BARKHANE : Un équipage aguerri aux commandes du drone REAPER

MQ 9 Reaper   071110 F 1789V 991
MQ 9 Reaper 071110 F 1789V 991


Le drone REAPER est un capteur de renseignement essentiel pour surveiller la bande sahélo-saharienne (BSS) à la recherche de groupes armés terroristes (GAT). Derrière cet aéronef unique, piloté à distance depuis la base aérienne projetée (BAP) de Niamey, travaille un équipage de quatre personnes, aux profils diversifiés mais avec un point commun : une fine connaissance du terrain.

La France est la seule nation à fonctionner avec un équipage à quatre. Cela nécessite plus de ressources humaines mais cette formule a déjà largement prouvé son efficacité.

En « tranche avant », le capitaine Franck est le pilote à distance : il guide le drone vers les zones d’intérêt, communique avec les autres aéronefs aux alentours , tout en gardant un œil sur l’autonomie restante et la météo, déterminante dans la réussite de la mission. Si le REAPER venait à prendre le rôle de Mission Commander, chef de mission dans une action combinée avec des hélicoptères et des avions de chasse, c’est lui qui assurerait cette coordination.

A sa droite, l’opérateur capteur, le sergent-chef Julien, est focalisé sur l’orientation de la caméra haute résolution. Il en maîtrise toutes les subtilités et alterne entre les modes pour ratisser chaque parcelle du désert sahélien à la recherche d’une activité suspecte. Il extrait de façon précise les coordonnées des points qui lui semblent intéressants. En s’appuyant sur les indications données par le Joint Terminal Attack Controller (JTAC) au sol, il repère les différents indices en balayant une zone plus vaste.

Dans un second cockpit, appelé « tranche arrière », le commandant Vincent, coordinateur tactique, suit les différents tchats, notamment avec le centre de commandement qui dispose, à distance, du report de la Full Motion Video (FMV) du drone. Au cours de la mission, il réalise déjà une synthèse de toutes les observations, permettant d’établir un premier produit d’informations qui va donner aux autorités une vision claire et la faculté de prendre une décision rapidement si une action devait être enclenchée.

Enfin, l’équipage est complété par l’adjudant-chef Ghislain, opérateur images, qui suit chaque mouvement de caméra pour en extraire des snapshots (photos instantanées) lorsqu’un élément intéressant apparait. Ce travail permet notamment de comparer une situation sur même zone survolée quelques heures ou quelques jours auparavant.

Régulièrement déployés au détachement drones de la BAP de Niamey, ces militaires connaissent parfaitement le Sahel, la topographie, les zones potentiellement occupées par les GAT, et celles de la population, leur permettant ainsi d’être pleinement efficaces dans leurs recherches. Ce fonctionnement à quatre permet de rajouter un maillon essentiel entre les images prises par le drone et le centre de commandement : un échelon d’analyse de la situation, établi par l’équipage, qui ne se contente pas de retransmettre des images brutes, difficiles à interpréter pour un non-initié.

La discrétion et la persistance sur zone du drone est un réel atout dans la manœuvre globale. Complémentaire à l’action des avions de chasse, il est également en mesure d’intervenir sur un objectif identifié. En 2019, les REAPER français ont effectué 460 missions et près de 6000 heures de vol au-dessus de la BSS.

Sources : État-major des armées
Droits : EMA via ministère des Armées