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L’Algérie saute à pieds joints dans le gouffre économique

Si la persistance de la grave crise économique dans laquelle baigne l’Algérie venait à perdurer, il serait à craindre une grave déliquescence de son tissu industriel et une aggravation du chômage qui touche de très nombreux Algériens, notamment les jeunes.

Cette situation chaotique hypothèque durablement l’avenir le futur de l’Algérie et ce, alors que les autorités algériennes imaginent déjà un retour au financement non conventionnel, à savoir la planche à billets, qui a déjà atteint un montant astronomique pour un pays producteur de pétrole et de gaz soit 49,2 milliards d’Euros et ce, alors que 60% des réserves hydrocarbures sont épuisées.

A ce jour, plus 5.800 PMI/PME sont en situation de faillite et plus de 600.000 Algériens ont perdu leur emploi entre février et juillet 2019 suite à la fermeture d’environ 30.000 PME. Un chiffre de nouveaux chômeurs qui devrait atteindre plus d’un million d’ici la fin de l’année 2019.

Des PMI/PME qui touchent des secteurs vitaux comme le bâtiment, la santé, l’agriculture et l’industrie de transformation, ce qui va poser un sérieux problème sur l’avenir de ces milliers de nouveaux chômeurs.

Force est de constater que l’industrie algérienne est réduite à une dizaine de grands groupes appartenant à l’oligarchie qui dirige ce pays et qui est fortement impliquée dans la corruption depuis le début de la contestation populaire du 22 février 2019. Nul ne peut renier que l’Algérie a totalement ratée son industrialisation et se retrouve à genoux pour la simple raison d’avoir renier le secteur agro-alimentaire depuis son indépendance en 1962.

Les années 2020-2025 seront extrêmement difficile pour les Algériens habitués à vivre sur le dos de l’Etat sans fournir le moindre effort et qui ne savent produire aucune richesse pour leur pays. La jeunesse algérienne est plus connue sous le sobriquet de « hitistes » c’est-à-dire ceux qui soutiennent le mur de leur rue avec un jambe pliée et leur dos toute la journée.

Le peuple algérien doit comprendre qu’il est temps de se mettre au travail car le modèle rentier est définitivement mis à la poubelle puisque seul responsable de la stagnation alarmante de l’Algérie dans tous les domaines de production économique. Dur sera l’avenir pour les algériens et sa jeunesse qui se sont fait biberonner par leurs différents dirigeants !

Farid Mnebhi.

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Emmanuel Macron en chef de guerre au secours du Sahel et de la RDC

Lors du Forum pour la paix, à Paris, Emmanuel Macron a prévenu que des décisions seraient annoncées prochainement sur la lutte contre les groupes djihadistes. Tant au Sahel que dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Emmanuel Macron a profité du deuxième Forum pour la paix, organisé à Paris, pour se poser en chef de guerre et dévoiler quelques-unes des initiatives qu’il entend défendre ou lancer sur le continent africain. Ses annonces interviennent alors que le chef d’état-major des armées, le général Lecointre, s’est interrogé, mi-octobre, devant les sénateurs : « La masse (des armées) sera-t-elle suffisante à l’horizon 2030, au regard de l’ambition que nous nous sommes fixée et de l’accélération de la dégradation des relations internationales ? ».

Le président français a, pour sa part, annoncé que des décisions seraient prises « dans les prochaines semaines » pour améliorer la lutte antidjihadiste au Sahel. Ces décisions pourraient concerner la mesure déjà annoncée par Florence Parly de la création d’une unité de forces spéciales européennes déployée au Mali. Cette force baptisée Takuba est supposée « compléter Barkhane », la force française au Sahel. À moins que le chef de l’État n’annonce une hausse temporaire des effectifs français déployés au Sahel pour faire face à la recrudescence des attaques terroristes.

Le président Macron a effectivement précisé qu’il serait appelé prochainement à « repréciser le rôle de Barkhane », qui compte 4 500 militaires, et à « confirmer et conforter l’engagement » dans la région.

Une compagnie du bataillon mauritanien de la Force du G5-Sahel sur la frontière malienne en 2018.

