climat apaisé où la peur n’a pas de place et que chacun puisse jouir de ses droits.

‘’Il y’a des engagements forts et officiels dans ce sens. Nous appelons à la concrétisation de la nouvelle volonté et de ces engagements dans un travail palpable. Jusqu’ici les commissions de coordination entre l’opposition et la majorité chargées de la concrétisation de cette volonté n’ont pas été mises en place’’, souligne M. Biram Dah Abeid.

Interrogé sur le changement de son discours jugé ces derniers temps ‘’réconciliant’’, le militant des droits de l’homme a précisé qu’il agit en fonction de l’attitude du pouvoir, notant ‘’qu’il faut qu’il agisse face à une campagne de provocation, de dénigrement, d’accusation à tort, de soupçons et de menaces avec un discours d’une agressivité extrême’’.

Au sujet de l’unité nationale et l’immunisation du pays contre les subversions, M. Biram Dah Abeid a précisé qu’il s’agit là d’une question qui intéresse tous les mauritaniens et qu’il est conscient de sa responsabilité à cet effet.

Il a ajouté que ses militants sont prêts à s’acquitter de leur devoir face à cette question existentielle.

Au sujet de la situation actuelle de l’opposition traditionnelle, M. Dah Abeid a souligné que sa vision des partis constituant l’opposition traditionnelle est pour le moment plus au moins ‘’opaque’’, réitérant que ces formations politiques sont épuisées à cause d’une bataille avec le régime dont les chances ne sont pas égales.

Ces partis, dit-il, ont reçu des coups durs de la part du régime et pourtant ils ont organisé leurs rangs après les élections et donné une image digne.

Répondant à une question sur ses liens, à l’heure actuelle, avec l’opposition, M. Dah Abeid a dit : nous sommes des collègues. Je tends la main pour l’union et la cohésion pour affronter le régime de manière constitutionnelle et démocratique. Le mouvement IRA reste l’ultime référence de notre action. Elle représente notre identité.

S’agissant de la délégation chargée de l’éradication de la vulnérabilité dans les rangs des pauvres, le militant des droits de l’Homme a précisé ‘’qu’elle peut éliminer les disparités sociales et résoudre les problèmes soulevés par IRA à condition qu’elle soit gérée d’une manière saine’’.

Il a appelé également au respect de la justice dans le recrutement et les nominations ainsi qu’au niveau des institutions non politiques et a critiqué avec véhémence ‘’l’exclusion dont fait l’objet l’opposition et certaines franges sociales et ethniques’’.

M. Dah Abeid a enfin exprimé sa satisfaction pour le nouveau climat d’ouverture qui a profité à tous les mauritaniens indépendamment de leurs courants et convictions politiques et émis le vœu pour sa poursuite jusqu’à que l’opposition trouve son quota fixé par la loi.

Rappelons que le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazwani, avait reçu, tout dernièrement, les leaders des partis de l’opposition et que le président du parti Tawassoul a été reçu mercredi, dernier.

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Mauritanie

La commission financière de l’Assemblée nationale examine le budget du ministère délégué chargé de la promotion de l’Investissement

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La commission financière de l’Assemblée nationale a consacré une réunion qu’elle a tenue, mercredi, sous la présidence de son président le député Camara Aly Gualadio, à l’examen du budget du ministère délégué auprès du ministre de l’Économie et de l’Industrie, chargé de la promotion de l’Investissement et du Développement de l’industrie dans le cadre du projet de la loi initiale des finances pour l’année 2020.

La commission a suivi au cours de cette réunion un exposé présenté par le ministre délégué chargé de la promotion de l’Investissement et du Développement de l’industrie, M. Habib Ould Ham, dans lequel il s’est appesanti sur les différents volets de ce budget.

Le budget de ce ministère atteint dans le cadre du projet de la loi des finances précitée 38 960 726 MRU.

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Santé

Le ministère de la Santé affirme que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour assurer le fonctionnement régulier des services de santé

Le ministère de la Santé a indiqué, dans un communiqué rendu public, mercredi à Nouakchott, que toutes les mesures nécessaires pour assurer le fonctionnement régulier des services de santé de base et de référence ont été prise.

Le communiqué dont une copie est parvenue à l’AMI ajoute que les mesures dont la mise en œuvre est en cours visent à protéger la population conformément aux devoirs religieux, moraux et légaux.

