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Le partage du Fonds public d’aide à la presse privée : le syndicat des journalistes réclame une révision des critères de distribution

Le partage du Fonds public d’aide à la presse privée au titre de l’année 2019 constitue une véritable pomme de discorde entre les différents acteurs des médias en Mauritanie.

Premiers à monter au front, les éditeurs ont dénoncé une forme de détournement déguisé de ces ressources, avec une grande partie se retrouvant dans l’escarcelle d’organes de presse dont l’existence ne va pas au-delà du simple nom.

Pour sa part, le Syndicat des journalistes mauritaniens (SJM) ajoute une couche, en invitant «les autorités à revoir les conditions d’éligibilité au Fonds public d’aide à la presse privée», dans une déclaration rendue publique mardi soir.

Ce fonds est de 20 millions d’ouguiyas, 600.000 dollars, et devra passer à 25 millions d’ouguiyas à partir de l’année 2020. Il a été réparti entre 255 sites, 111 journaux, 10 chaînes de radios et 5 chaînes de télévision, soit un total de 376 organes de presse.

Seulement, le mode de distribution est loin de faire l’unanimité. Le SJM conteste la réalité de l’existence d’une centaine de journaux et près de 200 sites admis à bénéficier de ce fonds.

Un petit tour des kiosques à journaux de Nouakchott permet de constater facilement le nombre exagéré des publications de ce genre dont le total réel atteint à peine une dizaine.

Le même constat d’exagération est valable pour les sites d’informations en ligne.

Par ailleurs, la déclaration du Syndicat des journalistes mauritaniens (SJM) annonce la soumission prochaine au gouvernement «d’une demande d’ouverture d’une enquête sur la distribution du fonds 2019, notamment la conformité de ce travail à certains critères, les conditions d’éligibilité et la révision globale de la loi pour aider la presse à sortir de la situation désastreuse dans laquelle elle se débat depuis plusieurs années».

Sevrés de publicité et d’abonnement de la part du gouvernement et des entreprises publiques «par des instructions venues d’en haut» depuis une dizaine d’années, les rares organes de presse privée qui existent en Mauritanie sont confrontés à une profonde crise.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya
Le360 Afrique

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Education : un programme d’urgence pour surmonter le déficit en infrastructures scolaires

Des nouvelles infrastructures scolaires font débat au sein du gouvernement, portant à la fois sur sa définition et sa mise en place.

La question est de parvenir à identifier ces difficultés afin de mieux les contourner.

En effet, le premier ministre, M. Ismail Ould Bedde Ould Cheikh sidiya, a présidé jeud,i 16 janvier une réunion du comité interministériel pour examiner les moyens nécessaires à la couverture du déficit en infrastructures scolaires de manière à renforcer la capacité d’accueil des établissements répondant à la demande au niveau de l’enseignement fondamental public.

Il s’agit d’un plan de secours pour le secteur éducatif, qui se traduit par un plan intitulé Programme d’urgence pour l’année 2020 afin d’accroitre l’offre scolaire à travers la construction de nouvelles écoles primaires et secondaires et de structures de formation technique et professionnelle.
Mettre en place des commissions régionales composées des autorités administratives, d’élus locaux et des différents acteurs concernés par l’enseignement pour mieux superviser le programme qui doit être exécuté rapidement selon le PM.

Pour ce faire, une équipe a été mise en place pour faire un diagnostic de la situation des établissements scolaires et déterminer toutes les infrastructures scolaires qui ne répondent pas aux conditions de sécurité, de salubrité et d’hygiène.

Cette décision de s’intéresser au secteur éducatif intervient au lendemain de la visite d’information entreprise par le premier ministre dans certaines écoles de Nouakchott.