« Nous avons avancé sur la situation sécuritaire » et sur « les décisions » qui seront annoncées « dans les prochaines semaines pour reconcentrer la force conjointe » du G5-Sahel « sur le fuseau central » (terme militaire désignant la zone aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger), a déclaré le président français à l’issue de sa rencontre avec ses homologues Idriss Déby Itno (Tchad), Mahamadou Issoufou (Niger) et Ibrahim Boubacar Keita (Mali).

Cette force conjointe du G5-Sahel compte, sur le papier, 5 000 militaires de Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, chargés de lutter contre les djihadistes.

Un coup de pouce en RDC

Emmanuel Macron a aussi fait des annonces concernant la République Démocratique du Congo.

« La France est pleinement engagée aux côtés de la République Démocratique du Congo pour lutter contre les groupes armés qui déstabilisent le pays » et qui, « pour certains, pactisent avec Daech », a déclaré, mardi soir, le chef de l’État français au président de la République Démocratique Du Congo, Félix Tshisekedi.

Emmanuel Macron a aussi assuré au président Tshisekedi, que la France allait apporter son soutien militaire à Kinshasa dans la lutte contre les groupes armés actifs dans l’Est. Cette coopération prendrait une dimension militaire, notamment « en matière de renseignement ».

Emmanuel Macron n’est pas entré dans les détails. Ni pour expliquer l’engagement actuel de la France aux côtés de la RDC en matière de lutte contre les groupes rebelles et le terrorisme, ni pour préciser la forme que prendra l’aide militaire française dans l’est de la RDC. Mais déjà la France soutient la formation des cadres des FARDC, les forces armées congolaises.

Le Centre des hautes études de stratégie et de défense forme des officiers supérieurs des forces armées congolaises.

Ainsi, lors de son passage à Kinshasa, en mai dernier, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, s’est exprimé sur les enjeux de sécurité en Afrique et en RDC, devant les auditeurs du Centre des hautes études de stratégie et de défense (CHESD). Il a alors promis une aide française au projet congolais d’École de guerre.

Par ailleurs, au CHESD créé il y a quatre ans, la formation académique a été confiée à une société française spécialisée, l’Institut Themiis, qui pilote le cursus et fournit les formateurs. Cet Institut qui intervient par ailleurs en Mauritanie a aussi créé, toujours à Kinshasa, l’École supérieure d’administration militaire (ESAM).

Emmanuel Macron en chef de guerre au secours du Sahel et de la RDC

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ouest-france.fr/

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Edouard Philippe en déplacement au Sénégal dimanche et lundi pour parler sécurité et coopération

Le Premier ministre Edouard Philippe se rendra dimanche 17 et lundi 18 novembre au Sénégal, où il est notamment prévu qu’il s’entretienne avec le président Macky Sall. La sécurité sera au cœur des discussions, tout comme la coopération entre les deux pays, en matière économique notamment, avec la signature programmée de différents accords.

Pour ce déplacement, Edouard Philippe sera accompagné d’une large délégation, composée notamment de six membres du gouvernement : le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la ministre des Armées Florence Parly, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, le ministre de la Culture Franck Riester, le secrétaire d’Etat chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari, et la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie Agnès Pannier-Runacher. Plusieurs parlementaires, ainsi que des chefs d’entreprises et des personnalités culturelles, seront également du voyage, selon Matignon.

Dimanche, lors du premier jour de la visite, Edouard Philippe doit rencontrer Macky Sall, avant une cérémonie de signatures d’accords entre la France et le Sénégal, notamment économiques. «Un déjeuner de travail permettra de faire le point sur les feuilles de route avec les ministres s’agissant de la coopération économique, culturelle, dans la formation et le sport – dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar de 2022 – ainsi que sur les questions de mobilité et les enjeux migratoires», précise Matignon.

L’ESSOR DE DAESH AU SAHEL AU MENU D’UN FORUM SUR LA SÉCURITÉ

Le clou de la visite interviendra le lendemain, avec la participation du chef du gouvernement français au Forum International de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qu’il ouvrira avec le président du Sénégal.

