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Djihadistes français en Syrie : Belloubet songe au rapatriement

La ministre de la Justice a indiqué que l’idée d’un tribunal européen en Irak pour les juger n’était plus d’actualité, en raison des troubles. Source AFP
Publié le 11/01/2020 à 14:30 – Le Point.fr

La France va-t-elle rapatrier les djihadistes français actuellement détenus par les Kurdes en Syrie ? La ministre de la Justice a esquissé cette idée samedi, dans un entretien dans le journal Libération. Jusqu’à présent, la France pensait établir un tribunal mixte en Irak avec d’autres nations européennes pour juger les djihadistes que les pays ne veulent pas reprendre, une idée « que nous aurions appuyée », indique Nicole Belloubet. Mais « la donne a changé », explique-t-elle, sans donner de précisions supplémentaires.

« Dans ce cas-là, s’il n’est plus possible de les juger sur place, je ne vois pas d’autre solution que de rapatrier ces gens en France. Tout combattant terroriste qui serait rapatrié serait judiciarisé comme nous l’avons toujours fait », fait savoir Nicole Belloubet. Elle ajoute : « On ne peut prendre le risque d’une dispersion dans la nature. » « On ne va pas avoir cinquante solutions : soit on va les rapatrier, car on considère qu’il vaut mieux qu’ils soient sous contrôle français, soit ils s’évaporeront… Avec les risques que cela suscite. »

Position française inchangée


Samedi midi, l’entourage de la ministre a assuré que sa ligne n’a pas changé. « Notre position est constante, nous considérons que les djihadistes doivent être jugés dans les endroits où ils ont commis leurs exactions. C’est pourquoi nous appuyons, avec d’autres États européens, le principe de leur jugement en Irak avec l’ensemble des garanties qui s’imposent », a-t-on indiqué.

À la mi-décembre, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait reconnu que la question d’un jugement en Irak n’était « pas réalisable à court terme », en raison notamment de la révolte qui secoue ce pays. Depuis, l’Irak est également devenu un théâtre de l’affrontement entre l’Iran et les États-Unis.

Le chef de la diplomatie avait déclaré qu’en l’absence de procès réalisables en Irak à court terme le sort des djihadistes étrangers détenus par les Kurdes relèvera du processus de règlement politique en Syrie sous l’égide de l’ONU.

La question des enfants


Le chef de la diplomatie française avait rappelé la position intangible de la France concernant le sort de ses ressortissants membres du groupe État islamique (EI) – leur jugement sur le théâtre où ils ont combattu – et souligné qu’elle était partagée par nombre de pays européens. Contacté par l’AFP, le Quai d’Orsay n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Nicole Belloubet juge par ailleurs; dans Libération; qu’il n’est « pas acceptable » que de très jeunes enfants de djihadistes français soient retenus dans des camps au Kurdistan. Elle met toutefois en avant des questions « juridique » – la nécessité d’obtenir l’accord de la mère pour le rapatriement de l’enfant –, « factuelle » – la situation sur place « ne permet plus » d’aller chercher ces enfants – et « politique », « l’acceptabilité du retour de ces enfants pour nos concitoyens ».

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Taïwan : la présidente sortante remporte l’élection face à son rival pro-Pékin

Les électeurs étaient appelés à départager deux visions divergentes de l’avenir de l’île et de ses relations avec la Chine.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h28, mis à jour à 14h53

La présidente sortante de Taïwan, Tsai Ing-wen, a remporté l’élection présidentielle dans l’île, selon des résultats partiels publiés samedi 11 janvier. Elle a annoncé sa victoire, tandis que son principal adversaire, Han Kuo-yu, a reconnu sa défaite.

Après le dépouillement de plus de 10 millions de bulletins, la chaîne de télévision SET TV créditait Tsai Ing-wen, en poste depuis 2016, de 57,7 % des votes et CtiTV de 56,7 %. Dix-neuf millions d’électeurs étaient appelés à départager deux visions divergentes de l’avenir de l’île et de ses relations avec Pékin, son plus grand partenaire commercial.

