La lutte contre la COVID 19 ne peut qu’être que plus renforcée

Coronavirus: plus de 1.500 morts en Chine, 1er cas en Afrique
Blood sample with respiratory coronavirus positive

Le virus Covid 19 n’a pas d’avion ou autre moyen de transport/déplacement, pour nous envahir comme il l’a fait en si peu de temps. Nos déplacements, comportements et décisions sont les principaux responsables de sa propagation.
Les connaissances sur la COVID19 et les moyens d’y faire face ne sont ni entièrement connues et ni maîtrisées. Et les informations sur cette Covid 19, nous inondent chaque jour, plus catastrophiques et inquiétantes les unes que les autres.

De dizaines de cas à Huang en Chine en 2019, les chiffres encore évolutifs étaient de 85,5 Millions de cas dans le monde, 24,43 millions en Amérique Nord/Sud, 24,39 en Europe et 14.875 en Mauritanie. Le nombre de morts était de 1,85 Millions dans le monde, 525.933 en Amérique Nord/Sud, 557.378 en Europe et 360 en Mauritanie.
Le virus est en effet imprévisible et avec ses dernières mutations il arrive à infecter plus rapidement l’organisme humain rendant la lutte encore plus ardue. En effet, les deux dernières variantes de ce virus, détectées en Angleterre et en Afrique du Sud, ont démontré sa forte capacité de se propager et surtout d’infecter notre organisme. Le virus agit tellement rapidement qu’il ne donne pas le temps nécessaire à notre système immunitaire d’y faire face.
Sa transformation de simple virus localisé en chine à un tsunami planétaire dont les conséquences ne peuvent être actuellement quantifiées. Le compte à rebours des décomptes macabres s’est accéléré d’une façon cataclysmique et en Mauritanie les efforts doivent être redoublés afin que notre courbe continue à être descendante afin de ralentir sensiblement son impact négatif sur nos populations. Il s’agira aussi de prendre les mesures nécessaires afin de sortir notre pays de la Zone de turbulence sanitaire, socioéconomique et logistique pendant une période importante pour éviter et/ou atténuer toute autre vague.
L’incertitude règne et ce malgré des bouffées d’oxygène qui sont venus de la capacité des systèmes sanitaires mondiaux et national à répondre plus rapidement aux prises en charge des malades, à l’efficacité et célérité de mettre sur le proposer des médicaments et vaccins. Cependant, les comportements irresponsables ou obligatoires et voyages/ mouvements de personnes continuent à être l’une des principales causes de sa propagation ou ceux qui les laissent faire. Les dirigeants font face à une situation qu’ils ne peuvent maitriser seuls et les pressions socioéconomiques, politiques et sanitaires ont fait qu’on a manqué de patience et de planification et tous les pays ont «déconfiné» rapidement, forcé de reprendre une vie normale et les déplacements d’antan en oubliant les caprices de Dame Nature et de ses éléments comme la simple variation saisonnière et la mutation d’un virus. L’Humanité a toujours connu des situations similaires mais au vu des moyens dont on dispose, les systèmes sanitaires et surtout socioéconomiques se sont retrouvés débordés. Le prix sanitaire et socioéconomique est déjà élevé, il risque de l’être encore plus si l’effort est relâché.
Le climat hivernal est aussi favorable à sa propagation ainsi que les trafics aériens, maritimes et terrestres avec les pays voisins est à surveiller surtout avec le Maroc (26.021 cas en 2 semaines), l’A 062 cas dans la même période). Aussi et dans nos échanges avec certains pays occidentaux la situation est grave au Royaume Uni (614.632 cas dans les 2 dernières semaines), aux USA (550.980 cas), en Russie (382.618 cas), en Allemagne (268.934 cas), en France (135.990 cas),…
En Mauritanie, le Gouvernement avait pris les mesures préventives les plus adaptées dès le début et ce avec une Armée nationale au rendez-vous et un comité interministériel qui a su réagir rapidement. L’Armée Nationale a été l’élément moteur dont l’action a été coordonnée et continue. Sa rigueur et discipline et maitrise logistique ont permis de contribue à cette lutte. Il leur est demandé de continuer et aux autres d’être à ce niveau de discipline et de rigueur dans toute action préventive, curative ou pour atténuer les effets de ce virus. Le rôle de l’Armée ainsi que celui de quelques ministères surtout ceux du comité interministériel, de la société civile est à saluer sur certains points. Le ministère de santé et le personnel de santé sont aussi à féliciter pour les efforts et sacrifices.
Parmi les leçons apprises, il faut cependant noter que le fait d’avoir abandonné rapidement le déconfinement et les quarantaines, n’a pas permis d’atténuer la seconde vague pourtant annoncée ailleurs. Nous avions eu la chance de recevoir la première vague en retard, nous n’avons pas pris et utilisé ce temps précieux pour recruter et former le personnel de santé, développer une stratégie de prévention globale et surtout acheter les équipements et médicaments nécessaires pour le personnel de santé et les malades. Nous n’avions pas su tirer les leçons de la première vague et ainsi les mêmes causes continuent de produire malheureusement les mêmes effets. Il faudra en tirer maintenant les leçons, car la troisième vague est rendue plus virulente par la mutation du virus qui reste incontrôlée. Nous devrons faire le maximum d’efforts pour qu’elle ne vienne pas en Mauritanie et que la période de chaleur de février et mars permettra d’en atténuer l’éventuelle progression du virus.