Une participation naturelle pour la France. En effet, alors que Paris est l’un des plus grands soutiens de la Force conjointe du G5 Sahel (composé du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad), le Sahel sera au centre des discussions lors du Forum, puisque l’invité d’honneur sera le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani.

L’occasion notamment d’évoquer l’essor de Daesh dans la région, après la mort d’un militaire français et de 49 soldats maliens au début du mois au Mali – deux attaques revendiquées par le groupe jihadiste. Edouard Philippe rappellera «l’importance de la coopération entre nos forces armées, en particulier sur la priorité de la lutte contre le terrorisme, et la place du Sénégal dans les forces multilatérales dans la région», souligne Matignon.

Dernier aspect que va aborder le Premier ministre français au Sénégal, la formation et la jeunesse. Il doit notamment échanger avec des «jeunes candidats en cours de recrutement aux postes de conducteurs du futur TER» sénégalais, un «projet emblématique de la relation bilatérale entre la France et le Sénégal».

cnews.fr

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Des membres du gouvernement commentent les résultats du Conseil des ministre

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des technologies de l’information et de la communication, Porte-parole officiel du gouvernement, Dr Sidi Ould Salem, le ministre de la Justice, Dr Haimoud Ould Ramdane, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Modernisation de l’administration, M. Camara Saloum Mohamed, le ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, Dr Taleb Ould Sid’Ahmed et la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mme Mariem Bekaye ont commenté jeudi soir les résultats du Conseil des ministres.

Dr Sidi Ould Salem , Porte-parole officiel du Gouvernement a indiqué que le Conseil a examiné et adopté un ensemble de projets de décrets et de communications dont un projet de décret organisant et fixant les attributions des mouslihs, un projet de décret fixant le siège et le ressort territorial des Cours d’Appel Commerciales à Nouakchott et Nouadhibou et un projet de décret fixant les modalités d’affiliation des employeurs et le versement des cotisations à l’Office National de la Médecine du Travail.

Le Conseil a également examiné et adopté un projet de décret fixant le taux de cotisation des employeurs à l’Office National de la Médecine du Travail, une communication relative à l’état d’avancement du plan d’action du secteur de la Justice, une communication relative à l’état d’avancement du plan d’action du secteur de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports et une communication conjointe relative à la campagne nationale de protection des pâturages contre les feux de brousse 2019-2020.

Justice

Ministre de la Justice, Dr Haimoud Ould Ramdane a souligné dans son explication du décret fixant les attributions des Mouslihs l’importance de ce décret du fait qu’il concerne une personne importante dans la société mauritanienne et qui joue un rôle fondamental dans le rapprochement de la justice des justiciables, indiquant qu’il joue un rôle essentiel dans la prévention des conflits et dans leurs résolutions. Le décret apporte un ensemble de dispositions claires qui définissent cette personne, son rôle et ses attributions ainsi que les critères pour son agrément.

Il a ajouté que ce sont les collectivités qui le présentent aux autorités partant de leur confiance en lui et de son aptitude à résoudre leurs conflits et elles sont disposées à exécuter leurs jugements sans recourir à la force ni aux autorités, indiquant que dans le cadre de la stratégie nationale d’accès à la justice, l’État a estimé utile de lui donner l’importance qu’il mérite.

En ce qui concerne le projet de décret qui fixe le siège et le ressort territorial des Cours d’Appel Commerciales à Nouakchott et Nouadhibou, le ministre a souligné qu’il existe actuellement en Mauritanie quatre cours d’appel qui traitent tous es affaires sans distinction et que l’État planche sur la spécialisation des magistrats.

Il a ajouté que le décret vient pour renforcer les capacités des ressources humaines et institutionnelles des juridictions commerciales et de les doter des moyens juridiques de règlement rapide et efficace des litiges.

Le ministre a souligné dans sa présentation du plan d’action du secteur de la justice que le système judiciaire constitue le centre des préoccupations du programme du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Il a ajouté que cette vision se traduit par l’indépendance de la justice et qu’elle nécessite des moyens, soulignant que la question de l’indépendance de la justice est finalement une question de personnes de sorte que la personne soit scrupuleuse et s’acquitte de son travail conformément aux dispositions légales. L’indépendance de la justice est l’affaire de tous, des magistrats, des greffiers, des auxiliaires de la justice et du contrôle direct du citoyen.