« Taïwan a montré au monde à quel point nous aimons notre mode de vie libre et démocratique ainsi que notre nation, a indiqué Mme Tsai à la presse en annonçant sa victoire. La paix c’est que la Chine abandonne ses menaces contre Taïwan. J’espère que les autorités à Pékin comprendront que Taïwan, pays démocratique, et que notre gouvernement démocratiquement élu, ne cèderont pas aux menaces et à l’intimidation. » La Chine considère l’île comme une de ses provinces et a juré d’en reprendre un jour le contrôle, par la force si nécessaire.

Tsai Ing-wen revient de loin
Tsai Ing-wen se présente comme la garante des valeurs démocratiques face au pouvoir jugé autoritaire du président chinois Xi Jinping. Tout comme sa formation politique, le Parti démocratique progressiste (DPP), qui milite traditionnellement pour l’indépendance, Tsai Ing-wen rejette le principe de l’unité de l’île et du continent au sein d’une même Chine. Cette position a provoqué l’ire de Pékin qui, depuis son arrivée à la présidence de Taïwan, n’a cessé de durcir le ton. La Chine a ainsi rompu toutes les communications officielles avec son gouvernement tout en intensifiant les pressions économiques et les exercices militaires.

Il y a un an, peu de personnes auraient parié sur une victoire de Tsai Ing-wen. A l’époque, elle était à la peine dans les sondages et le parti d’opposition Kouomintang (KMT) réalisait une percée aux élections locales. Han Kuo-yu, nouveau venu sur la scène politique et membre du KMT, avait alors remporté la mairie de Kaohsiung, historiquement un fief du DPP.

Il a ensuite été désigné candidat à la présidentielle de son parti. Mais l’élan autour de sa candidature a commencé à faiblir, ses détracteurs dénonçant notamment son manque d’expérience et ses relations trop chaleureuses avec Pékin.

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Haitham ben Tarek nouveau souverain d’Oman

Haitham ben Tarek, ministre du Patrimoine et de la Culture et cousin du défunt sultan Qabous, a prêté serment comme nouveau sultan d’Oman, a annoncé samedi le gouvernement.
« Haitham ben Tarek a prêté serment comme nouveau souverain (…) après une réunion de la famille royale qui a validé le choix d’un successeur fait par le défunt sultan », a souligné le gouvernement.

La télévision publique d’Oman a précisé que la la famille royale avait décidé d’ouvrir la lettre dans laquelle le sultan Qabous a désigné son successeur.

Le sultan Qabous d’Oman est mort, vendredi soir, à l’âge de 79 ans après un demi-siècle de règne.

Haitham ben Tarek, âgé de 65 ans, a occupé le poste de sous-secrétaire du ministère des Affaires étrangères pour les affaires politiques, avant de devenir ministre du Patrimoine et de la Culture au milieu des années 1990.

menara.ma

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Venezuela: Guaido appelle à manifester contre Maduro jeudi, vendredi et samedi

Le chef de file de l’opposition vénézuélienne Juan Guaido a appelé mardi ses compatriotes à manifester jeudi, vendredi et samedi contre Nicolas Maduro, quelques heures après avoir prêté serment comme président du Parlement pour un deuxième mandat d’un an.

« Il est l’heure de se dresser et de se dresser avec force », a lancé Juan Guaido lors d’une conférence de presse. « Nous allons nous mobiliser pour des activités de rue jeudi et vendredi, et samedi nous serons tous dans la rue », a-t-il ajouté, précisant qu’il comptait aussi retourner à l’Assemblée nationale mardi prochain.

lnc.nc

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Trump ne menace plus les sites culturels iraniens

WASHINGTON (Reuters) – Le président américain Donald Trump a assuré mardi devant la presse qu’il respecterait le droit international en évitant de cibler des sites culturels iraniens dans la perspective de frappes de représailles à une opération de Téhéran pour venger la mort du général Qassem Soleimani.

Viser des sites culturels est considéré comme un crime de guerre dans le droit international.
« Si c’est la loi, j’aime obéir à la loi », a déclaré Trump à l’occasion d’une rencontre dans le Bureau ovale avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. « Mais réfléchissez: ils tuent nos compatriotes, ils font sauter nos compatriotes et on doit être très gentils avec leurs institutions culturelles. Mais je suis d’accord avec ça. C’est OK pour moi. »

« Je dirai ceci: si l’Iran fait quoi que ce soit qu’il ne devrait pas faire, il en subira les conséquences et très durement », a ajouté le président américain.
L’Unesco a rappelé lundi les Etats-Unis au respect du patrimoine culturel de l’Iran.

