La Mauritanie instaure une «zone de défense sensible» pour …

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Le Conseil des ministres, tenu hier, mercredi 6 janvier 2021, à Nouakchott, sous la présidence du chef de l’Etat, Mohamed ould Cheikh El Ghazouani, a décidé de créer, dans le nord du pays, «une zone de défense sensible». Cette zone est en fait une réaction défensive aux menaces bellicistes du Polisario dans la région.

En juillet 2017, les autorités mauritaniennes avaient décidé de fermer totalement les frontières avec l’Algérie, en décrétant tout le nord et le nord-est du pays «zone militaire», strictement interdite à la circulation des civils. A l’époque, la lutte contre les trafics en tout genre qui transitaient par la Mauritanie, en provenance du sud-est algérien, et à destination du nord du Mali, où s’activent de nombreux groupes terroristes, a été la justification avancée par les autorités de Nouakchott.

Et hier, mercredi 6 janvier 2021, un communiqué sanctionnant un Conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, annonce l’adoption d’un projet de décret portant création d’une zone de défense sensible. «Le présent projet fixe les coordonnées des points de repère terrestres matérialisant les limites de cette zone, située au Nord inhabité à peu habitée, qui pourrait constituer des lieux de transit pour les terroristes, les trafiquants de drogue et les bandes du crime organisé», précise ce communiqué.

C’est d’ailleurs cette même expression de «trafiquants et bandits» que l’armée mauritanienne a utilisée le 23 décembre dernier dans un autre communiqué. En effet, alors qu’elle poursuivait un jour plus tôt une voiture suspecte à la frontière mauritano-marocaine, une patrouille de l’armée a été la cible par erreur de tirs de soldats marocains présents au niveau de la nouvelle extension du mur de défense visant à sécuriser le passage d’El Guerguerat, «avant que les deux parties ne se reconnaissent et cessent les tirs», écrit le communiqué de l’armée mauritanienne.

S’il n’a jamais été prouvé que la voiture suspecte, et qui a provoqué ces tirs amis, puisse très probablement appartenir au Polisario, surtout que l’incident est intervenu le jour même où s’achevait à Nouakchott la réunion de la Commission militaire mixte mauritano-marocaine (21-23 décembre 2020), les présumés «trafiquants» n’ont jamais été identifiés non plus. Dans la nuit de dimanche à lundi derniers, aux environs de Bir Moghreïn, ville mauritanienne de l’extrême nord, très proche de Bir Lahlou, des orpailleurs mauritaniens, cette fois-ci, ont été ciblés par un tir d’obus dont l’origine n’a pas été déterminée.

Tous ces incidents, auxquels s’ajouteraient certainement d’autres non annoncés, ont finalement fait réagir avec fermeté le gouvernement mauritanien, hier, mercredi. En effet la «zone de défense sensible» dont il s’agit concerne en réalité toute la frontière mauritanienne avec toute la zone tampon du Sahara marocain, c’est-à-dire tout le no man’s land situé entre la frontière mauritanienne et le mur marocain de défense.

Les armées marocaine et mauritanienne se concertent à Nouakchott

C’est dans ce cadre qu’il faut aussi inscrire la visite du chef d’état-major de l’armée mauritanienne, le général de division Mohamed Ould Meguett, qui se trouve actuellement à Alger pour discuter probablement de tous ces problèmes créés par le Polisario. Selon une dépêche de l’agence de presse officielle algérienne, APS, datée d’hier, mercredi 6 janvier, «la première visite en Algérie du chef d’état-major général des armées mauritaniennes « revêt un intérêt particulier pour nos deux pays frères, permettra sans doute le développement de nos relations et constitue une opportunité pour hisser la coopération entre nos deux armées dans les domaines d’intérêts communs, notamment à la lumière de l’évolution du contexte sécuritaire dans la région », a affirmé le chef d’état-major de l’ANP», Saïd Chengriha, qui a reçu son homologue mauritanien, en ce même mercredi 6 janvier 2021.

Rappelons que Mohamed Ould Meguett, pur produit de l’école militaire mauritanienne, car appartenant à la première promotion d’officiers sortie en 1976 de l’Ecole militaire interarmes d’Atar (EMIA), a eu à combattre le Polisario jusqu’en juillet 1978. Il a ensuite fait la majeure partie de sa carrière militaire dans la région nord du pays. Qualifié d’«as du renseignement» par ses collègues de l’armée dont il est l’officier le plus gradé, cet ancien DGSN, jusqu’à juin dernier, est également spécialisé dans la lutte antiterroriste. Aujourd’hui deuxième homme fort du pouvoir en Mauritanie, Mohamed Ould Meguett est, en fait, venu transmettre un message clair aux Algériens: maintenir leur protégé du Polisario loin des frontières mauritaniennes.

Publié par ar Mohammed Ould Boah le 07/01/2021 à 12h46- le360.ma

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