Il a indiqué que le département met actuellement en place des fonds pour soutenir le fonds commun des magistrats afin de les aider dans leur travail et dans la vie quotidienne, avec la mise en place de fonds similaires pour les greffiers et les auxiliaires judiciaires, en plus de l’activation de l’inspection et sa dotation par de nouveaux moyens technologiques pour le contrôle et la présence de ressources humaines formées sur l’ensemble du territoire national et bénéficiant de la formation continue.

Dans le domaine de l’accès à la justice, le ministre a ajouté que des bureaux d’accueil seront ouverts pour l’accueil et l’orientation des justiciables ainsi que la création de bureaux pour l’assistance judiciaire et l’élaboration d’une programmation concernant la collaboration avec les acteurs du domaine.

Fonction publique

Pour sa part, le ministre de la fonction publique, du travail et de la modernisation de l’administration a déclaré avoir présenté devant le conseil des ministres deux projets de décrets dont l’un est relatif aux modalités d’affiliation des employeurs et le versement des cotisations à l’Office National de la Médecine du Travail et le second fixe le taux de cotisation des employeurs à l’Office National de la Médecine du Travail.

Il a ajouté que les textes visent à doter l’Office National de la Médecine du Travail des instruments règlementaires, propres, lui permettant d’assure pleinement sa mission.

‘’En vertu de ces décrets, l’établissement assurera la prise en charge du recouvrement des cotisations et d’assurer la mise en œuvre des dispositions de l’article 11 du décret portant sa création’’, souligne le ministre.

Lui succédant, le ministre de l’emploi, de la jeunesse et des sports a précisé que les trois derniers mois ont démontré que sont département connait des cas de dysfonctionnements qui ont été diagnostiqués et pour lesquels une stratégie a été mise en sur pied.

Il a ajouté qu’après ce diagnostic il s’est avéré que le problème essentiel dans le domaine de l’emploi demeure l’inadaptation des compétences avec les besoins du marché de l’emploi.

‘’Le chômage ne peut être éliminé que par la formation professionnelle’’, ajoute le ministre.

Ce dernier a indiqué que la stratégie nationale de l’emploi sera axée sur l’adaptation des compétences aux besoins de l’emploi, notant que des projets sont actuellement au stade de l’étude avec la Banque Mondiale, la Banque africaine de développement, l’UE et le BIT dans le cadre du programme national de l’emploi.

Le ministre a enfin précisé que son département procédera avant la fin du mois de novembre l’ouverture d’une coordination nationale des activités de l’emploi et que les programmes de formation et de mise à niveau débuteront au mois de janvier 2020.

Environnement et du développement rural

Quant à la ministre de l’environnement et du développement rural, elle a déclaré avoir présentée avec ses collègues de l’intérieur et de la décentralisation et du développement rural une communication conjointe relative à la campagne nationale de protection des pâturages contre les feux de brousse 2019-2020.

Elle a ajouté que cette communication fait le point sur le bilan de la campagne nationale de protection des pâturages des feux de brousse au titre de l’hivernage 2018-2019 et propose un plan d’action détaillé pour assurer une protection efficace des quantités importantes de pâturages disponibles dans la majorité des Wilayas pastorales du pays comme les deux Hodhs, l’Assaba, le Gorgol, le Guidimakha, leBrakna, le Gorgol et le Trarza.

Au sujet des dégâts occasionnés par les feux de brousse, la ministre a précisé que les statistiques de son département montrent que 300 mille hectares des pâturages brulent chaque année et que pour l’année 2017-2018 les pertes ont été chiffrées à 6,30 milliards MRU.

Elle a enfin précisé que le plan cette année s’articule sur quatre axes : la sensibilisation des citoyens sur la préservation des pâturages par les moyens adéquats, l’amélioration de l’état de 10450 anciens pare-feux, la réalisation de 300nouveaux kilomètres de pare-feux, le recensement des feux de brousse et la coordination, le suivi et le contrôle de la campagne.