Le Pentagone avait souligné dès lundi que l’armée américaine n’avait pas l’intention de violer les lois des conflits armés.

Donald Trump a également réaffirmé qu’il souhaitait retirer les troupes américaines d’Irak lorsqu’il serait temps, une fois que Bagdad serait en mesure d’assurer sa propre sécurité.

(Steve Holland, version française Jean-Stéphane Brosse)

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Trump menace de frapper 52 sites en Iran, la tension monte

Le président Donald Trump a averti Téhéran que les Etats-Unis ont identifié 52 sites en Iran et les frapperont « très rapidement et très durement » si la République islamique attaque du personnel ou des objectifs américains.

Certains de ces sites iraniens « sont de très haut niveau et très importants pour l’Iran et pour la culture iranienne », a précisé M. Trump dans un tweet. « Les Etats-Unis ne veulent plus de menaces! », a-t-il prévenu.

M. Trump a souligné que le chiffre de 52 correspondait au nombre d’Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d’un an à partir de la fin de 1979 à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran.

Les factions pro-Iran en Irak font monter la pression sur les bases abritant des soldats américains à l’issue d’une journée de défilés monstres pour les funérailles du puissant général iranien Qassem Soleimani tué à Bagdad par les Américains.

En Irak, samedi en soirée a débuté ce qui pourrait être le début de l’escalade tant redoutée depuis le raid qui a pulvérisé vendredi le convoi de Soleimani et d’Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, coalition de combattants pro-Iran désormais intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

Des roquettes et obus de mortier se sont abattus quasi-simultanément dans la Zone verte de Bagdad, où se trouve l’ambassade américaine, et sur une base militaire plus au nord, où sont déployés des soldats américains, sans faire de victimes.

  • « Guerre directe » –

« Les Etats-Unis attaquent directement un général iranien et des groupes combattent désormais ouvertement au service de l’Iran pour venger ce général: ce n’est plus une guerre par procuration, c’est une guerre directe », affirme à l’AFP Erica Gaston, chercheuse à la New America Foundation.

Des Irakiens entourent la voiture transportant les cercueils du général iranien Qassem Soleimani et de l’homme de l’Iran en Irak, Abou Mehdi al-Mouhandis, tués dans un raid américain, lors de leurs obsèques à Bagdad, le 4 janvier 2020
Après les attaques de samedi soir, les brigades du Hezbollah, la faction la plus radicale du Hachd, ont appelé les forces de sécurité irakiennes à s’éloigner « d’au moins 1.000 mètres » des bases irakiennes où sont présents les soldats américains, à partir de dimanche à 17H00 (14H00 GMT).

Plus tôt dans la journée, le Parlement doit tenir une séance extraordinaire au cours de laquelle il pourrait voter l’expulsion des 5.200 militaires américains déployés en Irak.

L’Otan a déjà suspendu ses opérations en Irak et la coalition antijihadistes emmenée par les Etats-Unis les a réduites tout en renforçant la sécurité des bases où sont les Américains. Washington a déjà annoncé le déploiement de 3.000 à 3.500 soldats supplémentaires dans la région.

En soirée, des drones survolaient la base K1 de Kirkouk où sont postés des Américains, de même que celle de Balad, également au nord de Bagdad, selon des sources sur place.

Samedi, les appels à la « vengeance » ont fusé au milieu des drapeaux américains en feu et des cris de « Mort à l’Amérique » dans des défilés de dizaines de milliers d’Iraniens en pleurs à Téhéran, ou d’Irakiens en noir et se frappant la poitrine en signe de deuil à Bagdad, Kerbala et Najaf, deux villes saintes au sud de la capitale.

En présence du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi et de hauts commandants du Hachd, ils ont accompagné dans la Zone verte ultrasécurisée les cercueils des dix hommes tués vendredi par un drone américain près de l’aéroport de Bagdad.

Devant celui de Mouhandis, Hadi al-Ameri, patron des députés pro-Iran au Parlement, a lancé: « Sois-en sûr, le prix de ton sang sera le départ des troupes américaines d’Irak ».

Et à l’approche de la réunion au Parlement, un député pro-Iran avertit déjà: « chaque député qui n’assistera pas au vote pour bouter l’occupant hors d’Irak sera un traître à la patrie ».

