Déclaration de l’UFP à propos de l’anniversaire des crimes commis à Inal

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Déclaration de l’UFP à propos de l’anniversaire des crimes commis contre 28 soldats négro-africains à Inal dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990.

Il y a trente ans, des militaires négro-africains arrêtés quelques jours auparavant ont été conduits à la base militaire d’Inal et soumis à des tortures d’une cruauté indescriptible.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990 novembre 1990, 28 d’entre eux, choisis au hasard par leurs tortionnaires, furent pendus, sans aucune raison, sans aucun jugement ni même le moindre acte d’accusation.

Dans leur folie meurtrière, les bourreaux déclarèrent commémorer, le trentième anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, souillant ainsi une date sacrée dans l’histoire de notre patrie.

Ces crimes abominables ne constituaient pas des actes isolés commis par le régime de Maouwiya Ould Sid Ahmed Taya. Bien au contraire ils s’inscrivaient dans le cadre d’une véritable épuration ethnique à l’encontre des négro-africains, entamée depuis les événements de 1989, incluant meurtres, déportations, exclusions de la fonction publique, occupations illégales de terre dans la vallée du fleuve, discriminations de toutes sortes etc.

Aujourd’hui, une année après l’accession du Président Ould Ghazouani au pouvoir, il est regrettable de constater que ce dossier n’a malheureusement connu aucune évolution significative au grand dam des veuves, orphelins, victimes et ayants droit.

Pourtant, dans notre pays un véritable consensus a été créé autour de l’exigence de la reconnaissance de ces crimes odieux par l’Etat et le règlement juste et équitable de ce lourd passif humanitaire qui empoisonne la vie politique du pays et compromet son unité nationale.

C’est ce que le Président feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait bien compris, et par des gestes forts il avait également su redonner espoir quant au règlement juste de cette question afin de conserver notre unité et notre cohésion nationales.

Face à cette situation caractérisée par la persistance de l’injustice et de l’impunité depuis 30 ans, l’UFP, à nouveau, se recueille devant la mémoire des victimes, la douleur encore vive des orphelins et des ayants droit et réclame du nouveau régime qu’il rompe avec l’esprit manœuvrier de son prédécesseur et de s’engager fermement et réellement dans la voie salvatrice du règlement de cette question qui compromet constamment notre coexistence patriotique, notre unité nationale et notre vouloir-vivre commun.

Pour cela, l’UFP réitère son appel à la tenue d’une grande concertation nationale qui permette de renouer le dialogue politique, définisse le cadre d’un règlement définitif du passif humanitaire et redonne aux victimes et à leurs ayants droit, la justice qu’ils réclament depuis si longtemps, dans un souci de pleine vérité et dans l’esprit d’une réelle réconciliation nationale, seul gage d’un authentique du pardon.

Vive le 28 novembre débarrassé de toute souillure.

Vive l’unité nationale fondée sur l’égalité, la justice et l’esprit de réconciliation.

La commission de communication Nouakchott le 27 novembre 2020.

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