A noter que plusieurs défis sont à relever dans ce secteur, s’agissant surtout de la qualité et du pilotage de l’éducation mauritanienne.

senalioune

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Droits humains en Mauritanie: El Ghazouani salué, mais…

Le président Mohamed Ould El Ghazouani démarre sous de bons auspices son mandat.
La preuve, Human Rights Watch (HRW) et Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) saluent les réformes qu’il a engagées. Tout en attendant plus sur la peine de mort et l’esclavage notamment.
L’organisation non-gouvernementale Human Rights Watch (HRW) et l’association mauritanienne Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) ont publié, le 14 janvier, des communiqués convergents et favorables aux actions récentes en faveur des droits de l’Homme… Tout en invitant le chef de l’Etat à faire plus.

Le réquisitoire de HRW a ciblé l’ancien président Abdel Aziz auquel il impute l’utilisation de lois répressives pour arrêter et museler les opposants.
Son rapport passe en revue les atteintes à la liberté d’expression qui ont émaillé l’année 2019, en ayant recours à l’utilisation de l’article 10 de la loi contre la discrimination votée en 2017: «Quiconque encourage un discours incendiaire contre le rite officiel de la République islamique de Mauritanie sera puni d’un à cinq ans d’emprisonnement».

C’est ainsi qu’ont été arrêtés notamment l’opposant Samba Thiam en juin, les journalistes Seydi Moussa Camara (juin également) et Ahmedou Ould Wedia (juillet) ainsi que deux blogueurs, Abderrahmane Weddady et Cheikh Ould Jiddou (en mars), qui avaient dénoncé sur Facebook la corruption. En juin, les connexions Internet mobiles ont été coupées, après des manifestations contre les résultats de l’élection présidentielle.

Les pratiques policières n’ont pas forcément changé du tout au tout avec l’arrivée de M. Ould Ghazouani à la tête de l’Etat en août.
En octobre, les bacheliers protestant contre l’âge limite de 25 ans pour une première inscription à l’Université ont été rudement dispersés par la police.
Mais le rapport note que les étudiants ont fini par être entendus, tandis que les opposants et blogueurs ont été libérés.
Toutefois, HRW estime que les autorités doivent en faire plus pour régler le problème des 90 000 personnes vivant en état «d’esclavage moderne», soit 2,4 % de la population.

Perspectives Med

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Le Premier ministre préside une réunion du comité interministériel chargé de l’enseignement

Le Premier ministre, M. Ismail Ould Bedde Ould Cheikh sidiya, a présidé, jeudi après-midi, une réunion du comité interministériel chargé de l’enseignement.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi de la réforme de ce secteur qui constitue une priorité pour le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Au cours de la réunion, le comité interministériel a examiné les moyens nécessaires à la couverture du déficit en infrastructures scolaires de manière à renforcer la capacité d’accueil des établissements pour qu’ils répondent à la demande au niveau de l’enseignement fondamental public.

A cet effet, le comité interministériel a décidé :

  • Le lancement d’un programme d’urgence pour l’année 2020 pour accroitre l’offre scolaire à travers la construction de plus d’écoles primaires et secondaires et de structures de formation technique et professionnelle ;
  • La création de commissions régionales composées des autorités administratives, d’élus locaux et des différents acteurs concernés par l’enseignement.

Ces missions sont chargées de faire un diagnostic de la situation des établissements scolaires et de déterminer toutes les infrastructures scolaires qui ne répondent pas aux conditions de sécurité, de salubrité et d’hygiène, et qui nécessitent par conséquent une intervention rapide ;

  • L’affectation d’un budget spécialement destiné à l’entretien et à la réhabilitation des infrastructures scolaires.
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Retour du ministre de l’Enseignement supérieur

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et des TICs, porte-parole du gouvernement, a regagné Nouakchott provenance de Tenerife en Espagne où il a rencontré les responsables en charge des secteurs de l’enseignement et des TICS avec lesquels il a discuté les voies et moyens de développer les relations entre la Mauritanie et l’île de Tenerife, dans les domaines de l’enseignement supérieur et des TICS.