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Le ministre des finances reçoit le Chef du service économique Afrique de l’Ouest

Le ministre des finances, M. Mohamed Lemine Ould Dhehbi, a reçu en audience cet après- midi à Nouakchott M. François SPORRER , Chef du service économique Afrique de l’Ouest résident à Abidjan.

L’entretien a porté sur le renforcement de la coopération dans les domaines d’intervention du ministère.

L’audience s’est déroulée en présence de Mme Lucile Porte, adjointe au chef de service économique régional à Dakar et M. Pierre Antoine Pollot, attaché économique à l’ambassade de France à Nouakchott.

A propos de François SPORRER

Avec une double formation d’ingénieur agronome et d’économiste du développement rapporte businessfrance.fr, François SPORRER a fait toute sa carrière dans le dispositif français d’appui à l’internationalisation de l’économie, tour à tour à la Direction des Relations économique extérieures (DREE), à Business France et à la Direction générale du Trésor. Il a ainsi été en poste en Indonésie, en Hongrie, en Turquie, aux Emirats Arabes Unis, au Pérou et en Côte d’Ivoire. En fonction à Abidjan depuis 2017, il dirige le Service économique régional en charge des 14 pays d’Afrique de l’Ouest (hors Nigéria et Ghana), conclut la même source.

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14 novembre 1975 : Jour où le Maroc a accepté de partager le Sahara occidental avec la Mauritanie

Le 14 novembre 1975, l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie ont signé l’accord de Madrid. Ce document attestait de la fin de l’occupation espagnole au Sahara occidental qui durait depuis près d’un siècle. Grâce à cet accord, le Sahara occidental a été divisé entre les deux pays. Décryptage historique.

La colonisation espagnole du territoire du Sahara occidental a débuté en 1884. L’occupation espagnole a duré 91 ans, et n’ont quitté le territoire désertique qu’en 1975, après la signature de l’accord de Madrid par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie.

Vers la fin des années 50, plusieurs pays dans le monde se libéraient du joug de la colonisation. Après avoir retrouvé son indépendance des Espagnols (région du Rif) et des Français en 1956, le Maroc réclamait le départ des troupes espagnoles sur d’autres territoires occupées : enclaves et Sahara occidental.

Cependant, le Maroc n’était pas le seul pays à demander à ce que l’Espagne se retire du Sahara, la Mauritanie ndépendante depuis 1960, réclamait également ce territoire. Pour Nouakchott, le Sahara allait permettre de compléter son unité territoriale, et rassembler les Bidanes (groupe ethnique mauritanien) qui sont une composante essentielle de la société mauritanienne.

L’Algérie a exprimé sa neutralité dans le dossier et n’a fait que soutenir le Maroc et la Mauritanie dans sa lutte pour retrouver l’indépendance de cette région du joug espagnol. Ceci s’est passé lors d’une conférence organisée à Nouadhibou (Nord-ouest de la Mauritanie), en 1970, en présence du roi Hassan II, du président de la Mauritanie Ould Daddah et du président algérien Houari Boumédiène.

Au même moment naissaient plusieurs mouvements locaux au Sahara occidental, dont certains en faveur du Maroc, d’autres pour la Mauritanie. Mais un troisième groupe a émergé de cette période, en faveur de l’indépendance du Sahara, dirigé par le front Polisario fondé en mai 1973 et marqué à gauche.

Le début de la fin

Des signes avant-coureurs dénotaient de la fin de la colonisation espagnole, tels que la maladie du général Franco et son âge avancé, ainsi que l’assassinat de son bras droit et président du gouvernement Luis Carrero, par l’organisation indépendantiste basque d’extrême gauche ETA, le 20 décembre 1973.

C’est dans ce contexte que le Maroc a déposé une demande au secrétaire général des Nations unies et au gouvernement espagnol le 23 septembre 1974. Objectif : récupérer sa légitimité sur le territoire et renvoyer le dossier à la Cour internationale de La Haye (Pays-Bas) pour qu’elle émette un avis consultatif. L’assemblée générale a accédé à la demande du Maroc et a renvoyé le dossier à la Cour internationale. Cette dernière a organisé 27 séances publiques entre le 25 juin au 30 juillet 1975, avant d’émettre son avis consultatif le 16 octobre dans un document d’une soixantaine de pages.

