CICR – Mauritanie : Les réfugiés maliens et les populations hôtes font face à une triple crise

CICR – Mauritanie / Les conséquences du conflit au Mali/ Sahel, le changement climatique et l’impact du COVID-19 pèsent sur le quotidien de milliers de personnes en Mauritanie. Alors que le nombre de cas de covid19 augmente, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) continue de porter assistance aux populations les plus vulnérables frappées par cette triple crise.

Du manque d’accès à l’eau au lavage des mains

La Mauritanie accueille environ 55.000 réfugiés maliens qui vivent dans des camps surpeuplés, souvent avec un accès limité aux soins de santé, à l’eau potable et à l’assainissement. Ils sont donc particulièrement vulnérables au COVID-19. Alors que plus de la moitié de la population mauritanienne vit en milieu rural, seuls 58 % ont accès à de l’eau potable selon le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

« Il réside de fortes inégalités en termes d’accès aux services d’eau potable et d’assainissement dans les zones urbaines et rurales. L’arrivée de milliers réfugiés dans la région de Hodh El Chargui a ajouté une pression supplémentaire sur les points d’eau », explique Daphnée MARET, Cheffe de la délégation du CICR en Mauritanie.

En collaboration avec la Direction Nationale de l’Hydraulique (DRH), la Société Nationale des Eaux (SNDE) et l’Office National des Services d’Eau en Milieu Rural (ONSER), le CICR a mené des travaux qui ont permis d’améliorer l’accès à l’eau pour plus de 20.000 habitants des communes de Fassala, Bassikounou et Wilaya dans la région de Hodh El Chargui au sud-est du pays.

Les équipes du CICR et du Croissant-Rouge Mauritanien ont aussi prodigué des conseils sur les mesures de prévention et distribué des kits d’hygiène comprenant du savon dans les communes de Fassala et de Bassikounou à près de 3000 ménages. « Nous continuons d’informer les réfugiés et les communautés d’accueil des mesures de prévention à adopter : garder une distance physique, se laver régulièrement les mains et utiliser correctement des masques », poursuit Daphnée MARET.

L’insécurité alimentaire durant la période de soudure

Les températures élevées, l’arrivée tardive des pluies font craindre la sécheresse et un déficit en fourrage, qui pourrait avoir un impact négatif sur les moyens de subsistance des éleveurs et des agriculteurs.

Pendant la période de soudure qui s’étend de juin à septembre, près de 609 000 personnes risquent fort de se retrouver en situation d’insécurité alimentaire selon le Cadre Harmonisé.

Dans les communes de Bassikounou, le CICR a distribué de 98 tonnes d’aliments de bétail et effectué des transferts monétaires pour assurer la survie des populations les plus fragiles.

« Les rations alimentaires et les transferts d’argent sont autant de moyens qui nous permettent d’apporter une aide aux familles frappées les chocs liés aux conflits et aux aléas du changement climatique et à la pandémie covid19 », déclare Daphnée Maret.

alakhbar.info