Les entretiens entre le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et des TICs avec les responsables de l’île espagnole ont porté également sur le renforcement de la coopération entre l’université de Nouakchott El Asriya et celle de Tenerife.

Au cours de son voyage, le ministre est accompagné du Pr Ahmedou Ould Hoba, Président de l’université de Nouakchott El Asriya et du directeur général des TICS au ministère, M. Mohamed Lemine Ould Salihi.

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Le Premier ministre visite le Centre de commandement, de contrôle et de services

Le Premier ministre M. Ismail Bedda Cheikh Sidiya a effectué ce jeudi matin, une visite au Centre de commandement, de contrôle et de services du ministère de la Défense nationale.

À son arrivée au centre, le Premier ministre a été accueilli par les ministres de la Défense nationale, M. Hanena Ould Sidi, de l’Équipement et des Transports, M. Mohamedou Ahmedou Mheymid, le Chef d’état-major général des armées, le général Mohamed Cheikh Ould Elemine, et le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général de division Mohamed Ould Lehretani, avant de passer en revue des unités de l’armée de l’air venues rendre les honneurs.

Au cours de sa visite, M. Ismail Bedda Cheikh Sidiya a suivi un exposé- vidéo sur le centre et sur les voies et moyens dont il dispose pour gérer l’espace aérien et sur le service qu’il assure en matière de navigation aérienne et les missions qui lui sont confiées, notamment la mise en place d’un système intégré de contrôle aérien et terrestre par radars.

Le Premier ministre a ensuite fait le tour des différents pavillons du centre, où il a été informé sur la vocation des salles de formation, de simulation, de réception des informations, des techniciens et de contrôle civil en plus des radars mobiles. Il a suivi des explications sur le rôle de chaque pavillon et ses tâches dans le cadre de la protection et de la défense de la navigation aérienne.

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Le Président de la Commission nationale des droits de l’homme visite certains centres d’accueil de l’ANRPTS à Nouakchott

Le président de la commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeini, a apprécié les efforts des centres d’accueil des citoyens relevant de l’Agence Nationale pour le Registre de la Population et des Titres Sécurisés (ANRPTS).

Il a exprimé l’espoir de voir tous les problèmes de l’état civil réglés et chaque citoyen disposer de pièce d’identité comme premier droit de tout être humain et dont tous les autres droits découleraient.

Cette déclaration s’est déroulée en marge de la visite effectuée mercredi par le président de la CNDH dans certains centres d’accueil pour les citoyens des moughataa du Ksar, de Tevragh Zeina et de Sebkha, où il a été informé de la situation réelle de ces centres et de leur capacité à assumer les missions qui sont les leurs.

Le président de la commission a visité les différents services de cette Agence et s’est rendu compte de ses moyens techniques avant d’écouter les explications fournies par ses responsables ainsi que les défis et problèmes posés les plus importants. Il a également écouté les avis des citoyens et les obstacles qu’ils rencontrent en recourant aux prestations de ces centres.

Le Président de la Commission nationale des droits de l’homme avait auparavant rencontré le directeur général de l’Agence nationale pour la population et les titres sécurisées, M. Ahmed Ould Mokhtar Ould Bouceif, au siège de l’Agence et ses collaborateurs, au cours de laquelle il a fait une présentation des objectifs de la CNDH, de ses tâches et de ses domaines d’intervention afin de contribuer à la promotion et à la protection des droits de l’homme.

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Mauritanie : les progrès de Ghazouani sur les droits humains sont encourageants, selon deux ONG

Les deux associations de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) et Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) saluent les réformes engagées par le président Mohamed Ould El Ghazouani, mais attendent de nouvelles avancées, sur la peine de mort et l’esclavage notamment.

Le président Mohamed Ould Ghazouani peut être globalement satisfait. Le 14 janvier, l’organisation non-gouvernementale Human Rights Watch (HRW) et l’association mauritanienne Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) ont publié des communiqués convergents et favorables à ses actions récentes en faveur des droits de l’Homme… mais en l’invitant à faire plus.