Le comportement des populations est à plaindre et de nos entreprises aussi. Les premières respectent rarement les barrières et s’agglutinent dans les hôpitaux, pharmacies, boulangeries, marchés et taxis,… et les secondes ne protègent pas leur personnel ni leur clients hormis les banques.
La leçon primordiale est aussi de renforcer le rôle de l’armée pour contrôler, faire appliquer les mesures, sévir sans états d’âme contre les indisciplinés et assurer la gestion, la coordination et la logistique, ces derniers points sont à citer parmi leurs spécialités.
En conclusion le pays souffre des effets d’une dette colossale injustifiée car improductive, il est handicapé par le fait que le tiers de la population est extrêmement pauvres et que la moitié de la population vie de l’économie qui reste actuellement est hypothéquée, des troubles cycliques sociaux dus aux fractures sociales et les risques naturels, la corruption et la mauvaise gouvernance lui font également des soucis. Il ne faudra pas que s’y ajoute la «Mal Gouvernance » de la Covid 19.
Cette «Mal gouvernance» se caractérise par une gestion catastrophique de l’achat, du conditionnement et de l’administration des vaccins, de la prise en charge médicale, d’éventuelles débordements, des mesures hésitantes et peu courageuses, des effets collatéraux et surtout d’amener le peuple à suivre et accepter les décisions gouvernementales. Cela a été le cas des pays asiatiques grâce à une population disciplinée par la peur ou l’éducation, l’occident dispose de citoyens éveillés et agrippés à une liberté individuelle totale. En Mauritanie ces conditions favorables n’existent que faiblement et nous y ajoutons notre désordre habituel, notre fatalisme et déni habituel par le fait que nous avons cette forte croyance que nous sommes super protégés.
Recommandations
La courbe en Mauritanie de la Covid19 commence à baisser mais ce n’est pas le moment pour le Gouvernement de crier victoire car nous ne sommes pas parmi les plus préparés à faire face à des vagues successives voire des Tsunami de ce virus planétaire et sa dernière mutation nous invite à des mesures soutenues et plus radicales :
L’excèdent des 11 milliards signalés par le Ministère de l’économie peut être épargné et réservé en grande partie à la lutte contre la Covid19 afin de parer à toute éventualité
L’Armée est à encourager à prendre encore un rôle plus important du fait de sa maitrise logistique et la logistique est peut-être l’arme la plus efficace dans cette lutte (entrées et sorties des voyageurs, contrôle des respects des procédures de distanciation sociale, achats d’équipements et formation d’un personnel militaire déjà en place dans certaines fonctions, ….). Mettre tout voyageur entrant en Mauritanie surtout ceux en provenance des pays à taux élevé de prévalence et/ou de contamination en quarantaine de 07 jours. Cette charge ne pourra être réalisée correctement que par l’Armée.
Avec les 5.000 vaccins le Gouvernement ne peux assurer qu’une couverture vaccinale limitée en commençant peut être par le personnel de santé, les personnes à risques ou en première ligne. La dette publique peut être utilisée ainsi que mobilisation des projets TAAZOUR, des bailleurs, des hommes d’affaires ou de bonne volonté. Idem pour les médicaments nécessaires pour cette maladies et d’autres chroniques, tous les équipements et produits.
La chine et les USA se détachent pour les avancées dans certains aspects de la lutte contre la Covid19, acquérir auprès d’eux soit les vaccins, les médicaments ou les équipements est à faire. Le Pays peut même utiliser la dette. Le peuple sera prêt à accepter cette dette car utile et servant aussi les générations futures.
La nécessité de mettre en place un comité technique (scientifique, logistique, technique et socioéconomique,…) où différents experts peuvent analyser et faire les synthèses et recommandations utile au comité interministériel. Il est recommandé qu’il soit dirigé par un militaire pour la rigueur, la transparence et les décisions à proposer au gouvernement et le suivi de l’application de ces décisions parfois pas populaires mais cruciales.
La période hivernale courte et la propagation actuelle doivent inciter le Ministère de de l’Education de prolonger les vacances jusqu’à fin février et de s’assurer ainsi de limite les effets d’une éventuelle troisième vague débutante et profiter éventuellement des effets de la chaleur de l’été.
Apres l’établissement public d’entretien routier (ETER), il est recommandé de recréer une société nationale en charge de gérer et d’assurer stocks suffisants de produits de première nécessité (comme la SONIMEX mais en mieux). Lles fonds de Taazour, bailleurs de fonds, le privé ou surplus de budget de l’année passée peuvent y aider.
Renforcer le rôle du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) pour les stocks de sécurité.
Les hôpitaux de campagnes doivent être aussi placés au moins dans 4-5 (Nouakchott, Nouadhibou, Rosso, Aioun et Aleg) et les équipements en place dans toutes les Wilayas sont à multiplier par trois
Les moyens et équipements sont à tripler en mettant en place un Service d’Aide Médicale d’Urgence SAMU civil en première ligne et un SAMU militaire.
Les comportements non favorables des populations et des entreprises sont à punir et les entreprises doivent installer les barrières sociales, faciliter masques et hygiène corporelle et physique et enfin faire des modifications pour aérer certains lieux qui peuvent être des nids de contamination.
Ethmane BA