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La cérémonie pour le 75e anniversaire de Johnny Hallyday à l’église de la Madeleine débutera ce vendredi matin, vers 11 heures, par un discours de son cousin, Michael Ketcham Halliday. Halliday avec un i, comme le nom d’artiste du père adoptif de Jean-Philippe Smet, Lee Halliday. Ketcham comme le vrai nom de son père. À la veille de la cérémonie et la messe qui vont réunir plusieurs centaines de fans à Paris, cet entrepreneur de 56 ans, resté dans l’ombre, raconte sa vie avec et sans celui qu’il considérait comme son « grand frère ».

Quel est votre lien de parenté avec Johnny ?

MICHAEL KETCHAM HALLIDAY. Je suis le fils de Lee Halliday et Desta, le petit-fils d’Hélène Mar, qui a élevé Johnny. Quand Léon Smet est parti, Huguette Clerc a eu un passage difficile et a demandé à ma grand-mère -la tante paternelle de Johnny- de s’occuper de lui. Elle en était persuadée : « Cet enfant aura un destin. » J’ai vingt ans de moins que Johnny. Il me considérait comme son petit frère. Et pour moi, c’était un grand frère.

Son nom d’artiste vient de vos parents…

Ils avaient un duo de danse acrobatique, The Hallidays. C’était le nom, en Oklahoma, où est né mon père, d’un médecin qui portait chance. Quand mon père a eu l’idée d’américaniser le nom de Johnny, il a transformé Jean en Johnny et Smet en Halliday. Le y est une faute de frappe faite sur son premier contrat que mon père lui a dit de garder : « Ça fera ta différence. »

Ils l’ont emmené en tournée à quel âge ?

Vers 10-12 ans. Ils lui ont transmis l’amour de la scène, du spectacle, et le sens du travail, du don de soi pour son public. En dix ans de préparation intensive, ils ont fait de lui un artiste complet, chanteur, guitariste, danseur… D’ailleurs, la dernière fois que mon père a vu Johnny, lors de son concert au Royal Albert Hall à Londres en 2012, mon père était impressionné par son énergie et lui a dit. Johnny lui a répondu : « C’est parce que j’ai été élevé par un danseur. » Johnny était le taulier, mais dans la famille, c’est mon père le patron.

Adulte, vous avez vécu avec Johnny ?

À la fin des années 80. Entre ses mariages avec Nathalie Baye et Adeline Blondieau, il m’a hébergé chez lui, Villa Molitor, à Paris. Il préparait l’album « Cadillac » avec Étienne Roda-Gil. Le week-end, Laura passait, je m’occupais d’elle. Johnny travaillait beaucoup, je l’étais toujours vu travailler. Mais nous étions tous les deux célibataires et on a fait les 400 coups, on roulait à 200 à l’heure la nuit dans Paris. Johnny m’a fait goûter aux plaisirs de la vie, il m’a beaucoup gâté, ma première guitare, sur laquelle avait été composée « Brand New Cadillac », ma première moto… Mais il savait aussi m’engueuler quand je n’étais pas à la hauteur.

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Vous étiez à la Madeleine lors des obsèques…

Bien sûr. C’est exactement ce qu’il aurait voulu, ce dont il rêvait, c’était une cérémonie magnifique. Tous ses fans, ses musiciens, qui ont joué pour lui dans l’église, qui ont posé leurs médiators sur le cercueil, Maxim Nucci qui pleurait, M qui le prenait dans ses bras pour l’apaiser, c’était d’une grâce infinie. La tension était palpable dans l’église, c’est vrai. Mais je ne veux pas que l’on parle de clans, nous sommes une famille.

Quelle image retenez-vous de Johnny ?

Je me revois gamin pendant ses concerts. Quand il hurlait à genoux, avec mes oreilles d’enfant, je l’entendais crier « papa, maman, pitié, aidez-moi, je souffre ». Sur scène, j’entendais sa peine, sa solitude, ses peurs. Il les a gardées toute sa vie. Il me parlait tout le temps de la mort. Il a très longtemps dormi avec la lumière allumée. C’est pour ça qu’il repoussait l’heure du coucher au petit matin.

Pourquoi sortir de l’ombre aujourd’hui ?

Mon père, qui vit à Londres, a 91 ans et sort de trois cancers. Il m’a demandé à la mort de Johnny de défendre l’honneur de notre famille.

L’honneur de votre famille est bafoué ?

L’honneur de Johnny, oui. Il y a tant de gens qui parlent et qui ne savent rien de lui. C’est mon devoir de rappeler quel homme merveilleux et généreux il a toujours été. Johnny était timide à la télé, taiseux comme un Halliday, mais il avait l’intelligence d’un félin et vous scannait en un regard. Il n’a jamais laissé tomber sa famille. J’ai des dizaines d’exemples. Quand je suis resté un mois dans le coma, juste après son propre coma, il appelait tous les jours ma femme. Quand ma mère a été malade d’Alzheimer, il a payé son traitement. Sans jamais s’en vanter. Et personne ne lui a jamais dicté ce qu’il avait à faire.

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Michael Ketcham Halliday, à gauche, et sa soeur, avec Johnny Hallyday./LP/Jean Nicholas Guillo

Son testament écartant David et Laura, c’est sa décision ?

Bien sûr ! Dans les familles d’artistes, on a toujours le souci du lendemain. Et Johnny avait une angoisse terrible : que sa femme et ses filles viennent à manquer. Il fallait qu’il les mette à l’abri. Il me l’a dit : il estimait que David et Laura étaient tout deux adultes, bien entourés, et ils n’avaient plus besoin de lui à ce niveau. C’est rude, c’est vrai, mais Johnny avait aussi ce côté rude. Parce que la vie avait été rude avec lui. Il savait que sa décision rendrait la vie de Laeticia infernale.

Que pensez-vous de la bataille autour de son héritage ?

Que c’est dur pour tout le monde. Pour David, Laura, Laeticia, Jade et Joy. Mais j’ai été extrêmement blessé qu’on attaque avec autant de virulence Laeticia, qui a vécu vingt-trois ans avec Johnny, qui l’a sauvé, qui a été son ange gardien, qui l’a soutenu jusqu’au bout… C’était une réconciliatrice, qui a toujours cherché à le rapprocher de sa famille. Quand mon père et Johnny ont été en froid, c’est elle qui a organisé un dîner pour qu’ils se parlent.

Vous restez en contact avec elle ?

Avec mon épouse, nous échangeons avec Laeticia tous les jours. Ses messages me donnent la chair de poule. C’est tellement dur, le deuil, alors se passer de quelqu’un qui prenait autant de place… Le plus magnifique, c’est ce que font ses filles. Tous les jours, Jade met des dessins, des lettres et des poèmes sur l’oreiller de son papa, et elle reste lui parler pendant une demi-heure… On ne les laissera jamais tomber.



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