HRW dresse un réquisitoire contre l’ancien président Abdel Aziz auquel il impute l’utilisation de lois répressives pour arrêter et museler les opposants. Son rapport passe en revue les atteintes à la liberté d’expression qui ont émaillé l’année 2019, en ayant recours à l’utilisation de l’article 10 de la loi contre la discrimination votée en 2017 : « Quiconque encourage un discours incendiaire contre le rite officiel de la République islamique de Mauritanie sera puni d’un à cinq ans d’emprisonnement ».

2019, année sombre pour les droits humains en Mauritanie
C’est ainsi qu’ont été arrêtés notamment l’opposant Samba Thiam en juin, les journalistes Seydi Moussa Camara (juin également) et Ahmedou Ould Wedia (juillet) ainsi que deux blogueurs, Abderrahmane Weddady et Cheikh Ould Jiddou (en mars), qui avaient dénoncé sur Facebook la corruption. En juin, les connexions Internet mobiles ont été coupées, après des manifestations contre les résultats de l’élection présidentielle.

Les pratiques policières n’ont pas forcément changé du tout au tout avec l’arrivée au palais présidentiel de Mohamed Ould Ghazouani en août. En octobre, les bacheliers protestant contre l’âge limite de 25 ans pour une première inscription à l’Université ont été rudement dispersés par la police.

Mais le rapport note que les étudiants ont fini par être entendus, tandis que les opposants et blogueurs ont été libérés. Toutefois, HRW estime que les autorités doivent en faire plus pour régler le problème des 90 000 personnes vivant en état « d’esclavage moderne », soit 2,4 % de la population.

Jeune Afrique

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Yahya Ahmed El Waghf, député, quatrième vice-président de l’UPR : ‘’ Il est souhaitable pour un nouveau pouvoir de faire un état des lieux’’

16 January, 2020 – 00:42

Le Calame : vous venez d’être élu vice-président de l’UPR, suite à son 2e congrès tenu, les 28 et 29 décembre dernier. Quel est votre sentiment ?

Yahya Ahmed El Waghf : Je suis reconnaissant aux délégués au deuxième congrès ordinaire de l’UPR pour la confiance qu’ils m’ont accordée. J’espère être à la hauteur de cette confiance.

Cette désignation intervient au lendemain de la décision de votre ex-parti ADIL de se dissoudre au sein du principal parti de la majorité. S’agit-il, comme le pensent certains observateurs, d’une récompense pour le soutien que vous aviez apporté au candidat Ghazwani lors de la dernière présidentielle ?

Au parti Adil, nous avons toujours pensé que le nombre important de partis politiques (plus de cent partis) n’est pas de nature à leur donner le poids et la force nécessaires pour jouer pleinement leur rôle en tant que forces politiques organisées capables de s’institutionnaliser. Sans partis politiques organisés et institutionnalisés, il n’y aura pas de démocratie. Nous avons, au sein de l’opposition, fourni beaucoup d’efforts pour regrouper un ensemble de partis. Nous avons élaborée une charte et un programme politique avec 11 partis politiques. Malgré l’échec de cette expérience, nous avons toujours continué à défendre cette idée de regroupement. En soutenant le président de la République, nous avons intégré la majorité. Notre intégration au niveau de l’UPR traduit cette conviction que nous avons toujours défendue. L’UPR constitue le principal parti de cette majorité. Les dirigeants de l’UPR ont exprimé leur intérêt à intégrer certaines forces politiques dont le parti Adil. Il s’agit de renforcer et d‘enrichir ce grand parti pour assurer tout le soutien nécessaire pour le succès du programme du président de la République.

Au sortir de ce congrès, avez-vous eu le sentiment que l’UPR, un parti du pouvoir pour ne pas dire d’état que vous avez combattu dix ans durant, a entamé sa mutation pour accompagner, autrement, le nouveau président ? Quel rôle entendez-vous jouer au sein de ce parti?