Des partisans de paramilitaires irakiens pro-iraniens portent une banderole avec des photos des commandants iranien et irakien tués, Qassem Soleimani et Abou Mehdi al-Mouhandis, avec le slogan « le sang pur des martyrs va faire vaciller le trône d’Amérique », à Bagdad le 4 janvier 2020
L’assassinat de Soleimani a créé un consensus rare contre les Etats-Unis dans un Irak secoué depuis des mois par une révolte contre le pouvoir et la mainmise de l’Iran.

  • « Prêts » –

Parce que Washington a « violé la souveraineté de l’Irak », selon les mots des plus hauts dirigeants, le Hachd a appelé ses combattants à se « tenir prêts » et le leader chiite irakien Moqtada Sadr a réactivé sa milice dissoute après avoir harcelé l’occupant américain en Irak (2003-2011).

Lors des obsèques à Bagdad, plusieurs chefs du Hachd se sont montrés après des rumeurs, démenties, sur la mort de plusieurs d’entre eux dans un raid samedi avant l’aube, au nord de Bagdad, contre un convoi du Hachd.

La télévision d’Etat irakienne a accusé les Etats-Unis d’avoir encore frappé, mais un porte-parole de la coalition antijihadistes a assuré qu' »aucun raid américain ou de la coalition n’avait eu lieu ».

Depuis l’assassinat de Soleimani il y a près de 48 heures, la communauté internationale redoute la déflagration.

Moscou et Paris ont appelé à ne pas « aggraver sérieusement la situation » au Moyen-Orient.
assem Soleimani
Justifiant l’ordre de tuer Soleimani, le président américain Donald Trump a assuré qu’il préparait des attaques « imminentes » contre diplomates et militaires américains.

  • « Ridicule » –

L’ambassadeur iranien à l’ONU Majid Takht Ravanchi a lui dénoncé un « acte de guerre » appelant une réponse « militaire ».

L’Iran a aussi annoncé avoir retoqué un appel américain « ridicule ». Dans un message transmis par la Suisse qui représente les intérêts des Etats-Unis en Iran en l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays, Washington a dit à Téhéran: « +si vous voulez vous venger, vengez-vous proportionnellement à ce que nous avons fait+ », a rapporté un haut dirigeant iranien.

« Personne n’imagine que les Iraniens vont reculer », tranche la spécialiste de l’Iran, Erica Gaston.

Malgré l’escalade verbale, le travail diplomatique en coulisses semble s’intensifier. Le chef de la diplomatie qatarie, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, dont le pays est proche de l’Iran et abrite la plus grande base américaine au Moyen-Orient, a rencontré son homologue iranien Mohammad Javad Zarif à Téhéran.

En Irak, Mouhandis et les quatre autres Irakiens tués ont été enterrés en soirée à Najaf dans le plus grand cimetière chiite du monde.

Les corps des cinq Iraniens tués avec eux, dont Soleimani, seront eux transférés dimanche vers leur pays. Le puissant général sera enterré mardi à Kerman (centre), après trois jours de cérémonies d’hommage.

Son assassinat a été ordonné deux jours après l’attaque de l’ambassade américaine lors du cortège funéraire de 25 combattants des brigades du Hezbollah tués dans un autre bombardement américain dimanche.

Washington avait alors répondu à la mort d’un sous-traitant américain dans une énième attaque à la roquette, attribuées aux pro-Iran par Washington mais jamais revendiquées.

AFP

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Réforme des retraites : Plusieurs milliers de manifestants défilent à Paris

MOBILISATION Des cortèges de plusieurs centaines de manifestants se sont également rassemblés à Marseille, Rennes ou encore Rouen

20 Minutes avec AFP
Publié le 04/01/20 à 20h47 — Mis à jour le 04/01/20 à 23h47
Des manifestants marchent à Paris, le 4 janvier 2020, pour réclamer le retrait de la réforme des retraites.
Des manifestants marchent à Paris, le 4 janvier 2020, pour réclamer le retrait de la réforme des retraites. — Christophe Ena/AP/SIPA
La grogne persiste dans la capitale. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris, et dans d’autres villes de France, pour demander le retrait de la réforme des retraites, à l’appel des unions départementales CGT, FO, Solidaires et FSU. Selon la préfecture de police, le cortège parisien a rassemblé 3.500 personnes, dont 550 identifiés comme « gilets jaunes », qui sont assez peu présents dans les cortèges depuis le début de la contestation sur les retraites.

