« La crise du Sahara se résout avec un référendum »

Albacete condamne "l'ingérence marocaine et la violation du cessez-le-feu" au Sahara occidental

« La crise du Sahara ne se résout pas avec les lentilles, elle se résout avec un référendum »
Le président de la Fédération andalouse des associations de solidarité avec la Sahára demande d’abandonner l’inaction politique et de soutenir le référendum d’autodétermination
PROVINCE DE CÁDIZ

La Fédération andalouse des associations de solidarité avec le Sahara (Fandas) a communiqué mercredi dernier via son profil Facebook que la Junta de Andalucía avait octroyé une subvention de près de 30000 euros pour la réhabilitation des infrastructures scolaires, équipant les salles à manger, achat des fournitures médicales contre Covid-19 et concevoir et imprimer des affiches de prévention contre les mines antipersonnelles dans les territoires libérés. Le président de l’entité, Gely Ariza, montre sa satisfaction. «C’est un saut de qualité» en termes de soutien institutionnel à la ligne de coopération nécessaire, souligne-t-il par ailleurs dans une conversation téléphonique, compte tenu de la situation délicate due à la pandémie, qui a contraint la suspension du programme Vacations in Peace, dont bénéficient enfants, cette année et comme on pouvait s’y attendre face à l’escalade de la tension dans la région. Mais il prévient que « la situation ne se résout pas avec les lentilles, c’est une question politique qui se résout avec un référendum libre, juste et impartial sur l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

Le 13 novembre, l’armée marocaine est entrée dans la zone démilitarisée de Guerguerat, au sud, pour expulser 50 civils sahraouis qui avaient maintenu la route d’accès à la Mauritanie bloquée depuis le 21 octobre. Le Front Polisario a répondu par un échange de tirs et a déclaré rompre le cessez-le-feu décrété par les Nations Unies, en vigueur depuis 1991. Un mois plus tard, le président américain Donald Trump a reconnu la souveraineté marocaine sur les territoires occupés et les gouvernements espagnols. et Alauí a reporté la réunion de haut niveau (RAN) prévue pour le 17 décembre. Pedro Sánchez a nié que la réunion bilatérale ait été reportée en raison du conflit et a réaffirmé que sa position sur la question n’avait pas changé au cours des deux années où il était à Moncloa: respect de la légalité internationale et des résolutions des Nations Unies.

Mais ça ne suffit pas. Ariza appelle à une plus grande implication politique. « L’Espagne a toujours la responsabilité du Sahara occidental », fait-il remarquer. «Le processus de décolonisation n’est pas terminé», ajoute-t-il, tout en avertissant que l’inaction politique depuis près de quatre décennies a conduit le problème, loin d’être résolu, est devenu «une véritable bombe».

En ce sens, il espère amener la Chambre autonome à se positionner en faveur du référendum d’autodétermination avec une déclaration institutionnelle de l’Intergroupe du Parlement andalous « Paix au Sahara » et il redoublera d’efforts pour que les conseils municipaux, les associations et les conseils approuvent les motions dans la même ligne. À l’heure actuelle, près de 25% des entités locales de la région en ont débattu, «un travail sourd, qui peut paraître minuscule», mais qui est fondamental pour que la revendication ne tombe pas dans l’oubli.

Une question de la plus haute importance car le lobby pro-marocain est très puissant. Sur la scène internationale, remportez la partie diplomatique. Dans la sphère domestique aussi. Les accords d’immigration illégale et de pêche «sont des armes dans une guerre non conventionnelle où le rôle des médias, des réseaux sociaux et de l’économie jouent un rôle clé». Ariza parle ouvertement de « chantage » en se référant à la circulation des bateaux car « le Maroc connaît les faiblesses de l’Europe et profite de l’ouverture des frontières ». En ce qui concerne l’exploitation des zones de pêche, le Parlement européen a conclu en 2018 un accord de pêche avec Rabat incluant le Sahara occidental et a ouvert une bataille juridique toujours en cours. « Il peut croire qu’on gagne aujourd’hui quelques euros avec ce type d’accord, mais à la longue on perd tous », souligne-t-il. Et il demande, enfin, « combien de temps allons-nous continuer à permettre à une puissance occupante de piller les ressources naturelles d’un peuple qui attend l’indépendance depuis 1973? »

45 ans sans solution

En novembre 1975, le roi Hassan II a lancé la Marche verte, mobilisant 530 000 Marocains au Sahara occidental. L’Espagne a alors cédé le nord et le centre à Rabat et le sud à la Mauritanie. Le Front Polisario, qui revendiquait son indépendance depuis 1973, a déclaré la guerre et des dizaines de milliers de Sahraouis se sont exilés dans des camps à Tindouf, en Algérie. Les Nations Unies ont soutenu un cessez-le-feu en 1991 et ont créé la mission pour le référendum lequel est toujours en suspens.

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