Belgique: le roi consulte l’extrême droite sur le futur gouvernement

Laurette Onkelinx (PS): « Je suis choquée! Pourquoi le roi a-t-il invité le Vlaams Belang? »

Une poignée de main historique, ce mercredi au Palais royal, le roi Philippe recevait en consultation Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang. La dernière rencontre officielle entre un souverain belge et un leader d’extrême droite remonte à 1936. À l’époque, le roi Léopold III avait invité Léon Degrelle, à la tête du parti Rex. En 1978, le roi Baudouin avait invité Karel Dillen, le président du Vlaams Blok, qui avait décliné l’invitation en raison de son aversion pour la monarchie.

Le parti socialiste choqué

Laurette Onkelinx (PS) a vivement réagi à cette rencontre entre le Roi et le leader de l’extrême droite flamande. « Ça me choque profondément ! Pourquoi le Roi devait-il recevoir le Vlaams Belang ? Alors qu’il y a eu un ‘NON’ des partis démocratiques flamands en dehors de la N-VA qui ont dit qu’ils ne voulaient pas gouverner avec le Belang. Et côté francophone, personne ne veut non plus. C’est un parti raciste et violent et je trouve que le message donné par le Roi est dommageable. » Avant d’ajouter, « Il (le Roi) pose un acte qui va à l’encontre du courage des partis démocratiques flamands qui disent non au Vlaams Belang ».

Rudi Vervoort (PS), le ministre-président bruxellois sortant, entreprend aujourd’hui son premier tour de contacts en vue de constituer une majorité à Bruxelles. Mais il n’a pas manqué de suivre ce qui se passait non loin de lui, Place des Palais. « Le Roi est maître de son agenda. C’est sûr que pour moi, ce n’est pas un plaisir de voir cette scène en Belgique. Cependant, il y a une réalité électorale en Flandre qu’on ne peut pas nier. Mais à mes yeux, le Vlaams Belang est un parti infréquentable. C’est une décision du Roi que je peux comprendre, mais c’est avec beaucoup de regrets que j’assiste à ce moment que je n’imaginais pas voir un jour. »

Pour le MR, le Roi est dans son rôle

« Il y a une procédure constitutionnelle, (…) il appartient au Roi de mener des consultations », a commenté Charles Michel, avant d’en appeler à la sérénité. »En ce moment, on a besoin de calme pour permettre que le pays puisse être gouverné et que, après le signal démocratique envoyé par les électeurs dans le cadre d’une élection au suffrage universel, on puisse voir quel type de projet peut être mis en place dans les Régions et au Fédéral », a ajouté le chef du gouvernement démissionnaire et président du MR. Pour Charles Michel, « il faut éviter au maximum de dire des choses qui rendent les exercices encore plus compliqués ».

Ecolo et PTB sur la réserve

Zakia Khattabi, la coprésidente d’Ecolo, a préféré ne pas s’étendre sur cette rencontre au Palais. « Le Roi a pris une décision qui lui appartient et je garde mon avis pour moi », a-t-elle déclaré.

Pour le président du PTB qui suivait de peu le Vlaams Belang chez le roi, Peter Mertens explique: « Ce n’est pas à nous de discuter de l’agenda du souverain. On constate juste que c’est la première fois ».

RTBF avec Agences