La Cour internationale a constaté l’existence de liens sociaux, spirituels et politiques entre les habitants du territoire, le Maroc et la Mauritanie. L’organisme judiciaire onusien a affirmé que le territoire n’était pas vide avant l’occupation espagnole et que les relations entre les locaux, le Maroc et la Mauritanie n’avaient pas atteint la souveraineté pour que cela influe sur le choix des locaux sur leur avenir politique.

Le jour de l’annonce du rapport de la Cour internationale, le roi Hassan II avait adressé un discours à la télévision nationale où il invitait les Marocains à organiser la Marche verte en direction du Sahara, appelé à l’époque «Sahara espagnol». Le 6 novembre a eu lieu la Marche verte qui a connu la participation de 350 000 personnes.

Signature de l’accord de Madrid

L’Espagne connaissait à ce moment-là une instabilité au niveau de son gouvernement (le président du pays était mourant), et craignait le déclenchement d’une guerre avec le Maroc suite à tous ces événements. D’autant plus que son voisin, le gouvernement du Portugal s’est fait renverser, suite aux guerres coloniales au Mozambique et en Angola. L’Espagne craignait de tomber dans le même piège.

Ainsi, pour préserver le maximum d’intérêts dans la région, l’Espagne a accepté d’entamer des négociations directes avec le Maroc et la Mauritanie. Après deux jours de négociations, les trois partis ont signé l’accord de Madrid, le 14 novembre 1975. L’accord indiquait que le Sahara allait être divisé en deux parties entre le Maroc et la Mauritanie. Cette dernière s’est vu octroyer la région de Oued Eddahab, et le Maroc a pris la région de Sakia El Hamra. En contrepartie, l’Espagne a continué d’exploiter le phosphate dans les mines de Boukraâ et a pu conserver des bases militaires face aux îles canaries.

L’après accord de Madrid

Le front Polisario, soutenu par l’Algérie, la Libye et des régimes socialistes de par le monde a entamé sa guerre contre le Maroc et la Mauritanie, après la signature de l’accord de Madrid.

En juillet 1978, retournement de situation. La Mauritanie connaît un coup d’Etat militaire : Mokhtar Ould Daddah, allié du Maroc perd son poste de président, à sa place au pouvoir, le chef de l’armée Mohamed Ben Mohamed Essalek. Les dirigeants de Nouakchott à ce moment décident de se soustraire des obligations signées lors de l’accord de Madrid.

L’Algérie intervient et organise des négociations entre le front du Polisario et la Mauritanie les 3 et 4 août 1979. Les deux partis signnt un accord de paix, où la Mauritanie se retire officiellement de l’accord de Madrid. Les autorités mauritaniennes ont ordonné à leur armée de se retirer de la région d’Oued Eddahab pour la laisser aux milices du Polisario.

Les FAR se déploient à travers Oued Eddahab

Devant cette nouvelle situation politique, le Maroc devait intervenir rapidement. Le roi Hassan II a ainsi ordonné aux Forces armées royales d’entrer dans la région d’Oued Eddahab pour faire échouer le plan du Polisario et son allié algérien. Avant même que l’encre de l’accord entre le front séparatiste et le pays voisin ne sèche, les Forces armées royales se déployaient déjà à Oued Eddahab.

Le 14 août 1979, un certain nombre de Oulémas et de chefs de tribus de Oued Eddahab se sont rendus à la capitale Rabat pour prêter allégeance à feu le roi Hassan II.

Six jours plus tard, le ministère de l’Intérieur a sorti le décret numéro 2.79.659 qui indiquait la création de la municipalité Oued Eddahab. Le 4 mars 1980, Hassan II s’est dirigé vers Dakhla, capitale de la région, et y a organisé la cérémonie d’allégeance qui a lieu lors de la fête du Trône. A travers cet acte, le Maroc envoyait plusieurs messages forts au front Polisario et à l’Algérie.

Zaïnab Aboulfaraj

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