Voici le texte intégral de ce communiqué :

« Le ministère de la Santé a commencé à élaborer et à mettre en œuvre un plan détaillé basé sur le programme du président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani et sur la mise en œuvre du programme gouvernemental, approuvé par le Parlement, qui comprend plusieurs axes qui auront un impact significatif sur l’amélioration du système de santé.

Rétablir la confiance dans notre système de santé et rapprocher ses services de la population, où qu’elle se trouve, quel que soit son niveau. Cette confiance ne pourra aboutir que par une réglementation du secteur, la fin du désordre de la pratique médicale, l’amélioration de la qualité de la médecine et la détermination des responsabilités concernant les causes de décès.

Compte tenu du fait que cette politique a suscité un large écho auprès de la population dans toutes leurs franges et de tous les niveaux, le ministère de la Santé annonce au public ce qui suit:

1 – Annonce à l’opinion publique que le ministère n’a pris ces mesures qu’après de nombreuses consultations avec les différents acteurs du secteur et en tenant compte des opinions qu’il estime dans l’intérêt public

2 – Rassure le public en affirmant qu’il a pris toutes les mesures nécessaires pour assurer le fonctionnement régulier des services de santé de base et de référence.

3 – Confirme que les procédures menées par le ministère sont générales et globales et ont commencé par la vérification des décès et la recherche de leurs causes sur l’ensemble du territoire national dans les secteurs public et privé, sans exception

4 – Il informe la population que toutes les mesures qui ont été prises visent à protéger la population conformément aux devoirs religieux, moraux et légaux.

5- Le ministère affirme sa détermination à appliquer le règlement et assume ses responsabilités dans ce domaine et invite tout le monde à faciliter la tâche aux services chargés de son application.

6- Remercie les citoyens qui ont exprimé de façon spontanée leur soutien et leur appui par tous les moyens pour l’application de ces mesures qui ne sont que le prélude du redressement global et de l’accès des populations à des services de qualité.

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Mauritanie

Le ministre des Affaires étrangères expose au forum de Paris l’approche multidimensionnelle de notre pays de lutte contre le terrorisme

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur, M. Ismail Ould Cheikh Ahmed, a présenté, mercredi au forum de Paris, au cours d’une séance sur la paix et la sécurité, l’approche multidimensionnelle de notre pays de lutte contre le terrorisme.

Cette approche consacre une grande attention, entre autres, à la conformité du droit international, au renforcement de l’arsenal juridique, à l’asséchement des sources financières du terrorisme et à l’éradication de ses sources d’embrigadement par des contre-campagnes contre l’extrémisme.

Au cours de cette mission, le ministre est accompagné après notre ambassadeur à Paris, SEM. Ahmed Ould Bahiya et par M. Sidi Mohamed Ould Sidaty, ambassadeur, chargé de mission au Cabinet du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur.

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la mise en place d’un cadre juridique pour la lutte contre la violence et les pratiques nuisibles pour les filles

La mise en place d’un cadre juridique de lutte contre la violence et les pratiques nuisibles pour la santé des filles fait l’objet d’un atelier de formation, dont les travaux ont débuté, jeudi à Nouakchott, à l’initiative du ministère de la justice avec le concours de l’UNICEF.

L’Agenda de la rencontre, d’une durée de deux jours, prévoit des exposés théoriques sur la prévention de la violence basée sur le genre et les pratiques qui portent préjudices pour les filles.

Cet atelier a pour but de renforcer les compétences des magistrats en matière de lutte contre la violence basée sur le genre y compris les mutilations génitale féminines (MGF) et les dégâts corporels qui sont considérés comme une violation des droits de l’enfant et de la femme.

Supervisant l’évènement, le secrétaire général du ministère de la justice, Dr. Mohamed Ould Echrif Ahmed, a souligné que le gouvernement du Premier ministre, l’ingénieur Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, s’attèle à ancrer la justice et d’en faire une priorité de premier rang par l’exigence du respect et de l’application des textes juridiques, la formation du cadre humain en charge de leur application et leur actualisation pour les harmoniser avec les développements apportés à notre arsenal juridique.

Ces améliorations, dit-il, portent sur conventions internationales ratifiées par la Mauritanie et d’autres textes juridiques nationaux.

Au sujet des efforts que son département compte mener pour éradiquer ce phénomène, le secrétaire général a indiqué que son département est déterminé à mettre en place un mécanisme claire pour limiter la violence basée sur le genre les pratiques portants préjudices aux filles par l’activation de la cellule chargée du genre au niveau du département, une large vulgarisation à grande échelle de son arsenal juridique et un effort soutenu pour la mise en application des textes ayant trait au sujet.