Derrière une banderole réclamant « Macron, retire ton projet, sauvegardons et améliorons nos retraites », le défilé s’est déroulé tranquillement entre la Gare de Lyon et la Gare de l’Est. Place de la Bastille, les manifestants, parmi lesquels aussi quelques blouses blanches et des enseignants, ont salué l’Opéra en scandant « la clause du grand-père, on en veut pas ! », en référence à la proposition qui a été faite aux danseurs de l’Opéra que seuls les nouveaux entrants ne bénéficient plus d’un départ à la retraite à 42 ans, proposition qu’ils ont rejetée. Beaucoup d’opposants portaient pancartes et boîtes en carton tentant de collecter de l’argent pour aider les grévistes.

Nouvelles manifestations les 9 et 11 janvier
A Marseille, également, quelques centaines de personnes ont manifesté au départ du Vieux Port (600, selon la police). Des « gilets jaunes » ont pris la tête du cortège sous un grand soleil, suivis par des militants CGT et Solidaires principalement. A Rouen, 850 manifestants selon la police, 2.000 selon la CGT ont manifesté dans le centre-ville. Au Havre, 200 manifestants, selon la CGT, ont fait 37,5 fois le tour de l’Hôtel de Ville à vélo ou trottinette pour réclamer le retour aux 37,5 annuités de cotisation nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein, en vigueur avant 1993. A Rennes, entre 200 manifestants, selon la police, et 400 selon les syndicats, dont des « gilets jaunes » ont défilé en centre-ville.

La grève dans les transports, SNCF et RATP, est entrée samedi dans son deuxième mois, une durée inégalée qui a dépassé le précédent record de 28 jours consécutifs, établi en 1986-87. Une intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires, FSU demande le retrait de la réforme des retraites, qui prévoit la fusion des 42 régimes existants en un seul, universel et par points. Une prochaine manifestation est prévue le 9 janvier, ainsi qu’une autre, deux jours plus tard, le samedi 11 janvier.

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Espagne : Pedro Sanchez défend le dialogue avec la Catalogne

Le socialiste espagnol a défendu samedi devant les députés sa candidature pour être investi président d’un gouvernement d’union de la gauche inédit, avec l’aval d’indépendantistes catalans.

Par Isabelle Piquer Publié aujourd’hui à 00h01, mis à jour à 00h26 Monde
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Le socialiste Pedro Sanchez lors du débat d’investiture au parlement espagnol à Madrid, le 4 janvier.

Pedro Sanchez s’attendait à une investiture compliquée. Il a été servi. Lors d’un débat houleux au parlement espagnol samedi 4 janvier, le premier ministre socialiste a vigoureusement défendu sa candidature face aux attaques virulentes de la droite qui une fois de plus l’a accusé d’être l’otage des indépendantistes catalans.

« Ni l’Espagne, ni la Constitution ne vont se briser, c’est le blocage qui va se briser », a lancé M. Sanchez au début de son intervention, revendiquant la voie du dialogue pour sortir la Catalogne de l’impasse. « Nous n’allons pas résoudre du jour au lendemain un problème vieux de dix ans, a-t-il ajouté, mais nous pouvons y arriver [avec] générosité et empathie. »

Formule ambiguë sur la Catalogne
Le responsable socialiste défendait ainsi l’accord conclu quelques jours auparavant avec la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) qui a mis en place un processus de négociations entre les gouvernements de Madrid et de Barcelone sur le futur de la région.

Au cœur de la polémique, la clause selon laquelle le résultat des pourparlers devra être « validé démocratiquement » par les Catalans, une formule ambiguë qui a donné lieu à diverses interprétations.

ERC a affirmé que la consultation pouvait aller « au-delà » de ce qui était prévu dans la Constitution espagnole. Le Parti socialiste (PSOE) a expliqué de son côté qu’il ne s’agira en aucun cas d’un référendum d’autodétermination. « Voter, oui, mais en faveur d’un accord et non d’une rupture », a insisté M. Sanchez au parlement.