Nous n’avons pas combattu l’UPR en tant que parti, nous avons combattu une politique et une gouvernance défaillante qui excluait une grande partie des forces politiques et qui mettait en danger la stabilité, la sécurité et l’unité de notre pays. En soutenant le programme du président de la République, programme que nous soutenons, l’UPR s’engage donc à changer de politique. Nous avons donc désormais des objectifs communs. En se prononçant de manière sans équivoque lors de sa dernière crise interne, en faveur du programme du président de la République et de sa politique, l’UPR est devenu pour nous un véritable allié politique avec lequel nous n’avons plus aucun problème à travailler ensemble et même à s’y intégrer. Il y a eu donc une véritable mutation. Il constitue désormais le bras politique principal pour le Président et sa politique et ses méthodes vont donc changer pour accompagner ce programme.

Quels enseignements avez-vous tirés de ce conclave qui a suscité des mécontentements lors de la publication de la composition des instances dirigeantes du parti ?

Aucun grand parti ne peut satisfaire, surtout lors d’un congrès, les aspirations de tous ses militants, particulièrement dans notre contexte politique. Les politiques populistes menées ces dix dernières années ont donné lieu à un émiettement sans précédent de la société qui rend impossible toute synthèse politique. Mais il me semble que le congrès a été un grand succès et les mécontentements exprimés sont restés dans les limites raisonnables pour un congrès aussi important que ce deuxième congrès de l’UPR.

Le contrôle de l’UPR a constitué la première épreuve de force entre l’ancien et le nouveau président. Avez-vous le sentiment aujourd’hui que la « situation est sous contrôle » pour Ghazwani et que l’ancien président, suspecté d’avoir tenté une OPA sur l’UPR pour en faire un outil de reconquête du pouvoir est désormais mis hors-jeu du champ politique?

Je pense que cette alternance n’a pas été comprise de la même manière par les différents acteurs. Certains pensaient qu’il est possible de quitter le pouvoir de façon formelle tout en continuant à l’exercer à travers le parti. Cela n’est pas possible. J’ai été parmi les premiers à expliquer que l’expérience en Afrique a montré que de telles tentatives ne peuvent conduire qu’à la déstabilisation du pays et aux crises politiques. Les derniers évènements l’ont prouvé. Il y a lieu ici de féliciter l’ensemble des structures et des militants de l’UPR qui ont très tôt confirmé leur soutien au programme du Président et ont refusé toute division. Le succès du congrès met fin à toutes les spéculations. Il n y a eu aucune défection.

Cinq mois après son arrivée aux commandes du pays, des mauritaniens, assoiffés de changements pensent que le nouveau président est en train de recycler les anciens du système Aziz, en faisant du neuf avec du vieux, que leur quotidien peine à changer. Comprenez-vous ce pessimisme ? Pensez-vous que les actes que le nouveau président a déjà posés sont de nature à susciter un autre espoir, après une décennie de « changement constructif »?

Il est incontestable qu’il y a une très forte demande de changement. Le discours de candidature du Président et son programme ont répondu aux principales attentes des mauritaniens en matière de changement. Le gouvernement qu’il a mis en place a traduit sa volonté de répondre aux aspirations des mauritaniens en favorisant les compétences aux équilibrages politiques. Il est vrai aussi que cette dernière décennie a exclu une grande partie des compétences de ce pays qui méritent d’être réhabilitées pour contribuer au développement du pays. Malgré le fait que le Président n’a pas encore fait six mois d’exercice de pouvoir, beaucoup de choses ont été réalisées dans cette courte période. L’ouverture politique, la dépersonnalisation du pouvoir, la réparation progressive des injustices commises, le renforcement de l’indépendance des pouvoirs législatif et judiciaire, l’ouverture médiatique, le respect de la chose publique, etc. constituent des avancées significatives dans la mise en œuvre du programme du Président et sont de nature à nous rassurer et à nous donner de l’espoir.

