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Pour avoir exprimé une opinion personnelle, S E Mme Marième Mint Aoufa démissionne

Pour avoir exprimé une opinion personnelle sur son compte twitter à propos d’un journaliste français de Charlie Hebdo, l’ambassadrice, S E Mme Marième Mint Aoufa , «estimant» être sortie du cadre de la politique générale du gouvernement, a rendu sa démission.

« Par respect aux principes et engagements du Président de la république, Monsieur Mohamed Ould Cheikh Ghazouani et eu égard à la souveraineté de mon pays, j’ai décidé de présenter ma démission, de la fonction de de Directrice du département Amérique et Asie et ce à cause d’un texte que j’ai publié par erreur, en contradiction avec avec les convenances et les idéaux qui singularisent la direction de mon pays. »

Marième Mint Aouffa


Elle rejoint ainsi les deux ou trois prestigieuses personnalités qui, en 59 ans d’indépendance, ont choisi délibérément de quitter leur poste pour une question de principes.
Parmi ces personnalités, je me rappelle particulièrement de Feu Colonel Kader et Mohamed Abderrahmane Ould Moïne (démissionnaires du temps du lt colonel Haidalla) et Ould Naty, (démissionnaire du temps de Maaouya Ould Taya).
Il se peut qu’il y en ait d’autres, mais j’avoue ne pas m’en rappeler ou ne pas les connaître.
Cette démission de Mint Ova, en plus d’être tout à son honneur, pose le problème de la dimension publique et privée de nos comptes sur les réseaux sociaux et de ce qui s’y décline.
Est-ce que mon compte Facebook ou twitter ou autre n’est pas mon petit coin privé où ce que j’exprime comme attitude n’engage que moi et n’est pas l’affaire de l’administration ou j’émarge?
Est-ce que le directeur ou le ministre a le droit de s’ériger en rédacteur en chef de ma page facebook, twitter ou autre?
Et ma liberté de m’exprimer, de faire des coup de gueule, de dénoncer, de cracher tout ce qui me passe par la tête, où est-elle?
Qu’en est-il resté, si derrière chaque lettre ou syllabe que je prononce, je dois entrevoir la silhouette du ministre ou du directeur censeur?
On se rappelle que le jeune Ould Haïmer a été débarqué il y a quelques temps de l’une des directions du ministère de l’hydraulique pour avoir reproché à l’ex PM Ould Hademine d’avoir contourné, sans ménagement, des centaines de passagers bloqués sur la Route de l’Espoir pour cause d’accident de voiture. Plus récemment, des collègues de la télévision de service public ont été sanctionnés par leur hiérarchie pour s’être exprimés sur leurs comptes facebook.
Tout en magnifiant le geste de l’ambassadrice Ova, je crois qu’il est temps que l’Administration tranche cette histoire de dualité des comptes sur les réseaux sociaux.
Naturellement, je pose ce problème uniquement parce qu’il concerne une bonne part du public.
Perso, je suis, je serai et resterai, jusqu’à la fin de mes jours, l’unique décideur de ce qui se publie sur mon compte et je n’accepterai à aucun moment de taire ce que je perçois comme étant un comportement tordu, quelle qu’en soit l’origine.
Pour moi donc, c’est réglé mais je m’en fais pour les autres. Qu’en pensez-vous?

Ely Abdellah

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Mariem Aouffa n’est qu’une victime, présente parmi beaucoup d’autres potentielles à venir

Mariem Aouffa n’est qu’une victime, présente parmi beaucoup d’autres potentielles à venir, d’une mentalité fausse et anachronique, que nous développons dans l’ombre et condamnons à la lumière.
Elle n’a fait que s’exprimer, agir et réagir, comme nous le lui avons inculqué.
Seulement une fois sous les faisceaux de la raison humaine et les rapports réciproques mondiaux, nous avons été obligé de la condamner lâchement, comme d’habitude, pour avoir été fidèle au valeurs fossilisées que nous avons vissées nidifiées dans son inconscient.
Résultat : elle a été fidèle à l’enseignement reçu et nous avons été des « langues fourchues», comme d’habitude.
Elle a condamné un monsieur, le prenant pour un juif, (synonyme pour elle de génocide palestinien), et nous l’avons condamnée, pour avoir condamné, ce que nous l’avons entraîné à condamner, les yeux fermés et la main sur le cœur.
Si au moins on lui avait expliqué que son prophète (psl), commerçait avec les juifs, les protégeait, quand ils étaient sous sa gouvernance et ne faisait la guerre que contre ceux d’entre eux qui la lui déclaraient.
Et qu’Allah a dit :
لا ينهاكم الله عن الذين لم يقاتلوكم في الدين و لم يخرجوكم من دياركم أن تبروهم و تقسطوا إليهم إن الله يحب المقسطين
« Allah ne vous défend pas d’être bienfaisant et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion, et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables».
La démission de cette femme, met à nu l’une des curieuses contractions nationales.
Le juif qui combat les palestiniens et qui détruit leurs demeures est différent de beaucoup d’autres groupes de juifs, qui manifestent et se manifestent chaque jour contre cette spoliation et l’asservissement de ce peuple isolé.

Mohamed Hanevi

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Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M): Communiqué de presse

1. Dans la soirée du 13 janvier courant, Madame Mariem Aoufa, Directrice du département Amérique et Asie au ministère des affaires étrangères et de la coopération, publiait sa démission, sur le compte twitter où l’avant-veille, elle soutenait l’expulsion d’un Français, Jean-Marc Pelenc, membre de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) ; elle le qualifiait de « ce juif » et l’exposait ainsi au risque de l’atteinte à son intégrité physique, en lui imputant une relation – d’ailleurs fictive- avec le journal Charlie Hebdo, victime, en 2015, d’une tuerie terroriste, à Paris.