Conscient de détenir les clés de l’investiture, grâce à l’abstention de ses treize députés, le porte-parole d’ERC Gabriel Rufian a lancé un avertissement au premier ministre : « Si l’accord n’est pas respecté, il n’y aura pas de législature », a-t-il dit dans son intervention.

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Investir pour les réfugiés et ceux qui les accueillent : un impératif de développement

Il y a aujourd’hui dans le monde davantage de réfugiés qu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Près de 26 millions de personnes ont été déplacées de force et ont dû fuir leur pays pour échapper à la fragilité, aux conflits et à la violence.

Cette semaine, le Forum mondial sur les réfugiés a mis en lumière ce que les grands titres des journaux oublient souvent de dire, à savoir que 85 % des réfugiés dans le monde se trouvent dans des pays en développement et que les trois quarts le sont toujours au bout de cinq ans . Ces déracinements qui se prolongent peuvent avoir des effets dévastateurs.

Tous les réfugiés, et particulièrement les femmes, sont exposés à des risques plus élevés de violence et d’exploitation. Ceux qui cherchent un emploi n’ont souvent que peu de chances d’en trouver et peuvent être contraints de travailler illégalement ou dans des conditions dangereuses. En outre, parce qu’ils sont privés des bénéfices d’une bonne santé, de l’éducation et de la stabilité, les enfants réfugiés risquent de former une « génération perdue », privée de compétences productives et de perspectives d’emploi.

C’est précisément pour répondre aux besoins de santé et d’éducation à long terme des réfugiés et favoriser leur accès à des emplois et des débouchés que les actionnaires de la Banque mondiale nous appellent à nous investir davantage dans la question des déplacements forcés. Les investissements dans le développement s’inscrivent en effet dans le temps long et viennent compléter la réponse humanitaire immédiate, contribuant ainsi à limiter les effets délétères des déplacements prolongés. Par ailleurs, une telle démarche est cohérente avec l’aide au développement des communautés d’accueil, lesquelles réclament souvent des interventions globales, tenant compte de leurs propres besoins comme de ceux des réfugiés.

La Banque mondiale intensifie par conséquent depuis plusieurs années son soutien dans ce domaine, en réponse à l’aggravation de la crise mondiale provoquée par la hausse des déplacements forcés. Lors du Forum mondial sur les réfugiés, j’ai eu l’occasion d’annoncer l’établissement d’un dispositif de financement dédié aux réfugiés et aux communautés d’accueil, au titre de la 19e reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-19). Doté de 2,2 milliards de dollars pour les trois prochaines années, il s’inscrit dans la continuité d’une précédente enveloppe de 2 milliards mise en place dans le cadre d’IDA-18.

Ce guichet constitue la principale source de financements de l’IDA pour les réfugiés et les communautés d’accueil, mais il s’accompagnera d’un milliard de dollars supplémentaires provenant d’autres ressources, dont notamment l’enveloppe allouée aux pays en situation de fragilité, de conflit et de violence, qui a été multipliée par deux pour atteindre 14 milliards de dollars au cours d’IDA-18. Celle-ci a été portée à 18,7 milliards de dollars au titre d’IDA-19, sachant par ailleurs que ces pays devraient également bénéficier d’une part importante des 2,5 milliards de dollars qui seront alloués dans le cadre d’un nouveau dispositif de financement destiné à dynamiser le secteur privé et à créer des emplois.

De plus, le Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF), mis en place par la Banque mondiale pour venir en aide aux pays à revenu intermédiaire accueillant un grand nombre de réfugiés, a également augmenté ses financements. Les dons accordés à ces pays ont ainsi doublé au cours de la même période, passant de 160 à 320 millions de dollars.

