El Guerguerate : La Mauritanie mène-t-elle une médiation avec la bénédiction de l’ONU et des Etats-Unis ?

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El Guerguerate : La Mauritanie mène-t-elle une médiation avec la bénédiction de l’ONU et des Etats-Unis ?

Fort des appuis de l’ONU et de puissances mondiales, le chef de la diplomatie mauritanien s’active pour désamorcer la crise entre le Maroc et le Polisario. Une médiation discrète entre les parties. Officiellement, seule manque l’Algérie aux contacts de Nouakchott.

Deux jours avant le lancement de l’opération du 13 novembre des Forces armées royales à El Guerguerate, le secrétaire général des Nations unies a encouragé, dans un entretien téléphonique, le ministre mauritanien des Affaires étrangères à jouer les médiateurs entre le Maroc et le Polisario. Antonio Guterres a exhorté Nouakchott à assumer «son rôle positif et reconnu par toutes les parties pour résoudre cette crise».

Après la libération du passage et la reprise de la circulation des biens et des personnes entre les deux pays, des indicateurs attestent que la Mauritanie a commencé à s’activer sur ce dossier. En témoigne la série de rencontres que son chef de diplomatie a tenues, ces derniers jours, avec les représentants de capitales mondiales influentes sur le dossier du Sahara occidental.

Ainsi, la semaine dernière, Ismael Ould Cheikh Ahmed a reçu l’ambassadeur de la France. Hier, il a poursuivi son round de contacts avec des entrevus avec les ambassadeurs des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Au cours de ces réunions, le ministre des Affaires étrangères et ses interlocuteurs ont examiné «les développements régionaux et internationaux d’intérêt commun», rapporte brièvement l’agence mauritanienne d’information (AMI). Une allusion plus que transparente à cette tension qui monte entre le Maroc et le Polisario.

Seule l’Algérie manque

Ces discussions avec les ambassadeurs américain et britannique ont, d’ailleurs, précédé l’audience qu’a accordée, le même jour, Ould Cheikh Ahmed à l’émissaire du Polisario, Salem Ould Salek. A cette discrète mobilisation du ministre des Affaires étrangères sur ce dossier, il est lieu de citer la conversation téléphonique, du 20 novembre, entre le roi Mohammed et le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Un entretien qui a été une occasion pour les deux chefs d’Etats d’«aborder les derniers développements régionaux», soulignait le cabinet royal dans un communiqué.

Il n’y pas que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui parie sur une médiation de la Mauritanie pour éviter une escalade dans la région. Les Etats-Unis partagent également le même avis et ce, bien avant la nouvelle crise. Pour mémoire, en plein première table ronde de Genève, de décembre 2018, entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, David Hale, le numéro 3 de la diplomatie américaine avait appelé Ismail Ould Cheikh Ahmed pour l’encourager à rapprocher les vues entre les représentants de Rabat et Alger.

Force est de constater que cette médiation, que des puissances mondiales et les Nations unies s’accordent à confier à la Mauritanie sur la question du Sahara, n’a pas encore sondé la position de l’Algérie. Officiellement, depuis l’opération des Forces armées royales du 13 novembre à El Guerguerate, il n’y a eu aucun contact entre le ministre mauritanien des Affaires étrangères et son homologue algérien Sabri Boukadoum. Et pourtant, celui-ci a déjà évoqué le même sujet, à l’occasion d’échanges téléphoniques, avec Josep Borrell et Sergueï Lavrov.

yabiladi