Mme Fatma Mint Soueid Ahmed, au nom de l’UNICEF, a précisé que la pratique de la violence à l’égard de la femme dans toutes ses formes y compris les MGF se répercute négativement sur sa santé reproductive et sa santé mentale, tout comme elle constitue un acte discriminatoire.

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14 novembre 1975 : Jour où le Maroc a accepté de partager le Sahara occidental avec la Mauritanie

Le 14 novembre 1975, l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie ont signé l’accord de Madrid. Ce document attestait de la fin de l’occupation espagnole au Sahara occidental qui durait depuis près d’un siècle. Grâce à cet accord, le Sahara occidental a été divisé entre les deux pays. Décryptage historique.

La colonisation espagnole du territoire du Sahara occidental a débuté en 1884. L’occupation espagnole a duré 91 ans, et n’ont quitté le territoire désertique qu’en 1975, après la signature de l’accord de Madrid par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie.

Vers la fin des années 50, plusieurs pays dans le monde se libéraient du joug de la colonisation. Après avoir retrouvé son indépendance des Espagnols (région du Rif) et des Français en 1956, le Maroc réclamait le départ des troupes espagnoles sur d’autres territoires occupées : enclaves et Sahara occidental.

Cependant, le Maroc n’était pas le seul pays à demander à ce que l’Espagne se retire du Sahara, la Mauritanie ndépendante depuis 1960, réclamait également ce territoire. Pour Nouakchott, le Sahara allait permettre de compléter son unité territoriale, et rassembler les Bidanes (groupe ethnique mauritanien) qui sont une composante essentielle de la société mauritanienne.

L’Algérie a exprimé sa neutralité dans le dossier et n’a fait que soutenir le Maroc et la Mauritanie dans sa lutte pour retrouver l’indépendance de cette région du joug espagnol. Ceci s’est passé lors d’une conférence organisée à Nouadhibou (Nord-ouest de la Mauritanie), en 1970, en présence du roi Hassan II, du président de la Mauritanie Ould Daddah et du président algérien Houari Boumédiène.

Au même moment naissaient plusieurs mouvements locaux au Sahara occidental, dont certains en faveur du Maroc, d’autres pour la Mauritanie. Mais un troisième groupe a émergé de cette période, en faveur de l’indépendance du Sahara, dirigé par le front Polisario fondé en mai 1973 et marqué à gauche.

Le début de la fin

Des signes avant-coureurs dénotaient de la fin de la colonisation espagnole, tels que la maladie du général Franco et son âge avancé, ainsi que l’assassinat de son bras droit et président du gouvernement Luis Carrero, par l’organisation indépendantiste basque d’extrême gauche ETA, le 20 décembre 1973.

C’est dans ce contexte que le Maroc a déposé une demande au secrétaire général des Nations unies et au gouvernement espagnol le 23 septembre 1974. Objectif : récupérer sa légitimité sur le territoire et renvoyer le dossier à la Cour internationale de La Haye (Pays-Bas) pour qu’elle émette un avis consultatif. L’assemblée générale a accédé à la demande du Maroc et a renvoyé le dossier à la Cour internationale. Cette dernière a organisé 27 séances publiques entre le 25 juin au 30 juillet 1975, avant d’émettre son avis consultatif le 16 octobre dans un document d’une soixantaine de pages.

La Cour internationale a constaté l’existence de liens sociaux, spirituels et politiques entre les habitants du territoire, le Maroc et la Mauritanie. L’organisme judiciaire onusien a affirmé que le territoire n’était pas vide avant l’occupation espagnole et que les relations entre les locaux, le Maroc et la Mauritanie n’avaient pas atteint la souveraineté pour que cela influe sur le choix des locaux sur leur avenir politique.

Le jour de l’annonce du rapport de la Cour internationale, le roi Hassan II avait adressé un discours à la télévision nationale où il invitait les Marocains à organiser la Marche verte en direction du Sahara, appelé à l’époque «Sahara espagnol». Le 6 novembre a eu lieu la Marche verte qui a connu la participation de 350 000 personnes.