En dépit de sa volonté de normaliser les rapports entre le pouvoir et l’opposition, le président Ghazwani refuse tout de même d’organiser un dialogue, sous le format des précédents, pour débattre des problèmes du pays. Qu’est-ce qui à votre avis justifie cette posture?

Je pense personnellement que dans nos pays, avec une démocratie naissante, nous avons besoin d’un dialogue permanent entre les différents acteurs pour une plus grande compréhension, en particulier entre le pouvoir et l’opposition. Il est cependant compréhensible que nous ayons des perceptions différentes des formats que le dialogue doit prendre. La dernière décennie a été marquée par une rupture totale entre le pouvoir et l’opposition. Il n y a pas eu de dialogue inclusif. La période actuelle a été marquée par une ouverture totale qui permet une concertation permanente entre le Président et l’ensemble des forces politiques. Je considère que ces concertations doivent continuer et doivent se renforcer pour définir un format consensuel d’un dialogue continu en privilégiant les approches thématiques pour plus d’efficacité.

Que répondez-vous à ceux qui accusent certains leaders de l’opposition de ne pouvoir supporter une longue traversée du désert, qu’ils sont même prêts à saborder l’opposition?

Je considère personnellement que lorsqu’une femme ou un homme politique décide de s’opposer au pouvoir dans nos pays, il ne peut ignorer les conséquences de cette décision. L’expérience lui a montré, à travers toutes les périodes, que ce n’est pas chose facile. Il doit avoir le courage d’aller à contre-courant et d’accepter d’être exclu de sa société. C’est donc une femme ou un homme de conviction. Il accepte de payer le prix de cette conviction. Il se sacrifie donc pour des objectifs qu’il pense pouvoir réaliser à travers l’opposition. Il arrive malheureusement qu’il puisse se rendre compte que la voie et sans issue et qu’il doive se repositionner pour réaliser les mêmes objectifs. Ce repositionnement est tout à fait normal et repose souvent sur des convictions.

Lors d’une récente conférence de presse, le président de la CVE, Dr. Kane Hamidou Baba a annoncé que cette coalition va organiser en février et en mars des assises nationales sur l’unité nationale et une marche contre l’exclusion. Qu’en pensez-vous ?

Je fais confiance à mon ami Kane et aux responsables de la CVE. Des assises pour l’unité nationales ne peuvent qu’enrichir le débat et rapprocher les points de vue des différents acteurs sur les voies et les moyens de renforcer notre unité et notre cohésion nationale. Pour ce qui est de l’exclusion, je pense qu’il y a lieu de s’exprimer fréquemment contre toutes les formes d’exclusion.

Les mauritaniens attendent des sanctions de la part du gouvernement suite au rapport de la Cour des Comptes accusant certaines institutions de gabegie. Jusqu’à quand ce silence va durer?

Je pense comme la plupart des mauritaniens que les rapports de la Cour des Comptes doivent être suivis d’effet pour mettre fin à l’impunité qui a caractérisé la gestion du pays depuis les années soixante-dix. Je pense que pour une plus grande efficacité de notre dispositif de contrôle, il est nécessaire de réformer son cadre juridique pour donner tous les pouvoirs nécessaires à la Cour des Comptes.

Etes-vous de ceux qui réclament l’audit de la gestion des dix années de règne de l’ex-président? Cela ne risque-t-il pas d’exacerber davantage les rapports entre les deux amis de 40 ans?

Il est souhaitable pour un nouveau pouvoir de faire un état des lieux pour pouvoir mesurer les avancements par rapport à une situation de référence déterminée par l’état des lieux. Les audits ne doivent pas cibler des personnes ou des institutions particulières. L’approche doit être neutre mais soucieuse des intérêts du pays et de sa stabilité.