Outre l’aide directe apportée aux réfugiés et aux communautés d’accueil, la Banque mondiale entend réduire les facteurs qui poussent les populations à quitter leur foyer pour trouver refuge ailleurs, en s’attachant à remédier aux causes sous-jacentes de la fragilité et des conflits. Les financements prévus au titre d’IDA-19 porteront sur des domaines qui exigent un effort de long terme :

l’éducation – parce que la moitié des réfugiés sont des enfants et qu’il faut à tout prix éviter que cette crise n’engendre une « génération perdue » ;
l’emploi –parce que c’est la clé de l’autonomie et de la dignité, à la fois pour les communautés d’accueil et les réfugiés qui vivent souvent dans des régions isolées ;
la condition féminine – parce qu’un grand nombre de femmes et de filles réfugiées subissent des épreuves tragiques ;
la prévention et l’anticipation – parce que c’est indispensable pour réduire ces crises et mieux les gérer ;
les données et le suivi – parce que c’est en nous fondant sur des éléments probants que nous pouvons veiller à ce que nos interventions touchent effectivement les populations ciblées et qu’elles débouchent sur les résultats attendus. Afin de mieux mesurer les effets de l’afflux de réfugiés sur les populations d’accueil et guider ainsi notre action, nous avons mis en place avec le HCR un nouveau centre conjoint de données sur les déplacements forcés (a).
Ce soutien renforcé traduit notre volonté d’assumer une responsabilité partagée

Axel van Trotsenburg

Directeur général des opérations de la  Banque mondiale

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Dialogue national inclusif: l’étape des recommandations

 bamada.net 21/12/2019

Le Dialogue National Inclusif (DNI) se prépare à rendre ses recommandations. Après la journée de synthèse destinée à mettre en commun les recommandations des différents groupes de travail, cette journée du 20 décembre est consacrée à la plénière qui enregistre les observations et autres suggestions non encore prises en compte.

Mais c’est aussi l’occasion pour les participants d’insister sur les points essentiels pour la réussite de ces assises. Les recommandations ont d’ailleurs été formulées  et classées en actions prioritaires à court, moyen et long terme.

Pour Madame Mariam Djibrilla Maïga représentante du Conseil national  de la société civile et présidente de l’association de lutte contre la prolifération des armes légères, il faut renforcer la collaboration entre les forces de sécurité et les  communautés. Pays continental aux « 6 frontières souvent poreuses », le Mali doit davantage sécuriser celles-ci en développant un partenariat fécond avec les autres pays, précise Madame Maïga.

« La culture est le socle de tout ce que nous faisons », dira pour sa part M. Adama Samassékou, ancien ministre de l’Education du Mali. Selon lui, l’enseignement des valeurs sociétales doit être inscrit  dans les objectifs à court terme. Et il faut immédiatement éradiquer la violence dans l’espace scolaire et universitaire et assainir le milieu car la drogue y a fait son apparition. C’est le préalable à toute discipline à l’école, condition sine qua none d’un apprentissage. Il s’insurge également contre tout «  mimétisme dans tous les domaines ».

L’ancien président de la CENI, non moins membre du Haut Conseil Islamique, M. Mamadou Diamoutani est revenu sur la nécessité de la création d’une structure unique et indépendante  de gestion des élections. Il a également souligné le besoin de l’adoption de décrets pour faire appliquer le nouveau code de la famille et des personnes, adopté il y a 7 ans en 2011. M. Diamoutani a aussi souhaité une application effective de la loi sur l’ouverture des bars.

Le président du Conseil Supérieur de la Diaspora malienne qui a souhaité au nom de son organisation le couplage des élections législatives et référendaire a émis le vœu de voir son organisation figurer parmi les membres du comité de suivi pour la mise en œuvre des recommandations du Dialogue National Inclusif.

Attentes

L’objectif de ces discussions est de permettre que «  les Maliens se retrouvent », «  parce le pays est menacé », déclare avec gravité M. Mody Samba Touré, membre de l’UNTM. Il souhaite même qu’ « ’après le dialogue  le gouvernement organise un forum social afin d’aboutir à la signature d’un mémorandum, parce que rien n’est de trop pour sauver le Mali ».

Les travailleurs, fils du pays ayant consenti le sacrifice ultime doivent bénéficier d’une reconnaissance appuyée de l’Etat. Plusieurs corporations ont pris part à ce dialogue mais plusieurs Maliens se sont aussi abstenus, c’est pourquoi le fil du dialogue ne doit pas être rompu, selon M. Touré. «  Il faut tendre la main aux autres fils du Mali qui ont leur rôle dans la cohésion nationale. Il s’agit des partis, et mêmes des leaders extrémistes comme Amadou Kouffa ou Iyad Aghali , car la solution à la crise malienne, doit venir des Maliens, conclut-il.

Fatoumata Maguiraga

Journal du mali