Signature de l’accord de Madrid

L’Espagne connaissait à ce moment-là une instabilité au niveau de son gouvernement (le président du pays était mourant), et craignait le déclenchement d’une guerre avec le Maroc suite à tous ces événements. D’autant plus que son voisin, le gouvernement du Portugal s’est fait renverser, suite aux guerres coloniales au Mozambique et en Angola. L’Espagne craignait de tomber dans le même piège.

Ainsi, pour préserver le maximum d’intérêts dans la région, l’Espagne a accepté d’entamer des négociations directes avec le Maroc et la Mauritanie. Après deux jours de négociations, les trois partis ont signé l’accord de Madrid, le 14 novembre 1975. L’accord indiquait que le Sahara allait être divisé en deux parties entre le Maroc et la Mauritanie. Cette dernière s’est vu octroyer la région de Oued Eddahab, et le Maroc a pris la région de Sakia El Hamra. En contrepartie, l’Espagne a continué d’exploiter le phosphate dans les mines de Boukraâ et a pu conserver des bases militaires face aux îles canaries.

L’après accord de Madrid

Le front Polisario, soutenu par l’Algérie, la Libye et des régimes socialistes de par le monde a entamé sa guerre contre le Maroc et la Mauritanie, après la signature de l’accord de Madrid.

En juillet 1978, retournement de situation. La Mauritanie connaît un coup d’Etat militaire : Mokhtar Ould Daddah, allié du Maroc perd son poste de président, à sa place au pouvoir, le chef de l’armée Mohamed Ben Mohamed Essalek. Les dirigeants de Nouakchott à ce moment décident de se soustraire des obligations signées lors de l’accord de Madrid.

L’Algérie intervient et organise des négociations entre le front du Polisario et la Mauritanie les 3 et 4 août 1979. Les deux partis signnt un accord de paix, où la Mauritanie se retire officiellement de l’accord de Madrid. Les autorités mauritaniennes ont ordonné à leur armée de se retirer de la région d’Oued Eddahab pour la laisser aux milices du Polisario.

Les FAR se déploient à travers Oued Eddahab

Devant cette nouvelle situation politique, le Maroc devait intervenir rapidement. Le roi Hassan II a ainsi ordonné aux Forces armées royales d’entrer dans la région d’Oued Eddahab pour faire échouer le plan du Polisario et son allié algérien. Avant même que l’encre de l’accord entre le front séparatiste et le pays voisin ne sèche, les Forces armées royales se déployaient déjà à Oued Eddahab.

Le 14 août 1979, un certain nombre de Oulémas et de chefs de tribus de Oued Eddahab se sont rendus à la capitale Rabat pour prêter allégeance à feu le roi Hassan II.

Six jours plus tard, le ministère de l’Intérieur a sorti le décret numéro 2.79.659 qui indiquait la création de la municipalité Oued Eddahab. Le 4 mars 1980, Hassan II s’est dirigé vers Dakhla, capitale de la région, et y a organisé la cérémonie d’allégeance qui a lieu lors de la fête du Trône. A travers cet acte, le Maroc envoyait plusieurs messages forts au front Polisario et à l’Algérie.

Zaïnab Aboulfaraj

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Sahara occidental: Dakhla, du poste militaire au « spot » de kitesurf

Des nuées de kitesurfs déploient leurs ailes sur le lagon de Dakhla, au coeur du territoire disputé du Sahara occidental: la ville de garnison située sur une côte battue par les vents est devenue un « spot » de choix pour les amateurs de glisse.

« Ici, il n’y a rien, à part le soleil, le vent et les vagues: on a retourné l’adversité des éléments en avantages, c’est le principe même du kitesurf », sourit Rachid Roussafi. Après une carrière internationale dans la glisse, ce sportif marocain de 49 ans a fondé le premier camp touristique du lagon au début des années 2000.

« A l’époque, un seul avion par semaine se posait à Dakhla« , contre 25 aujourd’hui, dont deux directs avec l’Europe, souligne-t-il.

« Dakhla est devenue une destination mondiale de kitesurf », se félicite Mohamed Cherif, un élu de l’instance régionale mise en place par le Maroc. Le nombre de touristes est passé de 25.000 en 2010 à 100.000 aujourd’hui et l’objectif est « d’atteindre 200.000 ».

Le kitesurf exigeant un matériel coûteux –à la planche de surf s’ajoutent aile et baudrier–, le tourisme de niche développé autour de ce sport draine une clientèle aisée de toutes nationalités vers ce territoire toujours en attente d’un statut international.