Quel commentaire vous inspire la décision du président de l’Assemblée nationale d’interdire l’usage du français dans l’hémicycle et la traduction des interventions dans les langues nationales, Pulaar, Soninké et Oulof? Que vaudrait-elle sans l’adoption d’une loi?

Je ne pense pas que le Président de l’Assemblée a interdit l’usage du français dans l’hémicycle. Il a proposé une traduction dans les langues nationales conformément aux dispositions du règlement intérieur. Je pense personnellement que le français fait partie désormais de notre patrimoine culturel. C’est une chance d’avoir une langue d’ouverture comme le français qui est la langue dominante dans notre sous-région d’Afrique de l’Ouest mais aussi du Maghreb. Nous devons avoir un enseignement bilingue qui permet à tous les mauritaniens de parler les deux langues, l’arabe et le français, tout en favorisant le l’enseignement des autres langues nationales.

Propos recueillis par Dalay Lam

Le Calame

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Angola : un mauritanien assassiné

15 January, 2020 – 23:38 lecalame

La communauté mauritanienne en Angola de nouveau endeuillée avec l’assassinat dans la nuit du vendredi au samedi dernier d’un jeune diamantaire.Mamadou Ly (40 ans environ) natif de Maghama a été froidement abattu par un policier angolais. Etabli depuis plus de 15 ans, Ly revenait chaque année au moins une fois en Mauritanie.
Les circonstances du meurtre s’apparentent à un guet apens minutieusement préparé par son bourreau. Diamantaire de son état, Ly avait été approché par son meurtrier qui lui avait laissé entendre qu’il connaissait un groupe d individus disposant des pierres précieuses à la vente.
Sans l’ombre d’un doute, Ly demanda à son chauffeur de s’apprêter pour un petit tour en dehors de la ville. Aussitôt dit aussitôt fait !!!
Apres quelques kilomètres, le meurtrier qui est un policier angolais demanda au chauffeur de s’arrêter. Puis il demanda à Ly de continuer le reste du chemin à pieds.
Le chauffeur est resté quant à lui dans la voiture pour attendre leur retour. Quelle ne fut sa surprise. Quelques minutes plus tard, des tirs se font entendre. Réalisant l’irréparable, le chauffeur démarra en trombe essuyant des tirs. Légèrement blessé, il donna l’alerte. La consternation gagna la communauté mauritanienne en Angola. Fortement mobilisés, les mauritaniens, après avoir exprimé leur indignation, entrent en contact avec les services de l’ambassade de Mauritanie à Luanda. A son tour, la représentation diplomatique mauritanienne saisira les autorités angolaises afin qu’une enquête appropriée soit diligentée pour élucider les circonstances du meurtre et procéder à l’arrestation du ou des coupable(s) et des commanditaires.
L’enquête avance à vitesse d’éclair. Le chauffeur sur qui pesait des soupçons finira par avouer et dénoncer son complice qui n’est autre que son propre neveu. C’est lui-même qui avait tiré sur sa propre jambe pour se « dédouaner ». Ala tête d’un important réseau, il avait prémédité leur crime pour mettre la main sur une importante somme d’argent que le défunt avait en sa possession. Ils auraient aussi agi au profit de nombreux créanciers de Ly qui avec sa mort trouvent une occasion en diamant de ne plus rembourser. Les enquêteurs ont procédé à une reconstruction des faits.
Après l’autopsie, la dépouille a été remise à la communauté mauritanienne. Et c’est le dimanche matin que Mamadou Ly a été inhumé, à Luanda. Ly laisse une famille orpheline. Il laisse six enfants issus de ses deux mariages avec une maghamoise et une angolaise.
Enfin, les ressortissants mauritaniens n’ont pas manqué de saluer les efforts déployés par l’ambassade de Mauritanie en Angola ainsi que le député de Maghama Niang Mamadou en accompagnement et en asssitance.