Par la même occasion, Madame Aoufa dit respecter peuples et religions, reconnait l’erreur et présente des excuses, aux personnes que son propos blesserait.

2. Ira Mauritanie prend acte de la contrition et salue le courage de l’auteur, dans un pays où l’impunité et l’extrémisme religieux favorisent plutôt la banalisation du fait accompli. Un cas similaire mérite mention : à la fin de l’année 2019, le juge d’instruction du 1er  cabinet près la Cour criminelle de Nouakchott Sud, Ethmane Ould Mohamed Mahmoud, renonçait à sa charge ; quelques semaines auparavant, en septembre, il livrait une mineure victime d’esclavage, à ses maitres et annulait leur détention, pourtant réclamée par le Parquet. Les deux évènements augurent d’une dynamique qualitative vers l’Etat de droit, malgré la sédimentation du passif et du déni, devant l’évidence de crimes aggravés de racisme.

4. En conséquence, l’Ira-M, Ong toujours interdite, présente félicite le gouvernement, sans doute vecteur d’un tel dénouement et l’encourage à une réforme, en profondeur, du personnel de l’Etat ; il importe d’y vérifier les diplômes, les aptitudes, le niveau de formation et surtout les causes indues de recrutement. Il n’est pas superflu de réaliser un tel audit, lequel implique la restauration du mérite, la fin des discriminations fondées sur l’ethnie et la langue, l’enseignement de la déontologie, du protocole et du savoir-vivre moderne. La composition des agents du ministère des affaires étrangères et de la coopération, en dépit de la diversité de leurs talents, témoigne d’inégalités et de privilèges, incompatibles avec les rudiments de la citoyenneté. Le grief n’épargne d’autres secteurs de la fonction publique mais il revêt, chez nos diplomates, un degré inouï de d’injustice. Il appartient, au nouveau Président de la république, d’insuffler les réformes, jusqu’ici différées, pour « laisser le temps au temps », la fameuse devise de la stagnation. Les nominations en Conseil des ministres attesteront du renouveau escompté ou l’infirmeront, assez vite.

5. Enfin, Ira-M, au nom de son ancrage universaliste, continue à défendre et promouvoir les valeurs d’hospitalité, de tolérance et de xénophilie, gages d’unité de l’espèce humaine, envers et contre les passions de la supériorité et les démons du différentialisme.

Nouakchott, 14 janvier 2020

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Au Sahel, les drones Reaper sont la nouvelle arme de l’armée française contre les jihadistes

Emmanuel Macron va réunir ce lundi à Pau, les chefs d’État du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie). Sur place, les soldats de l’opération Barkhane ont une nouvelle arme: un drone armé, capable de traquer et détruire les positions jihadistes. Le système a été testé, il est aujourd’hui opérationnel.

Mise en ligne le 13/01/2020

BFMTV.COM

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Sommet de Pau : La montagne va-t-elle accoucher d’une souris ?

Ce lundi 13 janvier 2020, le Président Emmanuel Macron est en compagnie des dirigeants des pays du G5 Sahel, les principales victimes du terrorisme international. Ils sont appelés à s’expliquer sur le rejet par leur opinion publique de la présence militaire française. A cette occasion, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie devront apporter des gages solides à la France afin qu’elle puisse continuer le déploiement des soldats de l’opération Barkhane. Ou tout simplement demander le retrait de cette force que la majorité des populations sahéliennes rejette. Une problématique à laquelle les Chefs d’Etat du Sahel doivent se résoudre à apporter des éléments de réponse.

Actuellement, le Burkina Faso, le Mali et le Niger font constamment les frais des attaques terroristes sur les populations civiles, les garnisons militaires et les infrastructures de développement au point que les trois Etats sont sur le point de se désintégrer, alors qu’ils sont liés à la France par des accords de coopération militaire. C’est notamment le cas du Mali.
Afin de renforcer sa couverture territoriale, l’Etat malien a signé un accord de défense avec la France. Mais en dépit de ce dispositif, la situation au Mali n’a cessé d’empirer ces dernières années. Du nord du Mali, le terrorisme a gagné le centre, voire le sud. Des milliers de Maliens (militaires comme civils) sont sommairement exécutés. Les infrastructures sont sabotées, les forains sont quotidiennement attaqués sur les routes avec des dégâts matériels extrêmement lourds.

Actuellement, de nombreux maliens jugent inutiles les opérations françaises, de même que les mécanismes onusiens. C’est un point de vue qui est partagé par les manifestants du vendredi 10 janvier à Bamako. Lesquels ont demandé le départ des troupes militaires étrangères du territoire malien. La désapprobation de la présence des forces extérieures au Mali est aussi due au quasi statut particulier de Kidal. Cette ville et ses environs, depuis l’opération Serval en janvier 2013, demeurent interdits aux Famas. Alors que cette enclave est vivement considérée par de nombreuses sources comme le point de départ et la base-arrière des mouvements terroristes qui frappent constamment au Sahel.
Il y a quelques mois, le statut « spécial » de Kidal avait été dénoncé par le président nigérien. Mamadou Issoufi aura-t-il le courage de l’évoquer à nouveau lors de ce sommet de Pau pour contraindre le président Macron à y mettre fin ? L’ensemble des Chefs d’Etat du Sahel vont-ils enfin réclamer à la France de sortir de l’opacité en clarifiant ses opérations militaires ? Ce sont autant d’interrogations auxquelles les opinions publiques sahéliennes attendent des réponses précises et claires. Que les Chefs d’Etat sahéliens soient leurs porte-paroles face au président français pour qu’il clarifie les missions assignées à ses soldats au Sahel !

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