Peyo Camillade est venu de France afin de « prolonger la saison au soleil », pour une semaine qui lui revient à environ 1.500 euros.

Seuls les noms de lieu comme le « PK 25 » (point kilométrique 25), les fortins en ruine ou les imposants bâtiments militaires de Dakhla rappellent le conflit armé qui a opposé jusqu’en 1991 le Maroc et le Front Polisario pour le contrôle du Sahara occidental, territoire désertique de 266.000 km2 situé au bord de l’Atlantique.

Le Polisario milite pour l’indépendance et réclame l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Le Maroc contrôle 80% de cette ancienne colonie espagnole –dont Dakhla– qu’il considère comme historiquement sienne et plaide pour une autonomie sous sa souveraineté. Des Casques bleus de l’ONU ont été déployés notamment pour surveiller le statu quo le long de la zone tampon séparant les deux parties.

– « Bonne communication » –

Sans attendre le compromis que les Nations unies négocient depuis des décennies, les hôtels ont poussé sur le sable le long de la route nationale 1, qui va du port de Tanger à 2.000 km au nord jusqu’à la frontière mauritanienne à 350 km au sud.

Une kitesurfeuse dans le lagon de Dakhla, au coeur du territoire disputé du Sahara occidental, le 10 octobre 2019

Partout, des bâtiments en chantier fleurissent et des rangées de lampadaires plantés sur des terrains vagues annoncent de futurs lotissements.

« Le secret de la réussite, c’est le développement du kitesurf avec une bonne communication axée sur l’organisation d’évènements non politiques », selon Driss Senoussi, patron du groupe hôtelier « Dakhla Attitude ».

Ainsi, les exploits de champions comme la Brésilienne Mikaili Sol ou le Cap-Verdien Airton Cozzolino ont été abondamment relayés sur les réseaux sociaux lors de l’étape annuelle du championnat du monde organisée du 4 au 13 octobre.

Cette stratégie n’est pas nouvelle: « l’armée marocaine a commencé à inviter des surfeurs étrangers à Dakhla dans les années 1980, dès que la ligne de front s’est déplacée vers le sud, pour montrer que la zone était sécurisée », se souvient Jean-Pierre, 80 ans, un ancien membre du club de Rabat qui a participé à plusieurs de ces événements.

Les sports de glisse passionnent peu les habitants de l’ancienne garnison espagnole: seuls quelques jeunes désoeuvrés et familles en promenade se trouvaient sur la plage pour les finales du « Kitesurf world tour 2019 ».

– « Complices » –

De leur côté, les touristes arpentent peu le centre de la ville de 100.000 habitants, tournée vers la pêche, le commerce et le tourisme. Comme beaucoup, Alexandra Paterek, une hôtesse de l’air polonaise de 31 ans, reste dans son complexe hôtelier pour profiter du « meilleur spot du monde pour les débutants en kitesurf ».

Que sait-elle d’autre sur la région? « C’est une ancienne colonie espagnole, les fruits de mer sont excellents et nous sommes près de la Mauritanie! », énumère-t-elle en riant. Elle pense aussi que Dakhla fait partie du Maroc.

Cette légitimation de la présence marocaine ulcère le Polisario qui a essayé l’an dernier, sans résultat, de poursuivre en justice les entreprises « complices de la puissance militaire occupante », comme la compagnie aérienne Transavia, filiale d’Air-France, ou l’organisateur de séjours sportifs UCPA qui commercialise la destination « Dakhla, Maroc ».

Débouté de ses plaintes pour « crime de colonisation », le mouvement indépendantiste se consacre désormais à la dénonciation des accords commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne qui incluent le Sahara occidental, selon son avocat français, Me Gilles Devers.

Les autorités marocaines, elles, cherchent activement des investisseurs pour leurs projets de développement, le plus ambitieux étant le méga port de « Dakhla Atlantique », avec un budget d’environ un milliard de dollars pour valoriser la pêche maritime.

Sur le lagon, « il y a une lutte entre le développement de l’aquaculture et le tourisme, l’un a moins d’impact sur l’environnement mais l’autre génère plus de revenus et d’emplois », relève un haut responsable régional.

Avec l’afflux de touristes, la protection de l’environnement est devenu un sujet majeur.

« On s’est installé dans un endroit vierge », souligne Rachid Roussafi. « Tout s’est développé tellement vite, aujourd’hui, il faut traiter les déchets plastiques et résoudre la question des eaux usées ».

AFP